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Gros Plan : la saga Predator

Plus de 30 ans après le premier Predator, la saga va s’enrichir d’un nouvel opus, attendu pour 2018. En 1987, Arnold Schwarnegger affrontait le Predator, implacable tueur venu de l’espace concurrencer dans l’imaginaire du fan de SF le fameux Alien. Ceci dans un film de John McTiernan, célébré par la critique et devenu culte. Voici un retour sur le chemin parcouru depuis.

La série des films Predator n’a pas la popularité de la saga Alien. Elle n’a pas non plus la perfection cauchemardesque des Freddy. Incohérente, oscillant dans son ensemble « élargi » entre le chef d’œuvre et la nullité, elle est un objet particulier pour tout cinéphile. Inauguré en 1987, en silence pendant 14 ans après deux films d’une qualité très différente, le mythe Predator s’est frotté à l’Alien pour mieux renaître en 2010. Si bien qu’en 2018 sort un nouveau film Predator. Dans l’ombre d’autres grandes franchises du cinéma de science-fiction et d’horreur, le Predator est là et attend son tour…

Dans cet aperçu de la saga Predator, on passera rapidement sur les deux crossovers Alien vs. Predator. Le débat fait rage entre une saga riche de pour l’instant trois films, ou de cinq. Mais en l’état, on peut tenir les AVP à part. D’une part, une première et suffisante raison est qu’ils appartiennent tout autant à l’univers d’Alien qu’à celui du Predator. Il serait donc difficile de les y intégrer complètement. Et parce que d’autre part, ce serait un peu gâcher la belle promesse faite un 12 juin 1987

Predator (1987), le film culte

Il y aura bientôt 30 ans, aux portes de l’été, sortait Predator. John McTiernan est aux commandes et Arnold Schwarzenegger en premier rôle. Après Terminator, Arnie accroche un deuxième gros succès à son CV et John McTiernan réalise là son premier gros succès. Doté d’un budget de 15M€, le film rapportera au box-office US 60M de dollars et 100M dans le monde.

Le film est un succès populaire et critique. Pourquoi, quand on pouvait s’inquiéter d’une paresseuse copie d’Alien ? Parce que Predator a du « style ».

Predator est un film de science-fiction horrifique, mais les premières images nous placent dans une esthétique connue de films de guerre. On se trouve dans la jungle sud-américaine, des militaires américains exécutent les ordres clandestins d’agents de la CIA. Arnold incarne Dutch, le chef d’une rescue team. A la tête d’une escouade de gros bras bardés d’armes lourdes, Dans la moiteur mortelle d’une jungle dense et traîtresse, ils vont vite comprendre à force de découvertes macabres qu’ils sont les proies d’un prédateur invisible et ultra violent. Le pitch est simple, l’action nerveuse, et la réalisation de McTiernan soignée.

Un Predator, c’est quoi ?

A ce stade, il faut présenter aux nouveaux arrivants le fameux Predator. Il s’agit d’un être venu d’une autre planète, avec une silhouette presque humaine, qu’il rend invisible à loisir. Des bras, des jambes, mais une tête horrible empruntant à la fois à la pieuvre et au mort-vivant, une mâchoire de dents pointues, une peau visqueuse sur une musculature impressionnante. Sur ce corps, une armure en métal et un canon posé sur l’épaule, des griffes dévastatrices, et enfin une sorte de coiffe faite de mandibules, semblables à des dreadlocks qui fouettent les airs alors qu’il tue, éventre, écorche et fait des trophées du reste de quiconque se met sur sa route.
Sa route ? Ici le mystère s’épaissit. En effet, dans les films de la série, on adopte parfois le point de vue de ce qu’il convient d’appeler une belle saloperie de monstre. Sa vision est infra-rouge et thermique, il capte les voix, ou plutôt les ondes sonores, et il semble pouvoir apprendre des mots ou des expressions, qui lui permettent de communiquer avec les humains. Mais son objectif n’est jamais discuté et clarifié. Ce qui n’enlève rien au film, mais ajoute plutôt à l’angoisse…

Il y a dans le premier Predator une maîtrise parfaite de l’action, de l’horreur, si bien que le dernier tiers du film rentre presque dans une posture métaphysique. Une chasse à l’homme et au Predator absurde où s’opposent effets spéciaux innovants et simplicité de la survie. La jungle est trompeuse, empoisonnée, elle rend fou et tue, et même la force de destruction humaine n’y peut rien. C’est presque nu et couvert de boue, dans une confusion parfaite avec l’élément naturel que Dutch prendra le dessus. On n’est pas dans Apocalypse Now, mais peut-être pas si loin… La note Imdb est sans appel : 7,8/10.

Predator 2 (1990), « Quand on arrive en ville »

La suite ne réussit pas autant, mais fait le boulot. Sorti en 1990, avec la même production mais un nouvel acteur, le sequel est radicalement différent. Predator 2 prend place dans un Los Angeles ravagé par la guerre des gangs. Dans cette guerre, un Predator tue sans distinction et trouve sur son chemin Mike Harrigan, lieutenant de police bourru et légendaire interprété par un Danny Glover tout en coups de gueule.

