Buzz l'Éclair : l'héritage impressionnant de Toy Story

Buzz l’Éclair à la rescousse !

Buzz l'Éclair : l'héritage impressionnant de Toy Story

CRITIQUE / AVIS FILM - Après quatre longs-métrages "Toy Story", le ranger Buzz est de retour dans son propre film : "Buzz l'Éclair". Réalisée par Angus MacLane l'œuvre raconte les débuts du célèbre héros de l'espace et propose une aventure épique.

Buzz l’Éclair : un spin-off intelligent

Alors que les trois derniers films de la firme, Soul, Lucaet Alerte Rouge sont tous sortis directement sur Disney+, Buzz l’Éclair signe le grand retour de Pixar au cinéma. En même temps, avec un personnage de cette carrure, difficile de faire autrement. Après les quatre films Toy Story, cette fois, Pixar s'attaque aux origines de Buzz l’Éclair. Pas de jouet ici, mais un film, dont le héros est Buzz. En effet, le studio présente ce spin-off comme « le film préféré d'Andy, qui a inspiré le jouet qui fera concurrence au cow-boy Woody ». Ils créent ainsi une mise en abîme inédite dans l'univers Pixar avec la proposition d'un film dans les films.

Buzz l'Eclair
Buzz l'Éclair ©Pixar

Une manière intelligente d'aborder le concept de spin-off sans offrir un énième produit visant à faire perdurer une saga. Le film est ainsi une œuvre méta, qui se référence directement à Toy Story, sans faire redite. Une manière d'aborder le cinéma par le cinéma, un peu à la manière de Ready Player OneSteven Spielberg se citait constamment, tout en se renouvelant. Un traitement qui pose une réflexion intéressante sur l'identité et l'utilité du spin-off.

Un divertissement efficace

Réalisé par Angus MacLane, Buzz l’Éclair raconte donc les aventures de Buzz, alors ranger de l'espace, qui se retrouve bloqué sur une planète hostile située à plus de 4 millions d'années lumières de la Terre. Sa mission, ramener tout le monde sein et sauf sur notre belle planète bleue. Et c'est avec une joie non dissimulée qu'on découvre Buzz l’Éclair. Un divertissement d'excellence, visuellement superbe, et ultra référencé. Rarement un film Pixar a été aussi beau.

Et heureusement que les animateurs ont peaufiné l'aspect visuel de l’œuvre puisqu'elle se place comme la proposition la plus rythmée en terme d'action. Buzz l’Éclair est justement a proprement parlé un film d'action avec des séquences véritablement impressionnantes. Une joie pour les yeux et les oreilles.

Buzz l'Eclair
Buzz l'Éclair ©Pixar

Si Toy Story se concentre sur un monde miniature, Buzz l’Éclair aborde l'immensément grand. Mais c'est en ça que, paradoxalement, les deux films se répondent. Ce qui donne tout son intérêt à Buzz l'Éclair. Après tout, les jouets dans Toy Story quittent la chambre d'Andy pour découvrir le vaste monde, qui leur paraît immense à leur échelle. Ici, c'est un peu la même chose. C'est l'aventure d'un homme qui veut aller au-delà de ses limites, au-delà de sa maison la Terre, pour découvrir un monde infini. Une manière de traiter une thématique identique via des approches diamétralement opposées.

Des références dans tous les sens

Avec un sujet comme celui-ci, Angus MacLane s'est lâché sur les références du cinéma de science-fiction. Le cinéaste emprunte chez ses aînés et n'oublie pas de rendre hommage à des grands classiques des années 1980/1990. Ainsi, les plus observateurs auront retrouvé des références évidentes à Star Wars (que ce soit les films ou les séries animées) notamment dans le traitement de l'hyperespace, à Interstellar de Christopher Nolan dans sa gestion des paradoxes temporels, au cinéma de Paul Verhoeven via Starship Troopers (lors des grandes batailles entre humains et insectoïdes) et à Total Recall (dôme au dessus de la planète), à Terminator ou encore même à Star Trek lors du dernier acte du film.

Buzz l'Eclair
Buzz l'Éclair ©Pixar

Mais si le cinéaste cite d'autres films, il ne copie jamais (sauf pour Interstellar). Il utilise les bases du genre pour créer son propre univers de science-fiction. Dans cette logique, par exemple, Star Wars est donc dérivé, voir même parfois gentiment moqué, notamment dans l'utilisation des droïdes.

Un léger manque d'émotion

Mais si Buzz l’Éclair est une proposition visuelle forte, le film manque parfois d'émotion. C'est d'ailleurs ce qui pèche dans les derniers Pixar. Depuis Coco, la firme peine à retrouver sa puissance émotionnelle d'antan. Si Soul et Luca ne sont pas dénués de ressorts émotionnels, les longs-métrages ne réussissent pas à emporter aussi loin dans le sentimentalisme que, par exemple, avec Toy Story 4, Vice-Versa ou encore Wall-e. Il en va de même avec Buzz l’Éclair. Le film propose quelques envolés sensibles, comme lors de la mort touchante d'un des personnages secondaires en début de film.

Mais ici encore, Pixar pèche par un excès de confiance et un manque d'originalité en reprenant le même type de montage que l'incroyable séquence d'ouverture de Là-haut. Reste que l'écriture du personnage de Buzz demeure elle aussi plutôt maligne. Le film questionne constamment son rôle, son but, sa raison d'être et sa place dans une société moderne qui évolue. Angus MacLane en fait un héros "old school", dont la mécanique est obsolète, sans pour autant en avoir conscience. Un personnage hors de son temps, bloqué dans son propre passé. Ce qui lui donne une dimension profondément touchante d'un héros perdu, mais qui ne se l'avoue pas.

Buzz l'Eclair
Buzz l'Éclair ©Pixar

Le postulat de départ du film marque encore plus ce décalage entre le vieux héros américain borné face à une société qui décide de regarder en avant, et de se donner les moyens d'évoluer. Une réflexion également méta sur l'identité même de la saga Toy Story. A savoir, le regard d'un réalisateur sur son propre studio, comme si Buzz était l'allégorie du studio Pixar lui-même, qui regarde derrière lui, et tente de s'améliorer pour aller de l'avant.

Buzz l'Éclair d'Angus MacLane, en salles le 22 juin 2022. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes annonces. 

 

 

 

 

 

 

 

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