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Amazing Grace : le concert miracle d’Aretha Franklin

CRITIQUE / AVIS FILM – Plus de trente ans après son tournage, le film-concert d’Aretha Franklin dans une église intimiste du quartier de Watts à Los Angeles est enfin montré à l’écran. Des années d’incertitudes qui ont finalement abouti à un véritable chef-d’œuvre bouleversant.

Parfois, le cinéma nous offre des cadeaux, uniques trésors pour les yeux (et les oreilles !), œuvres impérissables, malgré le temps et les époques. Amazing Grace, le magnifique film-concert d’Aretha Franklin (dont le format audio est à ce jour le disque le plus vendu de la Reine de la Soul), fait partie de ces films qui ont malheureusement failli ne jamais voir le jour. Mais un espoir est né, fort heureusement, la boîte de production d’Alan Elliott a récupéré près de vingt heures d’enregistrements (!), pour la plupart non montés, non synchronisés avec le son… pour au bout du compte, réussir à proposer un film éblouissant.

Nous sommes en 1972, Aretha Franklin est en pleine ascension de carrière. Mais l’heure est déjà au recueillement. Impulsée par son père, le révérend C.L Franklin, elle organise un concert en deux parties, posant ses valises dans une majestueuses église située en plein cœur du quartier de Watts, à Los Angeles. Accompagnée de la Southern California Community Choir (orchestrée par le talentueux Alexander Hamilton) et le révérend James Cleveland. Aux caméras : le cinéaste de renom Syndey Pollack et son équipe de tournage, engagés par la Warner pour filmer les deux concerts. Si le disque a été un succès retentissant, le film n’avait (jusqu’alors) enchaîné que des obstacles, lui faisant peu à peu prendre la poussière. Mais la lumière a rayonné de nouveau sur la bobine maudite. Comme ces deux concerts, alliés en un film, un miracle s’est produit.

Une grâce imparable

Amazing Grace, en plus d’être admirablement bien monté (le travail sur l’alliage du son et de l’image et tout simplement parfait) est en réalité une véritable capsule de l’époque. Celle où la religion (en musique, elle est représentée par le gospel) et la soul ne faisait plus qu’un ; ou des spectateurs / fervents se réunissaient un temps dans une bâtisse pour s’élever ensemble. La lumière, Aretha Franklin l’apporte tout à fait aisément, dès qu’elle lève la voix. Grande prêtresse, elle aborde les morceaux comme des prières fédératrices. De « What a Friend We Have in Jesus » à « Wholy Holy » de Marvin Gaye, le public se lève, frappe fort des mains et s’exclame. Pollack tente de filmer le moindre moment de grâce, alternant gros plans et plans larges sur l’ensemble de l’auditoire, qui part en transe. Au fond, on aperçoit un Mick Jagger fringant, venu assister à cet instant de légende en compagnie de sa bande. Dans un entre-deux, le père d’Aretha vient éponger le front de sa fille, muni d’un mouchoir. Aretha ne dit pas un mot ; si ce n’est son souffle et son chant, rien d’autre. Et c’est bien mieux comme cela, c’est ainsi qu’elle élabore son aura incroyable. En adoptant une posture canonique. Quelle vivacité traverse encore cet esprit jeune mais loin d’être insouciant ! Amazing Grace est une preuve irréfutable que la soul, alliée au gospel, devient alors une musique de conscience, d’engagement et d’amour.

« Nous n’étions que des musiciens avec elle. C’était Aretha et James Cleveland. Et vous, vous participez à faire ce quelque chose de grand, pour la postérité » a eu l’occasion de déclarer le bassiste du groupe accompagnant Franklin, Chuck Rainey. Aujourd’hui, l’accomplissement est tel que la musique d’Aretha Franklin demeure le principal moteur de toute la culture noire-américaine des États-Unis. Amazing Grace est une œuvre magistrale qui contribue à l’écriture sans fin de la légende de la Reine de la Soul, même huit mois après sa malheureuse disparition. Un hommage vibrant et indispensable.

 

Amazing Grace de Alan Elliott et Syndey Pollack en salle du 6 au 10 juin. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Parfois, le cinéma nous offre des cadeaux, uniques trésors pour les yeux (et les oreilles !), œuvres impérissables, malgré le temps et les époques. Amazing Grace, le magnifique film-concert d'Aretha Franklin (dont le format audio est à ce jour le disque le plus vendu de la Reine de la Soul), fait partie de ces films qui ont malheureusement failli ne jamais voir le jour. Mais un espoir est né, fort heureusement, la boîte de production d'Alan Elliott a récupéré près de vingt heures d'enregistrements (!), pour la plupart non montés, non synchronisés avec le son... pour au bout du compte,…

Conclusion

Note de la rédaction

"Amazing Grace" est un chef-d'œuvre qui contribue à l'écriture sans fin de la légende de la Reine de la Soul, même huit mois après son décès. Un hommage vibrant et indispensable. 

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