American Nightmare 4 : retour dans l’enfer de la première purge

American Nightmare 4 : retour dans l’enfer de la première purge

Après trois premiers volets efficaces et glaçants, la saga "American Nightmare" s’offre un préquel sobrement intitulé "American Nightmare 4 : Les Origines". Que vaut cette plongée dans l’enfer de la première purge ? Éléments de réponse.

On ne change pas une équipe qui gagne ! Après trois films ultra rentables au box-office (plus de 300 millions de dollars de recettes pour 22 millions de budget), Jason Blum et ses compères ont remis le couvert pour un quatrième film (et bientôt une série). Et plutôt que de mettre en place un énième long-métrage sur la nuit de purge annuelle - durant laquelle tous les crimes sont autorisés, y compris le meurtre - ils ont choisi, comme beaucoup d’autres avant eux, de mettre en scène le préquel de la saga. Comme son nom l’indique, American Nightmare 4 nous entraîne donc aux origines de la purge, à Staten Island, lors de la mise en place par le gouvernement américain de cette mesure extrême pour endiguer la criminalité et la pauvreté.

Un quatrième volet plus politique

Quand nous avons appris, il y a quelques mois, que le nouveau film de la franchise American Nightmare serait un préquel, cela nous a tout de suite enthousiasmés. Ça signifiait que nous allions enfin pouvoir comprendre comment une telle mesure avait pu être mise en place par un gouvernement dans un pays démocratique mais également comment la population avait accepté de se plier à une telle règle. Les réponses à ces questions sont données dans le premier quart d'heure du film, et laissent ensuite la place à une dimension beaucoup plus politique.

La saga American Nightmare a depuis le premier film en 2013 soulevé une interrogation passionnante : est-ce que le fait d’autoriser un déchaînement de violence extrême pendant 12 heures permettait de canaliser la haine de la population le reste de l’année ?

Hélas, les trois premiers films ne faisaient que survoler ce sujet, préférant laisser le champ libre à des séquences d’action efficaces mais sans véritablement creuser le fond.

Si ce nouveau long-métrage ne lésine pas sur l’action survitaminée, portée par quelques très belles idées de réalisation de Gerard McMurray, il n’en demeure pas moins le volet le plus philosophique et surtout le plus politique de la franchise. Écrit par James Demonaco, le « papa » de la saga, American Nightmare 4 permet de mettre en exergue les questions soulevées par les précédents films tout en s’attaquant à un sujet brûlant : le racisme visant la communauté afro-américaine aux États-Unis.

À l’instar de Get Out, les personnages de ce quatrième volet (tous afro-américains), se retrouvent en effet rapidement pris au piège d’un guet-apens ultra-violent mis en place par le nouveau gouvernement totalitaire américain. Sous couvert de la loi, c’est des néo-nazis et autres membres du KKK qui vont s’en prendre à cette population, en tentant de « purger » la ville de ses habitants. Certaines scènes, glaçantes et ultra réalistes, nous renvoient d’ailleurs directement aux rafles perpétrées par les commandos nazis lors de la seconde guerre mondiale et plongent le spectateur dans un climat d’angoisse totale.

 

American Nightmare : les origines en salles le 4 juillet. Ci-dessus la bande-annonce.

Conclusion

Note de la rédaction

Loin d’être un énième ersatz du premier volet, ce préquel d’American Nightmare vaut surtout pour sa portée politique puissante et son utilisation efficace des codes horrifiques pour mieux plonger le spectateur dans un profond sentiment de malaise. La lecture de ce quatrième volet permet également d’appréhender différemment le reste de la saga. Remuant !

Sur la bonne voie

Note spectateur : 2.45 (1 notes)