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Boss Level : un hommage intelligent aux jeux vidéo par Joe Carnahan

Boss Level : un hommage intelligent aux jeux vidéo par Joe Carnahan

CRITIQUE / AVIS FILM - « Boss Level », le nouveau film de Joe Carnahan, est disponible en DVD, Blu-Ray et VOD dès ce samedi 6 mars 2021. Porté par Frank Grillo, Mel Gibson et Naomi Watts, c'est une agréable série B, qui transpose le concept de jeu vidéo avec fidélité.

Le retour de Joe Carnahan

Joe Carnahan, vous le connaissez pour des films comme Mi$e à prix, L'Agence tout risques ou encore Le Territoire des loups. Alors qu'il travaille actuellement sur le remake américain de The Raid, il vient de sortir son nouveau film : Boss Level. Pour l'occasion, il travaille avec Frank Grillo, Mel Gibson et Naomi Watts. Le long-métrage reprend le concept de Un jour sans fin en l'adaptant à l'univers des jeux vidéo. L'histoire raconte comment un vétéran des forces spéciales (Frank Grillo) revit sans cesse la même journée. Celle-ci se termine inévitablement par sa mort. Pour stopper cette incessante souffrance, il doit trouver qui est le responsable et arrêter ce phénomène étrange.

Boss Level : comment transposer le jeu vidéo à l'écran ?

Dans la lignée des films comme Edge of Tomorrow, Happy Birthdead ou le récent Palm Springs, Joe Carnahan ajoute sa pierre à l'édifice des films bloqués dans des boucles temporelles. Un genre qui s'inspire de lui-même des jeux vidéos, que Carnahan a poussé à son paroxysme. Plutôt que de faire un hommage lointain, le cinéaste décide d'aborder son œuvre comme un véritable jeu vidéo. Via une mise en scène ludique et efficace, il propose une transposition maline d'un art à l'autre.

Roy Pulver (Frank Grillo) - Boss Level
Roy Pulver (Frank Grillo) - Boss Level ©WarParty Films

Dès le générique de départ, il reprend les codes du jeu vidéo pour les mettre sur grand écran. Le vivre, mourir et recommencer est parfaitement représenté, et fonctionne à merveille. Joe Carnahan décide même de faire le compte des essais du personnage principal, avatar du spectateur, comme s'il était joué par quelqu'un d'autre. Le concept du jeu vidéo est parfaitement représenté avec des easters eggs dissimulés dans l'histoire, des niveaux à passer où le protagoniste rencontre des difficultés plus grandes. Et ce jusqu'à trouver une solution, où des petits détails restés cachés lors des premiers « games » peuvent le débloquer.

Joe Carnahan imagine son film comme un véritable jeu vidéo. Comme si Frank Grillo était lui-même le joueur de cette histoire. Son personnage finit par connaître toutes les étapes par cœur. Il passe par les sentiments différents que les gamers peuvent ressentir. Une certaine lassitude dans les mouvements qui deviennent automatiques et instinctifs, l'abandon face à un niveau trop compliqué, ou encore une rapidité d’exécution souvent confondue avec une précipitation mortelle.

Boss Level
Boss Level ©WarParty Films

Joe Carnahan pousse le concept encore plus loin. L'artiste compare les méchants, et plus globalement tous les autres personnages de l'histoire à des PNJ (personnages non joueurs) qui sont là juste pour offrir des indications, des artefacts, ou pour lui mettre des battons dans les roues. Et ce jusqu'au boss final et ses répliques pré-enregistrées. Ainsi le personnage finit par tout connaître sur le bout des doigts. Il meurt, apprend et recommence. Le niveau qui était initialement dur, devient petit à petit de plus en plus simple, au fur et à mesures des essais du joueur. Et finalement, Joe Carnahan a mieux compris le fonctionnement des jeux vidéo que la plupart des adaptations du genre.

Une série B sans prétention

Ainsi, Boss Level est un succulant mélange de Un jour sans fin pour l'aspect boucle temporelle, et un hommage appuyé aux jeux vidéo. Une œuvre relativement moderne qui pose des questions plus profondes sur l'état actuel du cinéma. Joe Carnahan, en plus de s'amuser comme un fou, pointe du doigt le manque de renouvellement des productions américaines grand public, qui calque leur schéma sur les jeux vidéo.

Boss Level
Boss Level ©WarParty Films

Un concept de niveau à passer, masqué par une pseudo histoire innovante. Ici, Joe Carnahan ne se cache pas derrière un masque et assume totalement l'aspect paresseux de son squelette narratif. Plus largement, on peut également y voir un parallèle avec notre société elle-même. Avec le quotidien parfois redondant d'un citoyen lambda, qui revit sans cesse la même journée en boucle. Il appuie ce propos avec le voyage temporel comme moyen d'effacer les erreurs passés ou les regrets pesants. Où comment recommencer sa vie, comme si on pouvait relancer un jeu vidéo justement.

Pour autant, Boss Level ne pousse pas l'analyse jusqu'au bout et demeure un divertissement finalement assez commun. Une série B sans prétention, qui ne s'embête pas avec une écriture poussée. C'est un film assez classique de Frank Grillo où ce dernier dézingue ses ennemis à tout va, comme à son habitude. Même si le cinéaste offre parfois une mise en scène ludique, notamment sur le jeu de la répétition, où en incrustant des clichés des jeux vidéo comme Scott Pilgrim avant lui, il est parfois aussi très flemmard. Notamment à travers une voix off incessante, aveu d'échec créatif pour raconter son histoire. De même les dialogues, la photographie souvent assez approximative et l'intrigue de fin du monde sont des poncifs éculés qui tirent la globalité du film vers le bas.

Boss Level, disponible en DVD à partir du 6 mars 2021. Bande-annonce ci-dessus. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

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