American Nightmare 5 : rien de bien nouveau dans la pénombre de la Purge

American Nightmare 5 : rien de bien nouveau dans la pénombre de la Purge

CRITIQUE / AVIS FILM - Après quatre films et une série, la licence « American Nightmare » continue de se développer. Le cinquième film de la franchise cherche à innover avec une purge qui ne se limite plus à une nuit.

American Nightmare 5 : la purge continue

Initiée en 2013 par James DeMonaco, la franchise American Nightmare n’a cessé de gagner en popularité depuis. En quatre films, la licence a rapporté plus de 456 millions de dollars de recettes au box-office. Et c’est sans compter la série dérivée de la saga cinématographique. Cette fois, James DeMonaco, qui officie toujours à l’écriture du scénario, a laissé sa place de metteur en scène à Everardo Gout. Cette nouvelle purge dévie un peu le concept des précédents films. En effet, cette fois, la purge ne s’arrête pas à une seule nuit et devient continue.

American Nightmare 5 : sans limites
American Nightmare 5 : sans limites ©Universal Studios

Ce nouvel opus de la franchise American Nightmare ne réhausse pas spécialement la qualité de la licence. Même si le film est davantage réussi que le précédent chapitre, il est à des années lumières de l’efficacité des deux premiers films. Everardo Gout reprend les poncifs classiques du genre. Mais sans pour autant les transformer, les renforcer ou les adapter à un style plus personnel.

American Nightmare 5 : sans limites rejoue la partition habituelle : violence édulcorée, courses poursuites répétitives, survival qui manque d’impact et de souffle, concept jamais totalement développé. L’intérêt de ce nouveau film ne réside finalement pas dans l’aspect esthétique et rythmique. Il se concrétise cependant à travers les thématiques abordées.

Un aspect politique relativement intéressant

Comme souvent dans la saga American Nightmare, l’intrigue du film cherche à mettre en exergue les différences entre les habitants de la belle nation américaine. Tandis que les premiers films pointaient du doigt les écarts de richesse, et que le quatrième film abordait la condition des Afro-américains, cette Purge sans limites préfère s’immiscer dans le statut des immigrés mexicains.

Une fois encore, le long-métrage cherche à mettre en lumière l’injustice du traitement des minorités sur le sol américain. Racisme, préjugés, écarts de richesse, droit au travail, Everardo Gout sonde le traitement des minorités, et plus particulièrement des Mexicains. Une prise de position intellectuelle qui fait évidemment écho à la politique de Donald Trump, la construction de son mur et plus globalement sa guerre contre les immigrés.

American Nightmare 5 : sans limites
American Nightmare 5 : sans limites ©Universal Studios

En ça, American Nightmare 5 n’est pas totalement dénué d’intérêt. Le film (et plus largement la saga) porte un regard lucide et intéressant sur le racisme, le rejet de l’autre, et la violence inhérente à chaque être humain. Dans un aspect parfois un peu crédule et naïf, l’intrigue du métrage pousse les protagonistes à mettre leurs différences de côté pour s’associer. Et ainsi rappeler que l’Amérique est plus forte quand elle se serre les coudes. Evidemment, tout ceci demeure très succin. Mais cela permet de donner, encore une fois, une dimension politique à la saga American Nightmare qui mérite d’être soulignée.

American Nightmare 5 : sans limites d'Everardo Gout, en salles le 4 août 2021. Découvrez ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces. 

 

 

 

 

 

 

 

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