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Un raccourci dans le temps : le long voyage d’Ava DuVernay

Après le classique mais efficace « Selma », Ava DuVernay cherche avec « Un raccourci dans le temps » à défendre des valeurs louables mais de manière simplistes et sans aucune subtilité.

En 2015, Brad Bird réalisait À la poursuite de demain et montrait qu’il était encore possible, chez Disney, de proposer des œuvres originales et créatives. L’univers du film s’inspirant de Tomorrowland, une section commune aux divers parcs de loisirs Disney, il embarquait dans une aventure merveilleuse.

Même si le film ne fut pas un succès public (200 millions de dollars au box-office pour un budget conséquent de 190 millions), les qualités d’À la poursuite de demain sont indéniables. Dès lors, en voyant arriver Un raccourci dans le temps, adaptation par Ava DuVernay (Selma) du roman éponyme, il y avait l’espoir de retrouver une œuvre « plus personnel » que la majorité des productions Disney actuelles. Malheureusement, à l’inverse d’un Brad Bird, Ava DuVernay se prend les pieds dans le tapis et se perd avec un récit brouillon.

Une morale trop simpliste

L’histoire, d’abord, part pourtant d’une idée assez simple. Meg, et son frère adopté Charles Wallace (rapidement très agaçant), ont vu leur père disparaître il y a quatre ans. Ce dernier, un scientifique, comme leur mère, faisait des recherches pour parvenir à voyager dans l’univers. Un jour, Meg voit arriver Mme Quiproquo, Mme Qui et Mme Quidam, trois femmes étranges qui lui annoncent qu’elle peut sauver son père des forces du mal. Et c’est là que cela se complique… Pour ce faire, Meg devra user de son don et de son amour pour son père pour le retrouver en voyageant sur de nouveaux mondes. Accompagnée de Charles Wallace et de Calvin, un ami très intéressé par la jeune fille, elle part à l’aventure. Une expérience qui lui permettra, en plus, de s’accepter comme elle est.

Critique de Un raccourci dans le temps : le long voyage d'Ava DuVernay

Le souci majeur d’Un raccourci dans le temps se trouve dans son récit et le rythme qu’il dicte donc au film. Parfois trop complexe et lent, et souvent d’une naïveté affligeante. On ne voit alors pas très bien à qui Ava DuVerney veut s’adresser. Les plus jeunes risquant de s’y perde, tandis que les autres peineront à vraiment apprécier une morale aussi simpliste, qui consiste globalement à dire que l’amour est plus fort, qu’il faut croire en soit et que la lumière peut combattre l’obscurité et le mal… C’est gentil, c’est Disney, presque divertissant, mais bien trop appuyé pour qu’on puisse vraiment adhérer et se laisser emporter.

Une direction artistique notable

Ce n’est pourtant pas faute de faire des propositions. Il faut en effet rendre hommage à une direction artistique qui, à défaut d’être toujours réussi (Reese Witherspoon en feuille de laitue géante restera sûrement dans les annales), a le don de se montrer généreuse. Ava DuVerney livre ainsi un univers riche qui a tout pour être passionnant. Et elle semble parfois même prête à certaines dérives psychédéliques étonnantes. Comme si un Terry Gilliam venait à passer par là et se croisait avec Le Magicien d’Oz (1939) de Victor Flemming pour casser les codes de la machine Disney.

Critique de Un raccourci dans le temps : le long voyage d'Ava DuVernay

Malheureusement, ces bonnes intentions tombent trop souvent dans la maladresse, quand ce n’est pas le ridicule. À l’image d’une Oprah Winfrey, dont la grandeur semble ne servir qu’à flatter l’ego de l’animatrice favorite des Américains. Il en va de même pour Reese Witherspoon, qu’on a connu plus subtile, et Mindy Kaling, réduite à sortir des citations de Gandhi et de Shakespere. Le summum aurait été qu’Ava DuVerney ose le « Yes, we can » d’Obama. Il n’en sera rien. Dommage.

Enfin, étant incapable de donner de la consistante et de l’empathie à ses personnages (surtout pour les jeunes, qui tombent dans certains clichés), la réalisatrice patine, tout comme ses comédien.ne.s (pas toujours justes). Les deux heures semblent alors bien longues. Malheureux tant les bonnes intentions sont visibles, et parfois même touchantes.

 

Un raccourci dans le temps d’Ava DuVernay, en salle le 14 mars 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

En 2015, Brad Bird réalisait À la poursuite de demain et montrait qu’il était encore possible, chez Disney, de proposer des œuvres originales et créatives. L'univers du film s'inspirant de Tomorrowland, une section commune aux divers parcs de loisirs Disney, il embarquait dans une aventure merveilleuse. Même si le film ne fut pas un succès public (200 millions de dollars au box-office pour un budget conséquent de 190 millions), les qualités d’À la poursuite de demain sont indéniables. Dès lors, en voyant arriver Un raccourci dans le temps, adaptation par Ava DuVernay (Selma) du roman éponyme, il y avait l’espoir…

Conclusion

Note de la rédaction

Peut mieux faire

"Un raccourci dans le temps" n'est pas dénué de bonnes intentions, notamment visuelles, mais sa morale niaiseuse et enfantine provoque surtout beaucoup d'ennui.

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