D’un huis clos horrifique et silencieux dans une jungle étouffante, on se transporte dans l’enfer urbain de Los Angeles. Métal, verre, sorcellerie jamaïcaine, mode kitsch et bling bling, l’intrigue devient plus complexe: en plus du Predator qui écorche les criminels de la ville, Mike Harrigan doit combattre une hiérarchie corrompue et une implication coupable du gouvernement. Predator 2 est le film-type des années 90 : ça explose, ça tire dans tous les coins, les héros sont costauds et mal habillés et ne s’arrêtent pas une seule seconde pour se poser les bonnes questions.

Film d’action dans l’ensemble correct, il ne réussit en rien à retranscrire l’angoisse et la tension du premier film. La dimension de science-fiction est quasi inexistante. Là où McTiernan réussissait à confondre film de guerre, science-fiction et pure horreur, évoquant par son talent Apocalypse Now et Alien, le Predator 2 de Stephen Hopkins s’en tient à un mélange passable de policier saupoudré de surnaturel. Là où le Predator suggérait, sa suite insiste lourdement.

Doté de 35M de budget, il n’en fait que 30 au box-office US et 57 dans le monde. Avec un casting secondaire alternant le bon et le mauvais (Bill Paxton, Gary Busey) et un monstre victime de l’incohérence du scénario, l’échec est indéniable. Sanction : 14 ans d’absence du Predator sur nos écrans…

2004 – 2007, le coup de pouce du copain Alien

La réintroduction en 2004 par le cross-over Alien vs. Predator est un événement significatif, même si en lui-même le film est largement inférieur aux deux premiers. Oui, inférieur au Predator 2. C’est dire. A propos de l’idée, James Cameron himself déclare à l’époque :

Cela va tuer la validité de la franchise [Alien] (…) Pour moi, c’est comme Frankenstein rencontre le loup-garou.

L’idée de rassembler deux hautes figures de la SF horrifique est séduisante, mais les enjeux sûrement trop importants. Porté par des acteurs essentiellement de seconde zone, le film tente de définir l’origine millénaire des Predators et leur affrontement avec la race Alien. Moins sanglant, plus numérique, le film fait perdre de la prestance à ses deux figures. Sauvant les meubles, Alien vs. Predator réactualise sans gloire le Predator endormi.

En 2007, le 2ème AVP sort et c’est cette fois-ci franchement nul. Le croisement entre Predator et Alien accouche d’un monstre hybride qui ne convainc personne, même pas les autres personnages du film qui brillent par leur médiocrité. Une débauche d’effets spéciaux soutenue par un scénario caricatural dont les résultats aux box office mondial sont cependant très honorables.

Oubliée l’exigence scénaristique que propose le crossover, l’objectif est surtout marketing. En affichant ainsi le Predator face à l’Alien, on est certain d’attirer une partie substantielle de chaque public. Si le premier AVP pouvait faire illusion, Alien vs. Predator : Requiem est unanimement détesté par les fans de SF. Sur Imdb il reçoit un généreux 4,7/10, soit la note la plus basse de tous les films où apparaît le Predator.

Deux films qui n’étaient donc nécessaires pour personne. Mais ils ont eu le mérite de relancer cet autre alien qu’est le Predator. Celui-ci revient en 2010 dans un film cette fois très réussi : Predators.

Predators : le retour aux sources

Adrien Brody, Laurence Fishburne, Topher Grace… Dans Predators (2010), l’intention est là et le casting est soigné. Il est très clair qu’il s’agit d’une suite, mais on croirait presque un remake de Predator. Le film s’ouvre par exemple sur un parachutage sauvage en pleine jungle, suivie d’une référence à la mitrailleuse « Old Painless » du premier film. S’ensuit un affrontement entre une équipe de mercenaires et plusieurs predators, qui eux-mêmes se battent entre eux. A quelques éléments près, Predators utilise la recette du premier film de la série : la jungle est un personnage à part entière, un Adrien Brody très musclé rajeunit la figure de Dutch et on observe avec délices les mêmes actions du Predator.

Revenu à l’essentiel du principe de survie, Predators rend hommage au pionnier de la saga tout en s’ouvrant sur de possibles suites. Si le film se passe dans la jungle, celle-ci est sur une planète alien, où les Predators dominent. Une façon aussi de prendre en compte l’aspect « civilisation » dévoilé dans les AVP.

L’année prochaine sortira The Predator. La saga aura alors 31 ans. Un bel âge pour s’affirmer définitivement comme une franchise majeure du cinéma de science-fiction, voire une des toutes meilleures. Et en se retournant sur le passé, en se replongeant dans la jungle de McTiernan, imagine-t-on qu’il en soit autrement ?

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