24 janvier 2018 : On va voir quoi au ciné cette semaine ?

Cette semaine au cinéma, Liam Neeson est piégé dans un train de banlieue (l’angoisse !) avec « The Passenger », pendant que Hugh Jackman joue les directeurs artistiques pour freaks dans « The Greatest Showman ». Moins clinquant mais plus passionnant, il y a également l’enquête journalistique de Spielberg avec « Pentagon Papers », tandis que Mélanie Thierry irradie en Marguerite Duras (« La Douleur »). Et si Jasmine Trinca hypnotise dans « Fortunata », les démons de « Véronica », dirigé par le réalisateur de « Rec », promettent une sortie effrayante. Voici nos choix :

Ce qu’il ne faut pas manquer, les ressorties à (re)découvrir… Chaque mercredi, on fait le point sur les sorties cinéma de la semaine.

 

Pentagon Papers : l’hommage au journalisme de Spielberg ★★★★

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On est rarement déçu avec Steven Spielberg. Mais lorsqu’il s’attaque à un tel sujet, on tient évidemment un film événement. Pentagon Papers retrace comment dans les années 1970, le Washington Post, a révélé des secrets compromettants sur quatre présidents américains, en dépit des risques encourus face au gouvernement Nixon.

Plus que jamais Pentagon Papers résonne avec notre époque, et notamment le gouvernement Trump. Mais au-delà cela, Steven Spielberg tire une vraie tension de son récit.

Mettant chacun de ses personnages face à des enjeux de taille. À cela s’ajoute la précision de sa mise en scène. Comme cette manière de filmer les journaux imprimés prêts à partir sur le champ de bataille. Ne laissant rien au hasard et apparaissant véritablement attaché à son sujet, Steven Spielberg réalise, encore, un très grand film !

Voici la bande-annonce :

 

Fortunata : Jasmine Trinca inégalable ★★★

Fortunata n’est pas le film italien le plus marquant de ces dernières années, ni même le plus réussi dans lequel a joué Jasmine Trinca (parfaite dans le tout autant Miele de Valeria Golino, notamment). Néanmoins, il est de ces films qui se laissent porter par l’interprète. Jasmine Trinca est Fortunata. Une mère célibataire qui s’en sort difficilement à élever sa fille de huit ans pendant que son ex-mari continu de l’étouffer (et plus encore). Avec son modeste travail de coiffeuse, elle galère, mais ne lâche rien, poursuit sa route.

Mais lorsqu’elle amène sa fille chez un psychiatre, elle en oublie les règles de distance et se laisse déborder par l’amour de ce dernier. Dans ce film, inégal sur la forme (Sergio Castellitto n’est pas le réalisateur le plus fin), on trouve une certaine émotion dans la puissance et l’honnêteté que donne toujours Jasmine Trinca. Méconnaissable avec sa couleur de cheveux et son style à la limite du vulgaire. Un rôle d’extravertie pour l’Italienne qui se dit être tout l’inverse. Elle rayonne alors de sa sympathie naturelle et parvient à émouvoir.

Voici la bande-annonce :

 

 

La ressortie à ne pas manquer !

Actuellement sous les feux des projections pour une histoire sordide qui refait surface (accusé de viol par sa fille Dylan Farrow), et lâché par le tout Hollywood, Woody Allen restera un cinéaste important dans l’histoire du cinéma. Cette semaine, ressort un de ses films les plus mythiques : Annie Hall. Le jeune réalisateur interprète lui-même le personnage principale, Alvy Singer, tout juste quarante ans et désabusé.

Lorsqu’il réalise Annie Hall en 1977, Woody Allen n’est qu’au début de sa carrière. Jusque-là, il affichait un humour un peu lourd à base de sketchs burlesques. Comme avec le très moyen Woody et les robots par exemple. Mais avec ce film, c’est un changement de style qui va orienter toute sa filmographie. Un style tragi-comique ponctué d’un personnage d’intellectuel dépressif bavard et égocentrique.

Un film moderne à plusieurs niveaux

Revoir Annie Hall aujourd’hui, ce n’est pas seulement redécouvrir une bonne comédie. C’est également prendre conscience de l’affirmation d’un réalisateur qui n’hésite pas à casser les codes. D’un point de vue de la mise en scène d’une part, avec, entre autres, la rupture du quatrième mur lorsqu’il s’adresse directement à la caméra / au spectateur. Que ce soit son introduction façon stand up, ou lors de la séquence mythique du cinéma, à laquelle beaucoup rendront hommage par la suite.

 

Puis, d’un point de vue du genre, ce sont ici les codes de la comédie romantique qui sont chamboulés. Woody Allen commençant par la fin de la relation d’Alvy et Annie. Le film consiste alors à faire revivre leur histoire, leur rencontre, les bons moments, naïfs et insouciants des premiers jours, puis la routine qui se met en place et les sentiments qui se perdent. Cette méthode d’écriture n’a visiblement pas vieilli, puisque plus de trente ans après Marc Webb suivait les mêmes lignes que Woody Allen avec 500 jours ensemble (2009).

Annie Hall fait rire, dans le pur style de Woody Allen qui peut tout autant agacer, mais surtout laisse pointer une émotion certaine de par l’aspect tragique de cette histoire d’amour, somme toute universelle. Pas étonnant qu’il repartit en 1978 avec l’Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario et de la meilleure actrice pour Diane Keaton.

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