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7 mars 2018 : On va voir quoi au ciné cette semaine ?

Cette semaine au cinéma, peu de grands films, mais beaucoup de films à voir tout de même. Un peu d’épouvante à l’espagnol avec « Le Secret des Marrowbone », de drame à l’anglaise (« Le Jour de mon retour ») ou à l’italienne (« Il Figlio »), de l’hommage à Hollywood avec « The Disaster Artist », sans oublier une double ration d’Isabelle Hupert (« La Caméra de Claire », « Eva »), les promesses d’un jeune réalisateur russe (« Tesnota ») et du cinéma social intelligent (« L’Ordre des choses »). Bref, tout un programme ! Voici nos choix.

Ce qu’il ne faut pas manquer, les ressorties à (re)découvrir… Chaque mercredi, on fait le point sur les sorties cinéma de la semaine.

L’Ordre des choses : peinture tragique de la crise européenne

★★★★★

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L'ordre des choses sorties cinéma

L’histoire : Rinaldi, un policier italien, est envoyé en Libye pour négocier le maintien des migrants sur le sol africain. Une situation évidemment difficile à gérer. Il fait pourtant la rencontre de Swada, une Somalienne présente dans un centre de rétention, qui lui demande son aide. Rinaldi en oublie alors son « professionnalisme », et hésite à privilégier sa conscience à la raison d’Etat.

Andrea Segre s’est toujours intéressé à des thématiques fortes.

Questionnant l’identité européenne, les mouvements migratoires et la xénophobie. Avec L’Ordre des choses, son troisième film, il suit logiquement cela. Avec ce personnage de Rinaldi, il met en avant la difficulté à concilier l’humanisme et donc, l’ordre des choses. Pour cela, il peut jouir de la très bonne performance de Paolo Pierobon, juste et sobre, se montrant des plus méthodique, mais submergé par un sentiment d’empathie imprévu.

En ressort un grand film qui invite à la solidarité, capable d’être aussi bien un objet cinématographique remarquable qu’un document nécessaire sur notre monde et la politique européenne complice de la tragédie migratoire. A ne rater sous aucun prétexte !

Voici la bande-annonce :

 

Il Figlio, Manuel : la quête de liberté d’un personnage bouleversant

★★★★

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Il Figlio sorties cinéma

L’histoire : Manuel vient d’avoir 18 ans et doit quitter le foyer pour jeunes dans lequel il vit depuis plusieurs années, suite à l’incarcération de sa mère. Cette dernière pourrait obtenir l’assignation à résidence.

Pour cela, il faut que Manuel prouve sa capacité à veiller sur elle. Il doit alors se comporter en adulte responsable et ne pas laisser les besoins de sa mère influencer ses désirs de liberté.

S’il n’est pas aussi remarquable et remarqué qu’il y a plusieurs années, le cinéma italien regorge toujours de belles propositions. Il Figlio, Manuel, en fait parti. Passé par le documentaire, le réalisateur Dario Albertini fait preuve d’honnêteté avec sa première fiction. D’une justesse lorsqu’il s’agit de filmer l’environnement de Manuel (le foyer). Une partie assez courte mais essentielle, qui rappellerait à certains niveau le très beau Fiore (2017).

Enfin, Il Figlio, Manuel se laisse porter par son personnage bouleversant et profond, qu’Albertini ne traite jamais avec complaisance ou misérabilisme. Une jolie surprise qu’on garde en mémoire.

Voici la bande-annonce :

 

Le Secret des Marrowbone : tragédie familiale touchante et teintée d’horreur

★★★

voir notre critique 

Le Secret des Marrowbone sorties cinéma

L’histoire : A la mort de leur mère, Jack, ses deux frères et leur sœur, partent vivre à Marrowbone, dans la ferme abandonnée de leur grande-tante. Pour s’assurer de ne pas être placés dans différents foyers, les enfants enterrent leur mère et font croire que cette dernière est toujours en vie.

Jusqu’au jour où un notaire vient réclamer la signature de leur mère, tandis que des événements étranges commencent à se dérouler dans la demeure, visiblement hantée…

Le Secret des Marrowbone bénéficie certes d’un novice à la réalisation, mais Sergio G. Sánchez n’est pas un amateur en termes d’écriture. C’est en effet à lui qu’on doit les premiers scénarios de Juan Antonio BayonaL’Orphelinat et The Impossible. Dans la lignée de ces derniers, il privilégie ainsi le drame familial à l’horreur facile. Proposant encore des situations complexes et des actes difficiles à défendre, mais toujours compréhensibles de part les liens forts qui unissent les protagonistes.

Le réalisateur parvient de plus à maintenir du suspense jusqu’au bout avec des rebondissements bien amenés. Un film qui met l’accent sur l’émotion et peut parfois se montrer bouleversant.

Voici la bande-annonce :

 

La Caméra de Claire : un faux « petit » film

★★★

– voir notre critique –

La Caméra de Claire sortie cinéma

L’histoire : Du jour au lendemain, en plein Festival de Cannes, Manhee est renvoyée par sa patronne qui l’accuse d’être malhonnête. Alors qu’elle déambule dans la ville, elle fait la rencontre de Claire. Cette dernière rencontre également So, le réalisateur pour qui Manhee travaillait. Elle se rend alors compte des connexions entre eux et tente de les réunir.

Plus que jamais, avec La Caméra de Claire, Hong Sang-soo s’amuse de faire écho avec la réalité.

Il a en effet tourné lors du festival de Cannes 2017, où il venait par ailleurs présenter Le jour d’après. Il met alors en scène Kim Min-hee, sa compagne et muse, nomme son personnage Manhee (deux noms assez proches), place dans son bureau une affiche de son film Yourself and yours, et donne à Jeong Jin-yeong son « propre rôle », celui du réalisateur So Wansoo.

A l’inverse, Isabelle Hupert devient devant sa caméra une enseignante découvrant pour la première fois le festival de Cannes. Les situations sont cocasses et malignes pour qui connaît un peu le parcours de ces personnalités du cinéma.

Intelligent et subtile, et pas dénué de poésie, La Caméra de Claire n’a alors de modeste que sa durée : 1h10 à peine.

Voici la bande-annonce :

 

Tesnota – Une vie à l’étroit : le choc tant attendu ?

★★★

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Tesnota - Une vie à l'étroit sortie cinéma

L’histoire : En 1998, à Nalchik, en Russie. Ilana, une jeune fille de 24 ans travaille dans le garage de son père. Un soir, toute la famille est réunie pour fêter les fiançailles de son frère David. Mais ce dernier est kidnappé avec sa fiancée. La famille d’Ilana, issue d’une communauté juive isolée, doit se débrouiller seule pour payer la rançon. De son côté, Ilana, voudrait fuir avec Zalim, son petit ami issu de la communauté Kabarde, qui n’est pas tendre non plus avec la communauté juive. Ses parents lui annoncent alors qu’une fois son frère libéré, il sera temps de quitter la région.

Tesnota avait été remarqué lors du dernier festival de Cannes dans la section Un Certain regard. D’autant plus que son réalisateur, Kantemir Balagov, n’a que 25 ans. Il est indéniable que le garçon est capable de belles choses. Maintenant une pression constante et trouvant des ressemblances chez un certain James Gray. Et que dire de la découverte de Darya Zhovnar, actrice absolument sublime qui porte en elle une personnalité forte.

Néanmoins, Tesnota ne tient pas toujours toutes ses promesses, et se contente un peu trop d’être un simple drame familial. Reste un bon premier film pour un jeune réalisateur qui devra encore confirmer.

Voici la bande-annonce :

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