Jamel, Sami, Roschdy, Indigènes - et fiers de l'être.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le film de Rachid Bouchareb, Indigènes, avait fait l’unanimité au dernier Festival de Cannes, et que les cinq acteurs principaux, Jamel debbouze, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Bernard Blancan et Samy Naceri n’avaient pas volé leurs jolies Palmes.

Il est temps aujourd'hui de rencontrer trois d'entre eux pour revenir sur ce film tout simplement prodigieux...

=> Voir notre interview de Jamel Debbouze !

=> Voir notre interview de Roschdy Zem & Sami Bouajila !

Evidemment à l’époque du Festival, en bon reporter sans peurs et prêtes à tout que nous sommes (pourquoi vous souriez, j’ai dit quelque chose de drôle ?), nous avions littéralement harcelé l’attaché de presse pour obtenir ne serait-ce que quelques minutes avec l’équipe, qui, au grand complet, mangeait au resto de la Plage Orange où nous faisions bronzette (…ou plutôt où nous aurions rêvé de faire bronzette mais où nous tournions nos émissions quotidiennes). Nous avions alors dû nous contenter de quelques images de Jamel au téléphone… Le lendemain, un peu plus chanceuses, on obtenait une blague dans les coulisses du plateau du Grand Journal de Canal +

Mais il aura fallu attendre quatre mois pour rencontrer ces fameux Indigènes… Quatre mois à ressasser dans nos têtes les images de ce film particulièrement bouleversant. Après une lutte acharnée avec l’attaché de presse, un combat au corps et à corps et un fight dans la boue (oui, d’accord, j’exagère, mais ça n’a pas été facile, je vous assure), Anna et moi filions direction Kissman Productions, les bureaux de Monsieur Jamel Debbouze (bien trempées, car le beau soleil trompeur s’était transformé en dix secondes en une pluie torrentielle ! ce que l’on appelle les giboulées d’août, il paraît)… Décidemment, le sort s’acharnait ! D’autant qu’une fois à l’intérieur des locaux, on apprenait que Samy Naceri était alors injoignable… Un de moins… Aïe, aïe, aïe ! Mais le thé à la menthe nous réchauffe, et les jolis fauteuils rouges du bureau de Jamel sont incroyablement confortables.

Le temps d’admirer la Palme du meilleur acteur posé sur la cheminée, voilà que Roschdy Zem et Sami Bouajila franchissent la porte du bureau (évidemment, comme tout avait été chamboulé, mes questions n’étaient pas dans le bon ordre – ah, l’improvisation, y’a que ça de vrai !)… Anna et moi, la tension au maximum et le coeur au bord de l’explosion après ces longs jours d’attente, découvrons alors deux comédiens, qui, finalement, ont tourné la page. Indigènes les a marqué, certes, mais comme le souligne Roschdy Zem, "C’est le propre du métier d’acteur, de savoir passer à un autre chose" - il a raison, mais n’empêche que pour nous, la page n’était pas encore tournée… Et l’encre (et les larmes) pas encore sèches. Quinze minutes plus tard, c’est fini, ils sourient et s’en vont…

A cet instant, nous prions pour que Jamel soit toujours là, en regardant la déco du bureau, les photos de Zidane, d’Al Pacino, de Scarface, de James Brown… et d’Indigènes… Partout. Et même le ticket, sous verre, d’une place pour Jamel à l’Olympia… Sa voix, reconnaissable entre milles, se fait alors entendre dans le couloir… Coup d’œil à Anna, mais elle est déjà prête, fixant sa caméra sur la porte pour ne pas rater l’entrée de Monsieur Jamel Debbouze… Ca ne loupe pas, il se jette sur la caméra, veut garder mon micro en cadeau, fait son Jamel pendant quelques minutes mais change du tout au tout dès que l’on commence à parler d’Indigènes. Contrairement à Roschdy Zem et Sami Bouajila, Jamel est encore énormément marqué par le film, son histoire, ses conséquences, ce qu’il montre et suggère. C’est alors les larmes aux yeux qu’il parle de sa famille, se confie sur son passé, sourie en se rappelant de ses profs d’histoire, nous montre un cadeau offert par Joey Star…

Dix minutes top chrono plus tard, l’attaché de presse par la tête par la porte et me signale que c’est fini. Jamel se lève d’un bond et me dit : "Oh, t’as vu, j’ai pas été drôle !" et se lance dans un show comme il sait si bien le faire. "Vous êtes sûres, les meufs, c’était bien ce que j’ai fait ?" Une bise à chacune plus tard, il s’en va – de notre côté, on atterrit et on remballe. Sincère, humain, incroyablement touchant, Jamel Debbouze venait de nous montrer toute l’étendue de l’homme derrière "le mythe"… Une interview qui se révèle au final aussi émouvante, poignante que le film – du moins pour nous deux… Un seul mot à rajouter : Yalla !

=> Voir notre interview de Jamel Debbouze !
=> Voir notre interview de Roschdy Zem & Sami Bouajila !

A.M. (27 septembre 2006)

 

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