ABONNEZ-VOUS À CINESERIES SUR FACEBOOK

Artemis Fowl : un naufrage à déconseiller aux petits et grands

Artemis Fowl : un naufrage à déconseiller aux petits et grands

CRITIQUE / AVIS FILM - Rapatrié sur la plateforme Disney+ après un réagencement du calendrier des sorties du studio, "Artemis Fowl" est désormais disponible pour les abonnés. On n'attendait pas grand chose du nouveau Kenneth Branagh jusque-là, et on a bien fait !

Les signes trompent rarement. Si chez Disney on savait qu'on avait un futur hit entre les mains, le traitement de Artemis Fowl aurait été bien différent de ce à quoi on assiste depuis des mois. Vaguement montré dans une première bande-annonce en 2018, le film s'est fait très discret, avec une phase promotionnelle réduite au strict minimum et surtout une délocalisation prévisible lorsque la crise du COVID-19 a forcé toute l'industrie à repenser son agenda des sorties. Voilà qu'Artemis Fowl termine sur la plateforme Disney+, alors qu'une distribution dans les salles était prévue à l'origine.

On aura beau essayé de nous enfumer avec des discours de façade, si le nouveau Kenneth Branagh termine sur le petit écran, c'est avant tout pour essayer de sauver les meubles et s'éviter un véritable naufrage industriel au box-office. Nous aurions aimé aborder l'exercice critique en avançant le refrain du film maudit, malmené car atypique, comme peut l'être le sous-estimé À la poursuite de demain, bide douloureux (209 millions de dollars au box-office mondial pour un budget hors-promotion de 190 millions) qui a forcément laissé des traces dans l'esprit des décideurs de chez Disney.

Artemis Fowl : un naufrage a déconseiller aux petits et grands

Il n'en sera rien, Artemis Fowl est juste un produit sans véritable âme, dont les quelques enjeux traités n'ont aucunement l'ampleur nécessaire pour captiver. Avant ce film, il y a des romans. Une saga même. Ferdia Shaw incarne Artemis Fowl junior, fils d'un célèbre criminel qui entend bien marcher sur les traces de son père. Ce dernier, récemment enlevé par des êtres magiques, est en grand danger. Notre jeune héros doit se révéler et embrasser sa destinée pour le sauver d'un complot qui implique fées, trolls et un tas d'autres bestioles sorties de contes.

Artemis Fowl assemble un beau casting... Pour rien

Si la gestion du dossier par Disney n'inspire pas confiance, on se dit qu'il doit y avoir des choses intéressantes à dénicher dans ce long-métrage pour qu'un casting aussi sympathique soit réuni. Parmi les noms les plus connus, on croise Colin FarrellJudi Dench et le héros de la maison, Josh Gad. Dresser des attentes sur la simple base de cette distribution est une grosse erreur, celle-ci se révèle être un leurre qui ne sauve pas Artemis Fowl du naufrage.

Hormis Josh Gad qui se donne avec son numéro habituel de clown, tout le monde se demande ce qu'il fait dans ce bourbier. En particulier l'expérimentée Judi Dench, qui joue à la matriarche en déblatérant des menaces toutes les deux secondes. Le minot Ferdia Shaw n'a aucune épaisseur dans son jeu, le reste des enfants veut jouer aux adultes sans avoir quoi que ce soit à défendre, et le peu présent Colin Farrell dégaine une prestation quelconque. Pas pratique avec de tels profils de se passionner pour tout ce qui se joue à l'écran. Kenneth Branagh, lui aussi, n'a pas la motivation pour trouver des idées de mise en scène dans ce marasme ambiant.

Un flagrant manque de magie

Pour un récit qui se déroule dans un monde magique, on a du mal à accéder à la moindre forme d'émerveillement. La direction artistique n'a jamais l'inventivité requise pour se forger sa propre identité. Tout suinte le déjà vu dans Artemis Fowl : le bestiaire (rien que le pauvre troll ne supporte pas la comparaison avec celui du premier Harry Potter sorti il y a 19 ans, c'est dire), les motivations des personnages, la structure de l'intrigue... Par-delà un classicisme qui ne lui confère pas un gramme de personnalité, le film réussit l'exploit d'être carrément pénible à suivre, tant le scénario ne raconte pas grand chose et le montage donne l'impression d'enchaîner les scènes par obligation plus que par conviction.

Face à ce spectacle au rabais, qui a quand même coûté plus de 100 millions de dollars (!!), on comprend que Disney ait essayé de cacher cet objet sans évidentes qualités sur sa plateforme toute neuve. Aucun adulte ne trouvera son compte dans ce récit d'initiation qui se manque intégralement pour créer la matière nécessaire à toute implication émotionnelle. Pour les enfants, le constat risque d'être le même. Un produit de 2020 qui ne tient même pas tête à ce qu'on voit depuis des années risque de ne pas susciter un fort engouement auprès d'un public jeune. Artemis Fowl avance péniblement pendant un peu plus d'1h30, nous clouant au pilori de l'ennui jusqu'à la dernière seconde.

 

Artemis Fowl de Kenneth Branagh, disponible sur Disney+ le 12 juin 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Vous pouvez toujours vous abonner à Disney+ en cliquant ici.

 

 

 

 

 

Voir aussi

Greenland : Gerard Butler et Morena Baccarin face à l’apocalypse

Greenland : Gerard Butler et Morena Baccarin face à l’apocalypse

CRITIQUE / AVIS FILM - Après le navrant « Geostorm », Gerard Butler s’essaie de nouveau au film catastrophe. Dans « Greenland - Le dernier refuge », le comédien fait équipe avec Morena Baccarin pour rejoindre un abri alors que les débris d’une comète s’écrasent aux quatre coins du globe.