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11 avril 2018 : On va voir quoi au ciné cette semaine ?

Cette semaine au cinéma, les choix sont nombreux. D’abord, coup d’accélérateur avec « Taxi 5 », conduit cette fois par Franck Gastambide. On aura droit à un peu de lumière avec « Luna », mais également à une ambiance bouillante avec les émeutes de Los Angeles dans « Kings », nouveau film de la réalisatrice de « Mustang ». Enfin, Wes Anderson se pose sur « L’Île aux chiens » et renoue avec l’animation, tandis que Sherlock mène l’enquête chez les nains de jardin dans « Sherlock Gnomes », et que Kore-eda se renouvelle totalement avec le thriller The Third Murder. Tout un programme, voici nos choix !

Ce qu’il ne faut pas manquer, les ressorties à (re)découvrir… Chaque mercredi, on fait le point sur les sorties cinéma de la semaine.

L’île aux chiens : Wes Anderson et la boulimie créative

★★★★

– voir notre critique –

L’histoire : Après une épidémie de grippe canine qui sévirait dans toute la ville de Megasaki, au Japon, le maire de la ville ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens sur une île-poubelle. Le jeune Atari, non-content de voir son fidèle compagnon être emmené, décide de partir à sa recherche sur l’île. À son arrivée, il fait la rencontre d’un groupe de chiens errants qui acceptent de l’aider dans sa quête. En même temps, Tracy, une Américaine en échange universitaire, tente de dénoncer le complot orchestré par le maire…

Après Fantastic Mr. FoxWes Anderson renoue avec la technique de stop motion avec L’Île aux chiens. Comme souvent avec le réalisateur, son film déborde d’idées visuelle, de gags en tout genre, mais aussi et surtout de poésie. Il y a alors un émerveillement immédiat devant sa multitude de personnages qui se retrouvent dans des situations que seul l’animation pouvait mettre en scène. Et à cette richesse visuelle s’ajoute toujours l’humour pince sans rire du cinéaste et une aventure passionnante.

Ainsi, L’Île aux chiens s’avère accessible à tous car centré sur le parcours d’un petit enfant. Wes Anderson signe un nouveau film impressionnant dont on ne se lasse pas.

Voici la bande-annonce :

 

The Third Murder : le miroir vertigineux de Hirozaku Kore-Eda

★★★★

– voir notre critique –

L’histoire : Shigemori, un avocat de renom est chargé de défendre Misumi, accusé de vol et d’assassinat. Ce dernier, qui a avoué son crime, a déjà purgé 30 ans de prison pour meurtre, et ses chances de gagner son procès son minces.

Dans le cas contraire, il sera condamné à mort. Mais alors qu’il mène l’enquête, Shigemori commence à douter de la culpabilité de son client.

Il est étonnant de voir Hirozaku Kore-Eda, réalisateur de Tel père, tel fils et Notre petite sœur, s’atteler à ce qui ressemble de prime à bord à un thriller. Mais le résultat est bien particulier. Déjà, pas question de réel suspense avec The Third Murder, celui-ci étant désamorcé dès la première scène révélant la victime et le coupable du fameux « troisième meurtre ». Le film se concentre donc sur l’après du meurtre. Shigemori est-il coupable ou non finalement ? La vérité changeant constamment, The Third Murder n’a de cesse de surprendre. Et ce, jusqu’au twist final.

Une conclusion parfaite pour un film qui habile dans l’art de la tromperie. Renversant !

Voici la bande-annonce :

 

Luna : les promesses d’un premier long-métrage solaire

★★★★

– voir notre critique –

L’histoire : Luna est une jeune fille de Montpellier qui aime à traîner avec ses amis. Insouciante et incapable de se détacher de son macho de petit ami, elle se laisse un soir emportée à une agression collective. Celle d’Alex, un garçon qui passait par là. Ce qui commence comme une plaisanterie idiote tourne à l’agression pure et dure. Mais pour Luna, c’est sans importance. Un simple jeu et la vie peu suivre son cours. Quelques semaines plus tard, elle recroise le garçon qui ne la reconnaît pas. Et malgré son implication elle commence à se lier à Alex.

Premier long-métrage d’Elsa Diringer, Luna est aussi une première pour la comédienne Laetitia Clément, et presque autant pour Rod Paradot, découvert en 2016 dans La Tête haute. Pour autant, aucun manque d’expérience ne se fait ressentir ici. Elsa Diringer livrant un film solaire capable de provoquer l’empathie envers un personnage, au premier abord, bien antipathique. Mais délicatement la réalisatrice fait s’effacer l’image de cagole de Luna pour présenter une adolescente en plein apprentissage de la vie.

On notera alors avant tout la performance de Laetitia Clément, qui irradie dans son premier rôle. D’autant plus intéressant que la Nîmoise de se prédestinait pas au cinéma, ayant été repérée devant son lycée.

Simple mais chaleureux, c’est en évitant de sombrer dans le pathos que Luna s’impose comme un beau premier film.

Voici la bande-annonce :

 

Kings : brûlez jeunesse !

★★★

– voir notre critique –

L’histoire : Au début des années 1990, à Los Angeles, un jeune afro-américain du nom de Rodeny King est passé à tabac par la police. Dans la même période, une jeune fille noire est abattue dans une épicerie par une dame d’origine coréenne. S’en suivra un procès favorable à l’épicière, ainsi qu’aux forces de l’ordre, pourtant filmés en pleine action.

De ces événements découlera de nombreuses émeutes à Los Angeles.

En 2015 Deniz Gamze Ergüven frappait fort avec son premier long-métrage Mustang. Un film d’une rare maîtrise pour la réalisatrice franco-turque qui évoquait alors la question du mariage forcé dans son pays d’origine. Changement radical donc avec Kings, son second long. Cette fois, il est question de racisme aux Etats-Unis en revenant sur l’affaire Rodney King de 1991. Et pourtant, Deniz Gamze Ergüven parvient à reproduire et poursuivre certaines des thématiques de Mustang. Agissant presque comme un miroir de sa précédente oeuvre, Kings semble à nouveau appeler la jeunesse à se révolter. Une jeunesse qui, comme dans Mustang, doit vivre avec une figure parentale qui fait défaut.

Ainsi, bien qu’on puisse regretter des inégalités, notamment sur la forme, Kings reste intéressant dans l’étude du cinéma d’une réalisatrice en tant qu’auteure. Cette dernière livre des passages à la fois drôles et tragiques, tout en prenant à la gorge par la violence de la réalité. Certains éléments du récit auraient probablement pu bénéficier d’être approfondis, laissant penser que Kings aurait peut-être dû être rallongé d’une demi-heure.

Voici la bande-annonce :

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18 avril 2018 : On va voir quoi au ciné cette semaine ?

Cette semaine au cinéma, les comédies sont de sortie ! Portées par des duos aux styles opposés, on pourra retrouver Kev Adams et Mélanie Bernier avec "Love Addict", Agnès Jaoui avec Jean-Pierre Bacri dans "Place publique", mais également Rachel McAdams et Jason Bateman dans une soirée qui tourne mal (Game Night). Autre duo notable, mais cette fois dans un drame, celui de Penélope Cruz et Javier Bardem qui voit ce dernier incarner Pablo Escobar. Et tandis qu'une famille passera une salle nuit dans "The Strangers", Luke Evans trouve l'inspiration pour Wonder Woman dans "My Wonder Women". Tout un programme, voici nos choix !