ABONNEZ-VOUS À CINESERIES SUR FACEBOOK

Au nom de ma fille sur Netflix : la terrible et émouvante histoire vraie du film

Au nom de ma fille sur Netflix : la terrible et émouvante histoire vraie du film

En 2016, Daniel Auteuil livre la prestation inoubliable d'un père endeuillé dans le film "Au nom de ma fille". Actuellement disponible sur Netflix, on revient sur la terrible histoire vraie dont le film de Vincent Garenq est l'adaptation.

L'amour d'un père, jusqu'à l'illégalité

En 2016 sort le film franco-allemand Au nom de ma fille, réalisé par Vincent Garenq, avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze et Christelle Cornil. Un casting de choix pour un drame policier, judiciaire et familial. Si le film ne fonctionne pas au box-office, avec seulement 190 205 entrées en France, ce n'est pas dû à la qualité du film, mais plutôt à son sujet particulièrement dur... Au nom de ma fille est en effet l'adaptation au cinéma de l'affaire Dieter Krombach, qui est peut-être aussi l'affaire André Bamberski, une affaire criminelle partagée entre la France et l'Allemagne, et un combat judiciaire de très longue haleine.

Rappel des faits : en 1982, la jeune Kalinka Bamberski est retrouvée morte au domicile de son beau-père, le médecin allemand Dieter Krombach. Le père de Kalinka, André Bamberski, se pose des questions, et le premier rapport d'autopsie rédigé tend à montrer qu'il y aurait eu un viol. Un rapport bien loin du témoignage de Dieter Krombach, qui assure que la jeune fille, 14 ans, serait morte des suites d'une insolation.

© StudioCanal

Cependant, l'affaire est rapidement classée par la justice allemande, un mois après la mort de Kalinka. André Bamberski, effondré par la mort de sa fille mais bien décidé à remuer ciel et terre pour obtenir la vérité, va se lancer dans une bataille juridique des deux côtés de la frontière pour que l'enquête soit reprise et que la lumière soit faite.

Se succèdent donc des années de procédures, ainsi qu'une nouvelle autopsie en 1988 qui conduit à une autre cause de la mort : une injection médicamenteuse. Mais les organes de génitaux de Kalinka ont été retirés suite à la première autopsie, empêchant d'approfondir l'enquête sur la charge de viol. Suite à cette seconde autopsie, c'est la France qui lance une poursuite contre Dieter Krombach en 1990. Mais l'Allemagne fait pression pour en rester là, et les autorités françaises veulent éviter l'incident diplomatique. Condamné en 1995 par contumace à 15 ans de réclusion criminelle, il n'est cependant pas incarcéré puisque le mandat d'arrêt international n'a pas été publié...

Au nom de ma fille
© StudioCanal

Condamné pour un autre viol en Allemagne en 1997, Dieter Krombach bénéficie d'un sursis en plaidant coupable et en renonçant à exercer la médecine. Présent à ce procès, André Bamberski recompose les éléments et comprend tout de ce qui est arrivé à sa fille. Il va tout faire pour le criminel soit emprisonné, mais n'y parvient pas.

C'est alors, en 2009, que l'affaire Dieter Krombach prend un tournant spectaculaire en devenant aussi l'affaire Bamberski. En effet, alors que Krombach vit libre en Allemagne, il est enlevé dans la nuit du 17 octobre 2009 près du lac de Constance et retrouvé ligoté et bâillonné près du tribunal de Mulhouse, le lendemain. Placé en garde à vue, il est enfin incarcéré en vue d'un nouveau procès ordonné par la justice française. Il est finalement condamné à quinze ans de réclusion criminelle, sans que les charges de viol ne soient retenues. Mais le commanditaire de cet enlèvement n'est autre que le père de la victime, André Bamberski, interpellé très rapidement. Il reconnaît les faits, et est logiquement poursuivi par la justice pour cet événement rocambolesque, et condamné à un an de prison avec sursis.

Au nom de ma fille : à revoir sous un nouveau jour

Le film Au nom de ma fille retrace donc cette longue et terrible histoire, où à la douleur du meurtre d'une enfant s'est ajouté un imbroglio judiciaire où l'implication aléatoire de la justice française, de la justice allemande, et de la Cour européenne des droits de l'homme a considérablement compliqué l'enquête. Daniel Auteuil, dont ce n'est pas la première adaptation d'un fait divers - on pense à L'Adversaire qui retraçait l'affaire Jean-Claude Romand - incarne à merveille cet homme dévoré par la peine mais d'une opiniâtreté déchirante, seul contre tous pour que soit rendue justice à sa fille. Pour interpréter Dieter Krombach, c'est le grand acteur allemand Sebastian Koch (La Vie des autres, Die Hard 5) qui y prête son jeu subtil et pervers. Marie-Josée Croze joue la mère de Kalinka, et Christelle Cornil Cécile, la nouvelle compagne d'André Bamberski.

au nom de ma fille
© StudioCanal

Le film de Vincent Garenq débute une seconde vie sur Netflix, pleine de succès. Les raisons ? Netflix est friand des programmes inspirés d'histoires vraies, que ce soit des films, des séries ou des documentaires. Le public de la plateforme adore ces formats - on rappelle le grand succès récent de Grégory  - et Au nom de ma fille s'inscrit parfaitement dans cette catégorie. Ensuite, depuis quelques années, les violences sexuelles et d'une manière générale les violences faites aux femmes sont devenues un sujet brûlant, un sujet qui demande une attention courageuse et nouvelle. C'était aussi le sujet et l'idée de la récente série de Jean-Xavier de Lestrade sur France 2, Laëtitia. Ce sont sans doute, avec les qualités indéniables du film, à la fois une enquête judiciaire technique patiente, et un terrible et émouvant drame humain, les raisons du nouveau coup de projecteur sur le film, et c'est un éclairage amplement mérité.

 

Voir aussi

Mort de Philippe Clair, réalisateur de comédies potaches avec les Charlots et Aldo Maccione

Mort de Philippe Clair, réalisateur de comédies potaches avec les Charlots et Aldo Maccione

Philippe Clair, réalisateur de plusieurs comédies cultes des années 70 et 80, est décédé à l'âge de 90 ans.