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Gros Plan : Reboots, remakes, adaptations… Analyse d’une mode (pas si récente que ça !)

Depuis quelques années, Hollywood s’est pris de passion pour les reboots, les remakes et les adaptations en tout genre, au point de rendre quasi-minoritaires les contenus originaux. Que se cache-t-il derrière cette mode ? Analyse d’un phénomène qui, à y regarder de plus près, n’a pas commencé si récemment que ça…

Reboots, remakes, séquels, adaptations… Ces termes ne vous disent rien ? Pourtant, c’est bel et bien avec ceux-ci que les studios hollywoodiens développent aujourd’hui leurs stratégies, au point de limiter l’exploitation des contenus originaux le plus souvent jugés « moins sûrs » que les franchises d’ores et déjà installées dans l’esprit commun.

Derrière ces termes se cache pourtant un mot que beaucoup se refusent d’entendre : le profit. Car, comme George Lucas l’a récemment dit :

Les studios font des films pour l’argent.

En découle automatiquement une autre réalité : ces mêmes studios choisissent des films dont le profit est garanti. Mais alors, comment être certain d’être rentable avant même qu’un projet ne voit officiellement le jour ? Deux options pour cela : faire un film sur un univers ou un personnage qui a déjà marché au cinéma ou faire un film sur quelque chose qui a déjà fait ses preuves sur un autre support.

Vous avez encore du mal avec tous ces termes ? Petit rappel des faits :

Un remake : on refait un film (ou une série) qui a jadis connu son heure de gloire.
Une séquel : on produit une suite.
Un préquel : il s’agit d’un épisode se déroulant avant le film original.
Une adaptation : on fait un film (ou une série) sur quelque chose qui a déjà fait ses preuves sur un autre support.

Reboots, remakes, adaptations... : Analyse d'une mode (pas si récente que ça !)

Des investisseurs rassurés

En plus de gonfler le capital confiance des studios, les reboots et autres remakes jouent un rôle majeur dans le financement des projets. En effet, un film étant avant tout une question de profit, comme le créateur de Star Wars le dit si bien, les investisseurs préfèrent donc tout naturellement s’engager sur des projets qui semblent plus sûrs.

Ces stratégies, qui ne sont ni plus ni moins que des stratégies identiques à celles d’entreprises classiques, beaucoup commencent à s’en plaindre, à commencer par Steven Spielberg qui, il y a quelques années déjà, faisait part de son mécontentement en affirmant que « les studios préfèrent produire des films à 250 millions de dollars plutôt qu’aider les films plus originaux ».

Pire, pour le réalisateur d’E.T., ces choix controversés finiront à terme par faire imploser le cinéma, ce dernier se voyant d’ores et déjà supplanté par la télévision, jugée plus courageuse dans ses choix actuels. Une prédiction qui se confirme de jour en jour !

Reboots, remakes, adaptations... : Analyse d'une mode (pas si récente que ça !)

Des acteurs conquis d’avance

Outre les questions financières, les reboots et ses dérivés présentent un avantage de poids : ils convainquent plus facilement les acteurs « bankable » de s’investir dans la peau d’un personnage déjà établi dans les consciences populaires.

A votre avis, qui dirait non au moment d’incarner Batman, Superman ou tout autre super-héros adulé de tous ?

Reboots, remakes, adaptations... : Analyse d'une mode (pas si récente que ça !)

Hollywood en manque de créativité ?

Alors, évidemment, devant de tels choix, une question se pose : Hollywood arriverait-il à la fin de son apogée créative. La réponse : pas du tout.

Malgré des apparences trompeuses, les studios n’ont pas délaissé la créativité – depuis plusieurs décennies déjà, les œuvres les plus créatives sont quoiqu’il arrive nées du cinéma indépendant et non du Hollywood tout puissant – mais ont choisi le moyen le plus facile, le plus rapide et le moins coûteux de faire de l’argent. Une philosophie qui force le débat mais qui n’enlève rien à la créativité – notamment technique – des films récemment produits par Marvel ou Warner Bros.

Des talents se trouvent-ils ainsi mis à l’écart face à cette déferlent de reboots et autres adaptations ? Là encore, la réponse est sans appel : oui. Et ça a toujours été le cas !

Reboots, remakes, adaptations... : Analyse d'une mode (pas si récente que ça !)

Un succès phénoménal

Que l’on aime ou pas cette stratégie adoptée par les décideurs, une chose reste cependant certaine : cette recette fonctionne à merveille. Et si vous en doutez, il vous suffit de jeter un œil au box-office pour vous rendre compte que tous les films de super-héros récemment programmés en salles ont fait un véritable carton.

Même Terminator Genisys (2015), qui n’a pourtant pas tout explosé sur son passage, a conclu son exploitation internationale avec de recettes atteignant près de 450 millions de dollars. A ce rythme-là, une seule question reste en suspens : pourquoi les studios se priveraient-ils de telles performances ?

Reboots, remakes, adaptations... : Analyse d'une mode (pas si récente que ça !)

Une tendance récente ?

Mais alors, les séquels et autes reboots sont-ils une tendance récente ou tout cela a-t-il commencé bien plus tôt qu’on ne le pense ? Un petit tour dans la liste des remakes fournie par Wikipédia permet de répondre en partie à cette question et le constat qui en découle est le suivant : ces concepts ont toujours été là.

En se penchant encore plus près sur les chiffres, on finit même par se rendre compte que le « pic » des remakes a été atteint entre 2002 et 2011, la période actuelle (2011-2016) étant plus caractérisée par les suites en tout genre.

L’impression de ne voir que des remakes est donc un effet en trompe-l’œil notamment alimenté par les médias qui, de leur côté, ne manquent jamais une occasion de parler et de promouvoir les « projets franchisés ». Un constat qui ne fait qu’ajouter de l’eau aux moulins hollywoodiens.

Reboots, remakes, adaptations... : Analyse d'une mode (pas si récente que ça !)

En conclusion

Citons une phrase du site allbrary.fr qui, il y a quelque temps, consacrait un article sur l’envers du décor du cinéma américain :

Si l’industrie enchaîne les redites, c’est parce que le public en réclame. Et l’offre ne fait que satisfaire la demande.

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