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Jim Broadbent : « Si j’avais dû m’essayer comme réalisateur, je l’aurais déjà fait. »

A l’occasion de la 28e édition du Festival du Film Britannique de Dinard que la rédaction a couvert du 28 septembre au 1er octobre 2017, nous avons pu rencontrer l’acteur Jim Broadbent. Le Britannique est venu sur les côtes bretonnes pour recevoir un prix d’honneur récompensant l’ensemble de sa carrière mais aussi parce qu’il a participé à l’écriture d’un court métrage présenté pendant les quelques jours de festivités. En plus de cela, il est venu discuter avec le public de son nouveau film projeté ici, A l’Heure des Souvenirs.

Jim Broadbent est notamment connu pour ses rôles dans Cloud Atlas, Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, Bridget Jones 1 & 2, Moulin Rouge !, ou encore Hot Fuzz. Il a reçu en 2002 l’Oscar du meilleur second rôle masculin pour sa prestation dans Iris, long métrage de Richard Eyre. Rencontre et discussion autour de sa carrière.

Vous avez fait près de 40 films et participé de nombreuses séries TV. Vous êtes passé par des dizaines de personnages et votre carrière très hétérogène n’est pas terminée. Vous avez déclaré que vous appréciez tous les rôles que vous avez joué. Mais après toutes ces années, avez-vous réussi à déterminer vos préférences artistiques ?

Une chose est sûre, je n’ai pas d’affection plus prononcée pour un rôle que pour un autre. J’aime faire des choses variées. Tous les personnages que j’ai joué, j’ai pris du plaisir à les jouer. Ils avaient tous, au moins, un élément qui les rendait uniques aux yeux du public, ou ne serait-ce qu’aux miens. J’aime les personnages qui me parlent. Prenons un exemple : Harold Zidler que j’ai interprété dans Moulin Rouge ! est une personne extravagante et bruyante. Quelques semaines après la fin du tournage, j’ai dû enchaîner avec Iris, dans lequel j’étais donné vie à un protagoniste qui était tout l’inverse de Zidler. Le challenge réside également là-dedans, être un nouvel homme à chaque fois. Dans A l’heure des souvenirs, il était passionnant de donner forme à Tony, cet homme bouleversé par son passé qui revient vers lui à son âge.

En parlant d’âge, vous êtes un des rares acteurs à traverser toutes les générations actuelles. Vous avez eu l’occasion d’être connu des spectateurs les plus jeunes grâce à Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, Game of Thrones, Bridget Jones 1 & 2 … mais vous touchez aussi le public de la génération Meryl Streep, avec qui vous avez joué.

Je ne l’ai pas anticipé. J’ai très vite espéré que ma carrière soit la plus longue possible. On vieillit et les générations passent. Cela tient de la nature ! La perte d’un cheveu représente pour moi l’opportunité d’un nouveau rôle * rires *

La plupart des acteurs apprécient participer à des films qui leur proposent un nouveau challenge. Trouvez-vous encore chaussures à votre pied après avoir déjà interprété des dizaines de rôles ?

Heureusement, évidemment. Quand j’ai commencé ce métier, je m’étais fixé comme objectif de toujours accepter des rôles grâce auxquels j’allais apprendre quelque chose. Cet objectif est toujours un de mes leitmotives. Il n’est jamais trop tard pour apprendre de nouvelles choses, même après une carrière bien remplie. Cela est aussi une des raisons pour lesquelles je ne me lasse pas du métier. Aujourd’hui, lorsque j’accepte une proposition, je me demande au préalable si le rôle est différent de ce que j’ai joué auparavant, s’il s’agit d’un nouveau challenge. Si c’est le cas, je dis oui !

Qu’est-ce qui est le plus épuisant ? Jouer un rôle comme dans A l’heure des souvenirs, dans lequel il faut s’ouvrir et arriver à transmettre des kilos d’émotions, ou un personnage extravagant et haut en couleur comme Harold Zidler ?

Harold Zidler, définitivement. Mais cela n’est pas uniquement lié à la personnalité de ce protagoniste. Le plus dur a été de travailler avec autant de maquillages, avec des costumes très encombrants et des dizaines de personnes sur le plateau. Baz Luhrmann a rendu cette expérience fabuleuse, mais nous nous endormions tous rapidement le soir !

Le journal français Libération a fait un portrait de vous il y a quelques années. Ils disent que vous avez un physique « passe partout ». Comment le prenez-vous ? Ce physique de « Monsieur-tout-le-monde » vous a-t-il permis de multiplier les propositions de rôles ?

Je ne le prends pas mal du tout, c’est vrai et il faut l’avouer ! *rires* Effectivement, je pense que cela m’a permis d’obtenir plusieurs seconds rôles de protagonistes au physique assez ordinaire comme le père de Bridget Jones pour ne citer que lui. Mais cela n’en a pas rendu l’expérience moins galvanisante. Et si on arriver à rester dans les mémoires des spectateurs après le visionnage du film, c’est parfait !

Dans une grande partie de vos rôles, mais aussi dans vos interviews ou dans des interventions télévisées, vous avez une personnalité pleine d’humour. Quels sont vos films références en matière de comédies ? Avez-vous des acteurs comiques favoris ?

Des acteurs drôles, il en existe et existait des dizaines, tous plus géniaux les uns que les autres. En France, vous avez eu Jacques Tati qui était excellent en la matière ! Mais je ris aussi beaucoup devant les films de Woody Allen, devant le talent de Buster Keaton également. D’un côté, aucun autre nom me vient instinctivement en tête et en même temps, nous pourrions en parler jusqu’à minuit.

Vous êtes venu à Dinard pour l’hommage qui vous est rendu, mais aussi parce que vous avez écrit un des courts métrages présentés ici. Vous plairait-il de participer à la réalisation d’un long métrage ?

Honnêtement, non. Si j’avais dû enfiler une casquette de réalisateur, je l’aurais déjà fait. En plus du court métrage présenté ici, je planche aussi sur l’écriture d’un roman graphique (bande-dessinée de taille conséquente et au sujet sérieux, ndlr) inspiré des œuvres de l’artiste peintre et graveur Pieter Brueghel l’Ancien. Il ne s’agit pas d’un film, certes, mais je contribue artistiquement à une œuvre grâce à ce support.

Sentez-vous une différence quand vous vous faites diriger par un réalisateur américain et par un réalisateur anglais ?

Je n’ai pas travaillé avec énormément de réalisateurs américains alors mes points de comparaison ne sont pas nombreux. Sur ces quelques expériences, je n’ai pas senti de réelles différences d’un point de vue artistique. Tous les réalisateurs sont différents les uns des autres, même lorsqu’on compare le stricte cercle des cinéastes britanniques . Une chose est sûre, tous les réalisateurs sont farfelus, complètement fous, et ils nous rendent dingues ! *rires*

Propos recueillis par Estelle Lautrou

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