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[Critique] Downsizing avec Matt Damon

Film d’ouverture du 74e Festival de Venise, “Downsizing” d’Alexander Payne s’amuse à réduire une humanité attachante et bien intentionnée. Un conte moral sur fond de grand spectacle qui réussit par le talent de ses protagonistes, mais ne parvient pas à réellement décoller.

Le nouveau film d’Alexander Payne, quatre ans après Nebraska, est surprenant. Pour remédier au problème de la surpopulation, des scientifiques parviennent à mettre au point un processus pour réduire l’être humain à la mesure d’une dizaine de centimètres. Convaincu par l’importante augmentation du niveau de vie qui découle de ce downsizing, le couple Audrey et Paul Safranek (Kristen Wiig et Matt Damon) tente l’aventure…

Mais cette aventure va tourner court, Paul Safranek se retrouvant vite seul et désabusé par cette nouvelle réalité. A cet échec personnel va suivre une plus grande histoire, à la fois intime et collective. L’idée, absurde et géniale, concrète et métaphysique, était prometteuse. Mais Downsizing, nonchalant, ne fait qu’effleurer ces différents aspects.

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Downsizing, la non-folie des grandeurs

Les premières minutes plongent dans une description bien narrée du quotidien de Paul Safranek. Encore “grand”, il est l’exemple-type de l’Américain moyen dans sa version naïve et bienveillante. Avec sa femme, ils se lancent dans le processus de réduction, une technologie sûre et complètement intégrée. Dans le monde de Downsizing, les “grands” et les “petits” ne cohabitent pas. Les “petits” vivent en effet dans des villes-complexes à leur taille. Pour les voyages, ils utilisent de tout petits compartiments installés dans les transports des “grands”.

Puisque personne ne s’étonne ni ne se mélange, les plans où les deux échelles se rencontrent sont très rares et peu efficaces. Les effets spéciaux sont soignés, mais les quelques scènes potentiellement vertigineuses sont d’une économie regrettable. Avec ce film, Alexander Payne pouvait se tourner vers une production de studio qui emprunterait subtilement à un Robert Zemeckis. Mais signe que le film ne tente pas d’ébahir, sa fin est une succession de désamorçages des multiples intentions du scénario. C’est drôle et intelligent. Ça donne aussi la désagréable sensation de ne pas pouvoir finir son assiette.

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C’est essentiellement sur cet abandon du spectacle que le film finit par perdre en fluidité. Le choix d’un thème spectaculaire mais d’un traitement inverse devient presque un handicap. Alexander Payne s’inclinant naturellement et rapidement vers la comédie de mœurs. Et il y excelle, mettant en scène ces personnages qui tentent de bonne foi, essayent, veulent quelque chose, et s’en trouvent dépassés.

Traiter l’absurde avec sérieux

Downsizing trouve ainsi dans cette dimension une certaine grâce. Passée une petite forme de frustration, quand on comprend qu’il n’y aura pas de ressorts spectaculaires à la situation, le film s’épanouit dans des dialogues savoureux et des situations à la fois burlesques et élégantes. Chez Alexander Payne, la réussite d’une histoire tient souvent à ses personnages, et ils sont ici très bien composés. Christoph Waltz ajoute à son CV un nouveau personnage culte, en incarnant Dusan, un trafiquant hédoniste serbe. Il est le voisin de Matt Damon, toujours excellent dans ce genre de rôle, une transparence avec quelques troubles. Ensemble, ils insufflent une tendresse ordinaire et une simplicité désarmante dans ce monde bouleversé.

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Surtout, face à ces deux stars, l’actrice Hong Chau est impressionnante. En peu de mots, qu’elle crie la plupart du temps, elle émeut, surprend, séduit, ordonne. A ce point qu’elle devient dès sa première apparition la véritable matrice du film. Faiblesse d’un récit désengagé ou génie de la comédienne ? Les deux se combinent pour faire pivoter l’histoire dans un sympathique voyage où se croiseront les thèmes de l’accomplissement, de l’amour et du destin de l’humanité.

Avec légèreté (et parfois trop), Alexander Payne parvient à évoquer un peu du sens de la vie dans ce qui s’apparente à une fable contemporaine de jolie facture. Ni trop grande, ni trop petite.

 

Downsizing d’Alexander Payne, en salle le 10 janvier 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Le nouveau film d’Alexander Payne, quatre ans après Nebraska, est surprenant. Pour remédier au problème de la surpopulation, des scientifiques parviennent à mettre au point un processus pour réduire l’être humain à la mesure d’une dizaine de centimètres. Convaincu par l’importante augmentation du niveau de vie qui découle de ce downsizing, le couple Audrey et Paul Safranek (Kristen Wiig et Matt Damon) tente l’aventure… Mais cette aventure va tourner court, Paul Safranek se retrouvant vite seul et désabusé par cette nouvelle réalité. A cet échec personnel va suivre une plus grande histoire, à la fois intime et collective. L’idée, absurde et géniale, concrète et…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Sur la bonne voie

"Downsizing" balance entre l'anticipation burlesque et la comédie dramatique intelligente. Si l'alchimie est imparfaite, le film est néanmoins étonnant et souvent agréable.

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