MENU
Accueil > Critiques > Critiques Cinéma/VOD > Andy : il n’y a pas d’âge pour devenir un type bien

Andy : il n’y a pas d’âge pour devenir un type bien

CRITIQUE / AVIS FILM – « Andy » est une comédie réjouissante qui porte un regard original sur les drames sociétaux d’aujourd’hui. Vincent Elbaz y joue un loser de première tandis qu’Alice Taglioni se charge de l’aider en montant avec lui une arnaque réjouissante.

Dans Andy, on peut dire que son interprète, Vincent Elbaz, a pris cher ! Plus souvent habitué à des rôles de séducteur ou de costaud, il est affublé dans le film d’un petit bide, de cheveux clairsemés et de fringues nazes. Il est pourtant très crédible en Thomas, glandeur, pot de colle et loser de première. L’acteur s’est non seulement mouillé physiquement, mais il a aussi co-écrit le scénario avec le réalisateur Julien Weill et Grégory Boutboul.

Thomas est un opportuniste assumé, qui a l’habitude de squatter chez ses copines, mais se fait jeter par une ex et se retrouve à la rue. Il n’est pas présenté comme très attachant, ni vraiment attaché à aucune d’entre elles, ni même à ses parents – pourtant eux aussi en galère (excellente Brigitte Roüan en victime d’Alzheimer et Jacques Weber, fidèle à lui-même).

L’empathie du spectateur envers ce héros paumé, qu’on serait tenté de qualifier d’anti-héros, viendra plus tard. Car Andy est avant tout un film sur la transformation profonde d’un homme en errance perpétuelle, qui n’a pas trouvé son point d’ancrage. Un homme qui bascule, l’air de rien, vers un foyer de réinsertion sociale. Refusant pourtant d’être assimilé à un cas social, Thomas fait deux rencontres fondamentales dans ce foyer. Alors qu’elles sont elles-mêmes à fleur de peau, ces deux personnes vont lui rendre service, l’aider à mieux se connaître, à ne plus être aussi autocentré et à ouvrir son regard et son cœur.

Il y a d’abord Philippe (Philippe Cura), son colocataire solitaire qui ne voit plus ses enfants depuis qu’il a perdu son boulot et sa femme après un burn-out. En quelques mots très émouvants, il explique à Thomas la spirale infernale de sa descente aux enfers. Puis il y a Margaux (Alice Taglioni), qui travaille dans le foyer. Elle est cash, parfois violente, ne le calcule pas du tout. Il est impressionné, mais la réciproque n’est pas vraie. Elle n’est pas dupe de son personnage, et absolument pas sous son charme.

Comment un anti-héros peut devenir un héros ?

Andy est un mélange plutôt bien dosé entre la comédie et le drame sociétal. Le film réussit en effet à faire un pas de côté joyeux à propos de la réalité de ces gens qui souffrent. De plein pied dans l’actualité, le film donne ainsi à voir ceux qui, comme Philippe, se retrouvent si vite dans la rue, et celles qui, comme Margaux, fuient la violence conjugale. Le réalisateur parvient très bien à rendre palpables la honte de Philippe et la peur de Margaux, et leurs réactions légitimes, même si elles sont perçues comme un peu bizarres par Thomas.

Finalement, quand Thomas décide de devenir escort boy, le seul métier qui lui semble compatible avec sa flemme légendaire, c’est Philippe qui l’aide à créer son site Internet et à trouver son pseudo sexy Andy, à mi-chemin « entre Richard Gere et Hugh Grant ». Les scènes des rencontres d’Andy avec ces femmes de pouvoir et d’argent, qui choisissent et payent pour une relation sexuelle sont jubilatoires. Josiane Balasko avait déjà abordé ce sujet sous un angle autrement plus dramatique dans Cliente, dans lequel Nathalie Baye s’offrait ce genre de services. Le film donne ainsi à voir des femmes qui n’hésitent pas à le traiter comme un objet et Andy/Thomas se retrouve vite dépassé par leurs désirs exigeants qu’il ne partage pas. Sa gêne est bien mise en évidence, tout comme ce qu’il découvre sur lui-même.

Bloqué et incapable de les satisfaire, Thomas demande alors à Margaux de l’aider. L’arnaque qu’ils montent ensemble est franchement réjouissante et on rit du comique de répétition. Cette association improbable tournera court et on est un peu moins fan des propositions scénaristiques qui suivent. Mais grâce à des personnages bien campés et un binôme Elbaz-Taglioni qui fonctionne très bien, Andy est un film qui se révèle enthousiasmant et plein de bonnes surprises.

 

Andy de Julien Weill, en salle le 4 septembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Dans Andy, on peut dire que son interprète, Vincent Elbaz, a pris cher ! Plus souvent habitué à des rôles de séducteur ou de costaud, il est affublé dans le film d'un petit bide, de cheveux clairsemés et de fringues nazes. Il est pourtant très crédible en Thomas, glandeur, pot de colle et loser de première. L’acteur s’est non seulement mouillé physiquement, mais il a aussi co-écrit le scénario avec le réalisateur Julien Weill et Grégory Boutboul. Thomas est un opportuniste assumé, qui a l’habitude de squatter chez ses copines, mais se fait jeter par une ex et se retrouve…

Conclusion

Note de la Rédaction

"Andy" est une comédie sociétale réjouissante avec un binôme Vincent Elbaz - Alice Taglioni qui fonctionne très bien.

Note spectateur : 3.76 ( 4 votes)
Voir aussi
One Piece Stampede : stupéfiant !

CRITIQUE / AVIS FILM - 20 ans ! 20 ans, et il est toujours parmi nous. Alors que d'autres shonen fleuves se sont terminés n'importe comment ("Bleach", "Naruto"), ne savent pas s’arrêter ("Dragon Ball", "Saint Seiya") ou n'ont jamais vraiment atteint les espoirs placés en eux ("Fairy Tail"), "One Piece" est toujours là, en mode patron.

Exprimez vous !
Copyright © 2019 cineserie.com. Tous droits réservés. Un site E-borealis