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7 ans de réflexion : le premier coup d’éclat de Marilyn Monroe et Billy Wilder

7 ans de réflexion : Critique du chef d'oeuvre de Billy Wilder.

CRITIQUE FILM – Scénariste exilé aux États-Unis en raison de l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir, Billy Wilder s’est imposé comme un réalisateur incontournable à Hollywood dans les années 40, maîtrisant aussi bien le film noir que la comédie. En 1955, le cinéaste dirige pour la première fois Marilyn Monroe dans « 7 ans de réflexion », monument de l’humour qui n’a rien perdu de sa modernité et avec lequel la comédienne trouve l’un de ses rôles les plus iconiques.

New York, années 50. Alors que la chaleur fait rage dans la Grosse Pomme, Richard Sherman accompagne sa femme Helen et son fils Ricky à la gare pour leur départ en vacances. Pendant près d’un mois, ce publiciste va se retrouver seul dans la métropole et va devoir résister à de multiples tentations. Déterminé à ne pas faillir, le cadre voit toute sa volonté s’envoler dès qu’il fait la connaissance de sa nouvelle voisine.

Un homme marié empli de doute, ridicule mais profondément attachant

Récompensé en 1956 par le Golden Globe du Meilleur acteur, Tom Ewell livre une composition magistrale de cet homme en proie au doute dans 7 ans de réflexion. Incapable d’éviter les excès lorsque son épouse s’absente, Richard Sherman veut jouir d’une liberté qu’il idéalise et pense être doté d’un pouvoir de séduction ravageur. En alternant entre ses pensées ouvertement exprimées au public par le comédien et ses folles rêveries, Billy Wilder dévoile avec brio les contradictions du héros. Ce dernier est particulièrement excité à l’idée de franchir le cap de l’adultère mais redoute les retombées d’un tel acte, à commencer par le fait qu’il ternirait son image s’il en venait à être démasqué.

7 ans de réflexion : Critique du chef d'oeuvre de Billy Wilder.

Adaptation de la pièce de théâtre à succès de George Axelrod, 7 ans de réflexion se déroule majoritairement dans l’appartement de Sherman, lieu où il laisse vagabonder son imagination débordante. Dans ce lieu clos, Billy Wilder cadre large, ce qui permet au spectateur de profiter de l’incroyable gestuelle d’un acteur dont les maladresses et la peur de flancher s’expriment aussi bien par son corps que par ses expressions faciales à mourir de rire. Si l’on pense que ses pensées ne dépasseront pas le cadre du fantasme dans les premières minutes du film, Richard Sherman voit son rêve le plus fou être exaucé lorsque le plant de tomate de sa voisine du dessus tombe malencontreusement sur sa terrasse.

En bon homme frustré et rêvant d’un célibat révolu depuis bien trop longtemps à son goût, le héros va multiplier les bourdes, les mensonges et se complaire dans l’idée qu’il est irrésistible, ce qui va logiquement provoquer de nombreuses séquences hilarantes. Grâce à son interprète et à l’absence de jugement de Billy Wilder, qui préfère mettre en avant les contradictions de son personnage avec tendresse, le publiciste aura jusqu’au bout l’attachement du spectateur, ce qui contribue énormément à la réussite du film.

Marilyn Monroe dans l’un de ses meilleurs rôles

Si elle est légèrement en retrait par rapport à son partenaire, 7 ans de réflexion ne serait évidemment pas aussi entraînant et irrésistible sans la présence de Marilyn Monroe. Après avoir tourné sous la direction de John Huston, Joseph Mankiewicz, Fritz Lang ou encore Howard Hawks, l’actrice voulait absolument collaborer avec Billy Wilder, en grande admiratrice de son travail. À l’époque, le cinéaste avait en effet déjà signé une poignée de chefs d’œuvre parmi lesquels Assurance sur la mort, Boulevard du crépuscule et Sabrina. Avec 7 ans de réflexion, le réalisateur offre à la star son meilleur rôle comique ainsi que certaines des scènes les plus cultes de sa carrière, à l’image de celle de la bouche de métro.

7 ans de réflexion : Critique du chef d'oeuvre de Billy Wilder.

Bien loin du rapport de séduction qu’il tente d’établir avec elle, la voisine de Richard Sherman est une oreille à l’écoute qui ôte dans la plupart des séquences l’ambiguïté qu’il imagine entre eux. Pour mieux biaiser la frontière entre la réalité et les films légèrement poussifs que le publiciste se fait, le personnage de Marilyn Monroe ne porte d’ailleurs pas de nom, ce qui renforce l’impression d’une présence fantomatique qui va et vient dans l’appartement. Progressivement, ce protagoniste passe du statut de fantasme inaccessible à celui de confidente. Sa bienveillance permettra en effet au héros en perdition de se retrouver. Avec cette évolution, Billy Wilder démonte les clichés auxquels est régulièrement associée, à tort, Marilyn Monroe. La comédienne n’a d’ailleurs aucun mal à feindre une apparente stupidité qui se transforme peu à peu en une naïveté désarmante.

En 1959, l’actrice et le réalisateur se retrouveront pour tourner le génial Certains l’aiment chaud, aussi corrosif et iconique que son prédécesseur. 60 ans plus tard, ces deux chefs d’œuvre se regardent avec le même plaisir inaltérable et rappellent que Billy Wilder était le maître pour aborder les rapports amoureux impossibles et interdits à travers des comédies dont la modernité résonne encore aujourd’hui.

7 ans de réflexion de Billy Wilder, au cinéma le 9 janvier 2019.

New York, années 50. Alors que la chaleur fait rage dans la Grosse Pomme, Richard Sherman accompagne sa femme Helen et son fils Ricky à la gare pour leur départ en vacances. Pendant près d’un mois, ce publiciste va se retrouver seul dans la métropole et va devoir résister à de multiples tentations. Déterminé à ne pas faillir, le cadre voit toute sa volonté s’envoler dès qu’il fait la connaissance de sa nouvelle voisine. Un homme marié empli de doute, ridicule mais profondément attachant Récompensé en 1956 par le Golden Globe du Meilleur acteur, Tom Ewell livre une composition magistrale…

Conclusion

Note de la rédaction

Une véritable merveille de la comédie américaine, qui ridiculise avec brio une virilité stéréotypée, en partie grâce à ses deux excellents acteurs principaux.

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