Piège de cristal sur W9 : comment est née la réplique culte "Yippee ki-yay" ?

Une phrase inoubliable

Piège de cristal sur W9 : comment est née la réplique culte "Yippee ki-yay" ?

Premier volet des mésaventures de John McClane, "Piège de cristal" fourmille de sentences emblématiques, à commencer par l’incontournable "Yippee ki-yay, pauvre con". Une réplique en partie née grâce à Bruce Willis.

Piège de cristal : bienvenue à la fête camarade !

Outre l’éternel débat autour du fait qu’il rentre ou non dans la catégorie des films de Noël, et sur lequel Bruce Willis a tranché, Piège de cristal est avant tout un long-métrage sur un couple à la dérive. Avant de dévoiler le visage de l’un des flics les plus célèbres du cinéma américain, le premier volet de la saga Die Hard dévoile sa main gauche, cramponnée à l’accoudoir d’un avion en plein atterrissage et affublée d’une alliance.

Pourtant, à en juger par le regard de John McClane sur les retrouvailles expressives de jeunes amoureux à l’aéroport de Los Angeles et à la façon dont sa compagne Holly (Bonnie Bedelia) rabat soudainement un cliché de leur famille, leur mariage bat de l’aile. Dès l’introduction, l’efficacité narrative du chef-d’œuvre de John McTiernan se fait ressentir et révèle immédiatement l’un des principaux enjeux du récit : l'éventualité d’une réconciliation.

Piège de cristal
John McClane (Bruce Willis) - Piège de cristal © Walt Disney Studios Motion Pictures

Et pour réaliser qu’ils ont besoin l’un de l’autre, ou à l’inverse que leur histoire appartient au passé, il ne suffira pas d’un simple voyage de John depuis New York et d’une conversation honnête. Pour ces fêtes de fin d’année, ils devront affronter une bande de redoutables braqueurs menée par le glacial Hans Gruber (Alan Rickman), désireux de dérober les 640 millions de dollars d’un coffre-fort du Nakatomi Plaza, le lieu de travail de Holly. Depuis les entrailles du gigantesque bâtiment, John McClane va donc devoir se cacher pour affronter des terroristes aux petits pieds et limiter le nombre de victimes.

Un héros pas comme les autres

Succès surprise ayant récolté plus de 140 millions de dollars au box-office mondial, dont plus de 83 millions aux États-Unis, Piège de cristal marque le lancement d’une franchise aujourd’hui culte, au même titre que son personnage principal. Le film fait souffler un vent de nouveauté sur le cinéma d’action, et inspire évidemment de nombreux rejetons (Piège en haute mer, Passager 57) incapables de l’égaler.

La modernité du long-métrage passe notamment par son découpage méticuleux mais aussi par son écriture, à commencer par celle de son héros. En plein désastre amoureux, s’invitant lui-même à réfléchir pour trouver des solutions et partageant ses pensées à voix haute pour en faire profiter les spectateurs, John McClane est à mille lieues du John Matrix de Commando ou du lieutenant Cobretti de Cobra.

Ce protagoniste attachant, basé sur le personnage de Joe Leland de l’ouvrage Nothing Lasts Forever, naît de la plume de Jeb Stuart. Le scénariste s’inspire de sa propre situation sentimentale pour construire la relation entre Holly et John, tandis que Leland essaie de sauver sa fille dans le roman de Roderick Thorp. Lors des réécritures, Steven E. de Souza étoffe McClane et pense plusieurs répliques célèbres, dont l’hilarante :

Viens m’voir à Los Angeles, on passera Noël en famille, on fera la fête !

Une signature incontournable

La sentence la plus emblématique du film, véritable signature de John McClane, c’est avec Bruce Willis que Steven E. de Souza la met au point. Surtout connu à l’époque pour la série Clair de lune, le comédien apporte énormément au personnage, en lui conférant une décontraction ainsi que des doutes et une manière de ressentir la douleur qui le rapprochent davantage du quidam que du héros hollywoodien galbé et peu expressif. Il suggère également certains de ses dialogues, dont le fameux "Yippee ki-yay, pauvre con".

Lors d’un entretien pour un numéro de Rockyrama consacré à Piège de cristal, Steven E. de Souza explique :

C’est une phrase que nous avons trouvée ensemble avec Bruce. Nous avons grandi à cinquante kilomètres l’un de l’autre, dans le New Jersey, il a le même âge que mon plus jeune frère et nous sommes plus ou moins de la même génération. Et "Yippee ki-yay", c’est l’une des phases fétiches du comédien Roy Rogers dans une série télévisée quand nous étions petit. Sur le plateau du film, nous nous sommes souvenus de cette réplique typique du cowboy d’antan et c’est un souvenir nostalgique de notre enfance !

Dans l’épisode sur le long-métrage de la série documentaire The Movies That Made Us produite par Netflix, il est précisé que Roy Rogers chante cette réplique dans le morceau I'm an Old Cowhand from the Rio Grande, qu’il entonne dans le film King of the Cow-Boys. John McClane ne manque pas de clamer son amour pour l'acteur et ses chemises pailletées face à Hans Gruber dans Piège de cristal.

 

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