Accueil > Toplists > Bong Joon-Ho : Top 3 des meilleurs films du cinéaste coréen

Bong Joon-Ho : Top 3 des meilleurs films du cinéaste coréen

Le 28 juin prochain, “Okja” sortira sur Netflix. Nouvelle fable écologique de son auteur, “Okja” prouve que Bong Joon-Ho est indispensable au cinéma contemporain. En attendant l’arrivée du film sur Netflix, retour sur les trois meilleures oeuvres de l’un des meilleurs réalisateurs de sa génération.

 

En 2003, le cinéaste coréen Bong Joon-Ho est révélé au grand public avec le magistral Memories of Murder. Le 28 juin prochain, son nouveau film Okjareparti bredouille du Festival de Cannes, sera disponible sur Netflix. Cinéaste engagé, Bong Joon-Ho a su renouveler le polar avant de s’attaquer au film fantastique. En sept longs métrages, le réalisateur a profondément marqué le cinéma contemporain. Avant de découvrir Okja, il paraissait nécessaire de revenir sur les meilleures œuvres de l’un des maîtres de sa génération.

Numéro 3 ex-aequo : Snowpiercer et Mother 

Avec Snowpiercer, Bong Joon-Ho nous embarque dans un train faisant le tour de la Terre. Alors que la planète vit une nouvelle ère glaciaire en 2031, le Transperceneige maintient en vie les rares survivants. Dans les derniers wagons se trouve le bas de l’échelle sociale confiné et affamé. Une révolte naît et plusieurs hommes remontent le train pour faire face à son propriétaire. Le peu d’équilibre ce qu’il reste de leur société se retrouve menacé.

Snowpiercer Bong Joon-Ho

Bong Joon-Ho était le réalisateur idéal pour transposer la bande-dessinée de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette au cinéma. Avec cette adaptation, le cinéaste aborde deux thèmes qui lui sont chers : les changements environnementaux et la hiérarchie des classes.

Sous ses apparences de blockbuster, Snowpiercer est une lutte bouleversante construite en forme de remontée. L’utilisation du cadre réduit est ingénieuse et Bong Joon-Ho n’a aucun mal à orchestrer des combats dans un train. Le casting est composé de stars anglophones comme Tilda Swinton, John Hurt et Chris Evans, ici dans son meilleur rôle. Mais le film marque également les retrouvailles du cinéaste avec le grand Song Kang-Ho. Le comédien était en effet absent du segment de Bong Joon-Ho dans Tokyo et du polar Mother. Sorti en 2009, Mother finissait quant à lui d’imposer le réalisateur comme un maître du polar après Memories of Murder.

Mother Bong Joon-Ho

La détermination de l’héroïne prête à tout pour innocenter son fils y est parfaitement exposée. Bong Joon-Ho transcrit avec un humour cinglant les combats irrationnels mais magnifiques que cette mère fait pour son enfant. La pluie, les suspicions des habitants du village et la déviance des souvenirs de son fils finissent d’enfermer l’héroïne dans son acharnement. Entre cet excellent thriller et Snowpiercer, il est impossible de choisir tant ces œuvres traduisent chacune des pans différents mais incontournables du cinéma de Bong Joon-Ho.

Numéro 2 : Memories of Murder

Entre 1986 et 1991, le premier serial killer de Corée du Sud sévissait. Memories of Murder revient sur la traque de l’homme qui viola et assassina dix femmes. Véritable coup de maître du cinéaste, le long métrage ouvrit en 2003 la voie à des œuvres comme Zodiac.

Bong Joon-Ho y fait preuve d’un incroyable sens de la narration. La déstabilisation permanente des détectives, leurs méthodes douteuses, la pression politique et médiatique mais aussi la tension dans le village… Le cinéaste réussit à accorder une importance fondamentale à chaque aspect de l’affaire. Memories of Murder allie ce sens du détail à une amitié naissante entre deux enquêteurs aux méthodes complètement opposées.

Le réalisateur révèle peu à peu leur complémentarité face aux agissements d’un tueur redoutable. Le spectateur est facilement happé et l’attachement aux personnages ne fait qu’augmenter jusqu’à la bouleversante conclusion. Bong Joon-Ho y aborde déjà l’importance des souvenirs et la manière qu’ils ont de nous hanter. Le poids des incertitudes des détectives permet au cinéaste de garder un suspense constant. Avec une maîtrise qui laisse pantois, Bong Joon-Ho filme également une course-poursuite sous la pluie dont le spectateur se souviendra très longtemps.

Numéro 1 : The Host – Le chef d’oeuvre de Bong Joon-Ho

The Host Bong Joon-Ho

Un scientifique américain demande à un confère coréen de déverser des flacons d’un produit toxique dans les égouts. Au fil des années, plusieurs personnes se mettent à apercevoir une étrange créature dans la rivière de Séoul. Lorsqu’il surgit en plein centre ville, le monstre capture la jeune Hyun-seo. Toute sa famille se lance alors dans une quête pour la retrouver. Déterminée à combattre le monstre malgré les risques qu’elle encourt, la famille Park n’abandonnera pas pour retrouver Hyun-seo.

The Host est le long métrage le plus touchantdrôle, impressionnant et engagé de son auteur. The Host synthétise à merveille toute la portée politique que le cinéma de genre peut avoir. Charge contre la reprise de faits hasardeux par les médias digne des meilleurs John Carpenter, le film montre à quel point des individus peuvent être mis à mal sans aucune vérification. C’est notamment le cas du personnage de Song Kang-Ho, l’acteur fétiche du cinéaste. Sa bravoure des premières scènes est magistrale. Elle offre en effet certains des plus beaux moments du cinéma de Bong Joon-Ho.

Film de monstres instantanément culte et chronique familiale bouleversante, The Host est un véritable chef d’œuvre. Satire sociale unique et inoubliable, le long métrage a en effet su renouveler avec brio la science-fiction. Si la conclusion laisse la gorge serrée, l’absence de fatalisme durant la lutte finale permet à The Host de se terminer sur un magnifique élan d’espoir.

(Re)Découvrez la bande-annonce d’Okja et ne le ratez pas lors de sa sortie le 28 juin :

Voir aussi

Thor : Ragnarok – Notre avis

Thor revient dans un registre comique aux antipodes des précédents films centrés sur le personnage, mais dans la triste lignée des productions Marvel.