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Buñuel après l’âge d’or : au cœur d’un film en or

CRITIQUE / AVIS FILM – Présenté en compétition officielle au Festival du film d’animation d’Annecy, « Buñuel après l’âge d’or » est une ode à la création cinématographie. Pleine de nuances et bénéficiant d’une animation remarquable, l’oeuvre de Salvador Simó est majeure.

Le festival d’animation d’Annecy est toujours un réel moment de communion pour les cinéphiles. Alors que l’événement marque pour la 43ème fois la jolie petite ville des Alpes, un film y trouve, comme nous tous, réconfort auprès d’un public conquis. Pourtant, c’est sous une pluie fermement installée qu’a débuté le festival. Parapluie et autres habits étanches sont les plus grands alliés des festivaliers, encore plus nombreux cette année. C’est avec une toute autre météo, sous le soleil réconfortant d’Espagne que le réalisateur Salvator Simó embarque dans la salle Bonlieu, pleine à craquer. Buñuel après l’âge d’or, en compétition officielle, raconte modestement et de la plus belle des façons, l’histoire vraie de l’artiste Luis Buñuel, qui après la projection catastrophique de son long-métrage, L’Age d’Or, se retrouve fauché et déprimé. 

Paris, 1930. Tout juste un an après Un chien andalou, qui a fait connaître et re-connaître l’artiste surréaliste espagnol Luis Buñuel, le public parisien découvre son nouveau film, d’autant plus radicale et surprenant : L’Age d’Or. Objet cinématographie désormais reconnu, il raconte l’histoire de deux amants qui bravent tous les interdits, moraux et religieux sous un format mélangeant la fiction et le documentaire. Le film est reçu avec effroi, la presse est sévère et les spectateurs scandalisés. Par la pression de la société et de l’église (toutes deux encore très liées à l’époque), les portes se ferment et Buñuel se retrouve sans projet, sans argent et dans un état secondaire. C’est alors qu’il fait la rencontre d’un jeune homme qui lui offre la thèse ethnographique de Maurice Legendre, Las Jurdes : étude de géographie humainequi va bouleverser sa vie et sa carrière. Et par le plus grand des hasards, parce que la vie c’est un peu ça aussi, se voit recevoir une jolie somme d’argent pour réaliser un nouveau film. C’est ici, que le film d’animation commence.

Un film sur les films

Production et tournage, c’est avant tout ce qui marque dans le long-métrage de Simó. Car s’il désire mettre en avant l’histoire d’un artiste déchu qui retrouve une certaine forme de rédemption grâce à l’art, il réussit avec brillance la mise en scène de la création d’un film. Il n’hésite pas à montrer le réalisateur incapable de tourner sans une équipe (aussi petite qu’elle soit), n’hésite pas non plus à montrer ses doutes et ses sombres facettes (comme la cruauté animale dont il excelle d’une terrifiante manière). Car la création d’un film c’est aussi ce qu’on ne voit pas devant la caméra comme par exemple, le fait que le documentaire peut également avoir recours à une mise en scène se rapprochant, dans les grandes lignes, de la fiction. En appuyant les scènes de son film avec quelques scènes du documentaire de Buñuel dont il est question, Une terre sans pain, le réalisateur accentue le statut documentaire de son propre film. 

Grâce à sa qualité scénaristique et à ses remarquables choix d’animation, le réalisateur dirige une sorte de making-of que l’on prend réellement plaisir à voir. Toutes en nuances, avec respect mais en prenant soin d’aborder de la manière la plus juste ce sujet épineux qui pouvait, si il avait été maladroit, faire grincer les dents de plus d’un. C’est pourtant sans tomber dans une certaine facilité que le réalisateur va rendre un hommage sincère à l’artiste et au cinéma en général. Le portrait d’un homme torturé mais dont tous les actes ne sont pas à excuser, celui d’un producteur fatigué et d’une équipe de tournage un peu larguée, qui se rassemblent autour d’un même objet et d’une bonne dose d’amitié.

Ici, il n’est pas question de tomber dans une caricature en reprenant le style des surréalistes dont Buñuel, et son ami de longue date Salvador Dalí, sont des membres fondateurs. Non, ici c’est avec une animation aux couleurs soignées et aux cadrages précis qui sert aussi bien les thématiques du film qu’elle fait plaisir à contempler. C’est via ses qualités plus humanistes et la caractérisation de ses personnages, que le long-métrage sort d’autant plus grand des sujets qu’ils abordent en évitant de tomber dans les travers d’un biopic au goût amer et nettement moins intéressant.

 

Buñuel après l’âge d’or de Salvator Simó, en salles le 19 juin 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Le festival d'animation d'Annecy est toujours un réel moment de communion pour les cinéphiles. Alors que l'événement marque pour la 43ème fois la jolie petite ville des Alpes, un film y trouve, comme nous tous, réconfort auprès d'un public conquis. Pourtant, c'est sous une pluie fermement installée qu'a débuté le festival. Parapluie et autres habits étanches sont les plus grands alliés des festivaliers, encore plus nombreux cette année. C'est avec une toute autre météo, sous le soleil réconfortant d'Espagne que le réalisateur Salvator Simó embarque dans la salle Bonlieu, pleine à craquer. Buñuel après l'âge d'or, en compétition officielle, raconte…

Conclusion

Note de la rédaction

Il aurait pu être un simple biopic, pourtant "Buñuel après l'âge d'or" est un long-métrage d'animation remarquable sur la création cinématographique. Touchant et pertinent, il est une oeuvre majeure de cette édition 2019 du Festival d'Annecy.

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