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Annabelle 2 – La Création du mal – Notre avis

Le réalisateur de “Dans le noir” parvient à garder un brin de personnalité avec “Annabelle 2 : La Création du mal”, mais peine à se sortir d’un scénario laborieux.

Cette suite d’Annabelle se présente comme un prequel. Dans le premier film, un groupe satanique s’attaquait à un couple. Les conséquences de cette agression menaient à l’apparition d’un démon enfermé dans la poupée Annabelle. Raté sur de nombreux points, le film se voit tout de même le droit de raconter les origines du démon avec Annabelle 2 : La Création du mal.

Cette fois, l’histoire se déroule dans un orphelinat improvisé chez les Mullins (les très bons Anthony LaPaglia et Miranda Otto). Le couple, bien que traumatisé par l’accident de leur enfant quelques années auparavant, met leur demeure à disposition. Six jeunes filles, accompagnées de sœur Charlotte (Stephanie Sigman), prennent possession des lieux. Évidemment, les consignes de M.Mullins – qui se résument à ne pas entrer dans une des pièces et ne SURTOUT pas toucher à la poupée hyper flippante qui s’y trouve ! – ne seront pas respectées par l’une d’entre elles (Janice). Aussitôt, le lieu déjà peu rassurant se transforme en antre démoniaque.

Cauchemar d’enfant

Avec son premier long-métrage, le plutôt réussi Dans le noir, David F. Sandberg se montrait malin en se focalisant sur des angoisses liées à l’enfance. À savoir la peur du noir, et des créatures qui pourraient s’y cacher. Bien qu’il s’agisse pour lui d’un film de commande, le réalisateur parvient à réinjecter dans Annabelle 2 : La Création du mal cette thématique de l’enfance en adoptant le point de vue des jeunes filles. Des enfants confrontées à un vrai cauchemar, limitées dans leurs actions (l’une a un handicap à une jambe) et qui ne trouvent refuge que sous leur couette.

Le potentiel de cette approche est évident et en partie réussi. Principalement grâce aux deux jeunes interprètes, Lulu Wilson et Talitha Bateman. Seulement si le film trouve là de l’originalité et permet une profonde empathie, il s’écroule assez vite dès lors qu’intervient le paranormal. Le problème majeur étant le scénario du film. D’une part car celui-ci compose avec des personnages extrêmement manichéens et pas très malins. D’autre part car il ne parvient pas à amener correctement les éléments de danger.

Annabelle 2 : La création du mal - notre avis

Quand l’effroi devient ridicule

En effet, Annabelle 2 : La Création du mal ne parvient qu’à se reposer sur les codes classiques du genre. Ceux-ci ayant été vus et revus, sont désormais trop prévisibles pour qu’on se laisse prendre au jeu. Comme lorsque la jeune Linda (Lulu Wilson), assise devant un sombre couloir, envoie une balle accrochée à un fil et la ramène doucement. Sans surprise, le deuxième essai verra l’objet être bloqué par la créature. Si d’un côté l’aspect enfantin de la situation est intéressant, sa conclusion l’est bien moins. Cette scène se terminant, comme beaucoup d’autres, de manière trop grossière pour vraiment inquiéter.

Les quelques idées de mise en scène de Sandberg apparaissant souvent ratées, le ridicule se fait alors ressentir. D’autant plus dès lors que le film met de côté la suggestion. Un choix souvent difficile à assumer, qui apparaissait déjà comme le gros défaut du premier opus. Certains ont tout de même su gérer le rapport entre le réel et le fantastique – comme The Strangers dans ses brillantes dernières minutes, mais également Mamá par son approche poétique. David F. Sandberg, lui, s’était montré plutôt bon à ce niveau-là avec Dans le noir. Il se laisse cette fois emporter par les exigences de la saga plus qu’il ne se les approprie.

Annabelle 2 : La création du mal - notre avis

Enfin, bien qu’il parvienne à retrouver du dynamisme dans la dernière partie, le réalisateur ne dispose malheureusement pas du fond suffisant pour dépasser le ridicule d’ensemble. Un problème majeur dans la majorité des productions actuelles, qui n’ont finalement rien à dire. L’Exorciste de William Friedkin (dont Annabelle 2 est assez proche) est par exemple aujourd’hui daté sur la forme, mais encore cohérent et pertinent grâce à son récit métaphorique de l’Amérique puritaine de l’époque. Un sous-texte dont manque cruellement le film, réduit à des sensations fortes forcément subjectives.

 

Annabelle 2 : La Création du mal de David F. Sandberg, en salle le 9 août 2017. Ci-dessus la bande-annonce.

Cette suite d’Annabelle se présente comme un prequel. Dans le premier film, un groupe satanique s’attaquait à un couple. Les conséquences de cette agression menaient à l’apparition d’un démon enfermé dans la poupée Annabelle. Raté sur de nombreux points, le film se voit tout de même le droit de raconter les origines du démon avec Annabelle 2 : La Création du mal. Cette fois, l’histoire se déroule dans un orphelinat improvisé chez les Mullins (les très bons Anthony LaPaglia et Miranda Otto). Le couple, bien que traumatisé par l’accident de leur enfant quelques années auparavant, met leur demeure à disposition. Six…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Peut mieux faire

Si l'utilisation des enfants tient la route, en l'absence d'histoire solide à raconter Annabelle 2 peut autant effrayer que faire rire.

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