Black Adam : on prend (presque) les mêmes et on recommence

Black Adam : on prend (presque) les mêmes et on recommence

CRITIQUE / AVIS FILM - Dwayne Johnson débarque au cinéma pour relancer l'univers DC. Mais avec "Black Adam", l'acteur et le réalisateur Jaume Collet-Serra ne font que s'approprier tièdement des formules déjà bien éculées.

Black Adam : Dwayne Johnson pas très vilain

Après plusieurs divertissements familiaux gentillets, Dwayne Johnson troque les chemises couleur kaki de JumanjiRampage : Hors de contrôle et Jungle Cruise contre le costume de Black Adam. Des années après No Pain No Gain, la star est-elle enfin prête à interpréter une nouvelle crapule au cinéma ? Non, évidemment.

Black Adam part d'emblée avec plusieurs excuses pour ne pas être trop méchant, à l'instar de ses concurrents Venom et Morbius qui sévissent faussement du côté de chez Marvel. Ancien esclave du Kahndaq, l'anti-héros a passé cinq millénaires emprisonné après avoir tenté de libérer son peuple et avoir été jugé indigne de ses pouvoirs par les anciens sorciers. Forcément, il est en rogne à son réveil.

Black Adam
Black Adam (Dwayne Johnson) - Black Adam ©Warner Bros.

Pour calmer la situation, la Justice Society of America se rend sur place. Mais Black Adam ne compte pas se laisser faire par cette équipe composée d'Hawkman (Aldis Hodge), Dr. Fate (Pierce Brosnan), Cyclone (Quintessa Swindell) et Atom Smasher (Noah Centineo).

De la première minute au générique final, le blockbuster respecte son cahier des charges à la lettre, ne s'offrant aucune surprise ni démesure, se reposant simplement sur le charisme de sa tête d'affiche qui enchaîne des poses que son personnage de Be Cool n'aurait pas reniées.

Black Adam tue, mais pas trop longtemps. Le sang coule, mais seulement quelques gouttes. Quant aux seconds rôles, en dehors de Doctor Fate et de Hawkman, ils sont dépouillés de toute évolution intéressante. Censés guider le protagoniste, Adrianna (Sarah Shahi) et son fils Amon (Bodhi Sabongui) ne sont que ses faire-valoir, tandis que Cyclone et Atom Smasher sont uniquement là pour assurer le quota de vannes. Inutile d'évoquer l'antagoniste incarné par Marwan Kenzari, qui finit par se fondre dans le déluge numérique pendant le dernier acte.

L'art du recyclage

Depuis qu'il s'est éloigné de l'horreur après La Maison de cire et Esther, malgré un bref retour au genre avec Instinct de survie, Jaume Collet-Serra s'est trouvé un premier acolyte en la personne de Liam Neeson, avec lequel il a multiplié les thrillers parfois sympathiques mais interchangeables (Non-StopNight RunThe Passenger). Pour ses retrouvailles avec Dwayne Johnson, il ne se contente pas de reprendre la formule de Jungle Cruise, préférant plutôt aller piocher chez ses confrères hollywoodiens.

Black Adam
Black Adam ©Warner Bros.

Pour ce qui est du traitement des malédictions et des périples dans des tombeaux, le cinéaste emprunte quelques idées à La Momie de Stephen Sommers. Pour construire une relation entre un anti-héros inadapté et un adolescent doué pour lui apprendre des punchlines, la meilleure source d'inspiration reste bien sûr Terminator 2 : Le Jugement dernier. Enfin, pour l'esthétique désaturée et contrastée ainsi que la passion pour les ralentis, rien de tel que certains films de Zack Snyder, ancien maître d'œuvre du DCEU, à commencer par 300 et sa version de Justice League.

Le long-métrage se suit sans déplaisir, mais sans grand enthousiasme non plus. L'implication de Dwayne Johnson se ressent et l'acteur - qui officie aussi en tant que producteur - a parfaitement compris que certains moments, certaines images et certaines apparitions permettent de susciter un engouement capable de faire oublier la banalité de tout le reste. C'est ce que prouve la scène post-générique, qui fera sans doute plus parler que les deux heures qui la précèdent.

Black Adam de Jaume Collet-Serra, en salles le 19 octobre 2022. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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