Flag Day : Sean Penn récidive avec un nouveau ratage

Flag Day : Sean Penn récidive avec un nouveau ratage

CRITIQUE / AVIS FILM - "Flag Day" est donc le film d'après pour Sean Penn. Sa nouvelle réalisation qui suit "The Last Face" doit lui permettre de remettre l'église au milieu du village en tant que metteur en scène, lui qui a déjà largement proposé des meilleures choses par le passé.

Flag Day : Sean Penn adapte une histoire vraie

Incendié sur la place publique et encore régulièrement moqué pour The Last Face, Sean Penn a mis un peu de temps pour revenir derrière la caméra. Après une telle débâcle, on peut prédire sans trop se tromper que sa nouvelle réalisation, Flag Day, ne peut qu'être de meilleure qualité. Sean Penn s'est attribué la double casquette sur ce coup, en s'emparant d'un des deux rôles principaux. Celui de John Vogel, un homme qui a toujours trempé dans des combines étranges et qui n'a pas été un père idéal. Une histoire tirée du roman autobiographique Film-Flam Man: The True Story Of My Father’s Counterfeit Life écrit par la vraie Jennifer Vogel, la fille de John. C'est du point de vue de cette dernière que l'on va apprendre à découvrir cet homme menteur et surprenant.

Un écrin taillé pour sa fille

S'il a choisi de se mettre en scène pour la première fois de sa carrière de réalisateur, c'est évidemment parce qu'il avait une idée derrière la tête. Voilà qu'il se retrouve à partager la réplique avec sa propre fille, Dylan Penn, pour ce qui est son premier grand rôle au cinéma. C'est par ce prisme que l'on parvient à éprouver un peu d'affection pour Flag Day. Dans cette envie de faire briller son enfant en jouant le mauvais rôle. Son cabotinage devient presque utile pour mieux révéler tout le potentiel d'une actrice qu'on apprend à découvrir. Et avouons que Dylan Penn se défend admirablement bien face à lui, avec une épaisseur dans le jeu qui laisse augurer d'une belle carrière.

Le retour de Sean Penn sur la Croisette après les violents (mais mérités) retours sur The Last Face a quelque chose de courageux. Saluons son cran de redescendre dans l'arène, motivé par le désir d'offrir une carte de visite filmique à sa fille. Quelque part, le coup est réussi puisque Dylan Penn est la seule grande satisfaction de ce morceau de cinéma mal dégrossi.

Flag Day
Flag Day ©2021 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc

Une mise en scène ratée et une musique envahissante

Tourné en pellicule, Flag Day impose d'entrée une identité visuelle très marquée, avec du grain qui déborde de partout. L'évocation des différents souvenirs de Jennifer est saupoudrée de nombreux effets visuels tape-à-l'œil et d'une utilisation exagérée de la musique. Sean Penn enchaîne sans aucune mesure les séquences musicales, avec des titres dont la stricte utilité est de surligner ce qui se joue à l'écran. Un procédé qui se transforme en une facilité tant il est usé à foison. La playlist n'est pas désagréable, pour peu que l'on aime la folk, Chopin et l'americana, mais on sent que le réalisateur n'a trouvé qu'un seul levier pour essayer de faire naître l'émotion.

On préférera largement les scènes plus posées, où Sean Penn s'en remet au talent de sa fille et ne déballe pas une imagerie à mi-chemin entre Terrence Malick et Instagram. En voulant donner un fort cachet visuel à son film, le réalisateur fonce, la tête dans le guidon, sans travailler des principes de mise en scène. Son empilement de clichés vire à la sensiblerie indigeste. Pire que The Last Face, ce Flag Day ? Non, compte tenu du niveau affligeant du précédent essai de Sean Penn. Il était évident qu'allait naître la comparaison entre les deux œuvres. Toutefois, on n'a pas besoin d'elle pour statuer sur le fait qu'un nouveau ratage vient d'avoir lieu.

Flag Day de Sean Penn, en salle le 22 septembre 2021.

 

 

 

 

 

 

 

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