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Ça chapitre 2 : un retour à Derry réussi dans l’ensemble

CRITIQUE / AVIS FILM – Pennywise est de retour à Derry pour terroriser le Club des Losers dans « Ça : Chapitre 2 ». Avec cette deuxième partie, Andy Muschietti montre encore tout son talent de metteur en scène créatif soumis néanmoins au gros morceau qu’est l’œuvre de Stephen King.

A l’annonce d’une nouvelle adaptation du roman de Stephen King, Ça, il y avait de quoi être sceptique. A la fois parce que la version précédente, ÇA – « Il » est revenu, jouit d’un statut culte, ayant effrayé les enfants des années 1980/1990. D’autre part, parce que cette même adaptation, en y regardant de plus près, est loin d’être un chef d’œuvre. A l’exception de la grande performance de Tim Curry en Pennywise, malsain au possible, le téléfilm (ou mini-série, c’est selon) a assez mal vieilli et fait plus cheap qu’autre chose. Pourtant, Ça a surpris tout le monde en 2017, devenant le film d’horreur le plus lucratif de tous les temps.

Là où le film d’Andy Muschietti se détache de films lambdas que peut donner le genre de l’épouvante, c’est dans le traitement de ses personnages principaux et dans leur rapport au monde adulte. A l’instar de L’Exorciste (entre autres), Ça montre un monde adulte qui fait défaut pour les jeunes du Club des Losers, incapable d’assurer son rôle de parent et aussi angoissant que Pennywise.

L’adulte face aux traumas du passé

Deux ans après, Ça : chapitre 2 arrive donc avec cette fois beaucoup (trop ?) d’attente, tant la qualité était au rendez-vous dans le premier. Vingt-sept ans ont passé. Bill est devenu un romancier dont le livre est adapté par la Warner et Peter Bogdanovich – un sympathique clin d’œil, tout comme le sont ceux fait à Shining ou The Thing dans le film. Richie est lui humoriste, tandis qu’Eddie a fini dans la finance. Et alors que Ben est devenu riche et séduisant, Bev a épousé un homme célèbre. Bien qu’Andy Muschietti fasse le choix de ne pas trop approfondir cela (dommage), on comprend évidemment que leur vie est loin d’être réussie et emplie de bonheur.

Critique Ça chapitre 2 : un retour à Derry réussi dans l’ensemble

Surtout pour Mike, resté vivre à Derry pour percer le mystère de Pennywise, et qui décide d’appeler son ancien groupe. Car le clown est de retour et s’en prend à une nouvelle génération d’enfants. La réunion des Losers fait alors renaître des souvenirs enfouis. Mais là où le film est à nouveau pertinent, c’est dans ce sous-texte qui se développe tout du long. On assiste à une reconstruction d’un groupe d’adultes qui n’ont jamais pu enterrer leur passé, et donc soigner leurs névroses. A Derry, il leur faut faire un travail de mémoire, reconstituer des souvenirs d’enfance pour affronter leurs traumas. Des souvenirs qui pointent également la nostalgie qu’on a en grandissant.

Dès lors, Ça : chapitre 2 dévoile ce qui s’est passé lors de l’ellipse du premier film. Lorsque durant l’été, après la blessure au bras d’Eddie, le groupe s’est séparé avant de se réunir pour affronter Pennywise. Ce dernier, toujours grâce à Bill Skarsgård (parfait), reste encore un point fort du film, provoquant terreur et étrange drôlerie.

Critique Ça chapitre 2 : un retour à Derry réussi dans l’ensemble

On retrouve ainsi avec plaisir les jeunes du premier film. Sauf que leur présence géniale provoque dans le même temps un attachement difficile pour les adultes. Presque paradoxalement, se sont les acteurs « moins célèbres » Bill Hader et James Ransone qui parviennent le mieux à se fondre dans la peau de Richie et Eddie, reproduisant parfaitement les fortes personnalités et mimiques de Finn Wolfhard et Jack Dylan Grazer. A l’inverse, James McAvoy (correct mais qui rappelle trop Split) peine à se détacher de sa propre image, tandis que Jessica Chastain s’avère très en-dessous du naturel de Sophia Lillias (Bev).

Trois longues heures de tension

De plus, le grand nombre de personnages que Muschietti doit traiter de manière égale (plus ou moins), rend le rythme de Ça : chapitre 2 parfois laborieux. Et il faut bien admettre que certaines scènes n’ont pas de réel intérêt scénaristique – comme la rencontre entre Pennywise et une petite fille sous des gradins, superbe, mais inutile au récit – rallongeant un film long de 2h50.

Critique Ça chapitre 2 : un retour à Derry réussi dans l’ensemble

Heureusement alors que le cinéaste argentin est encore là pour diriger l’ensemble. Sa personnalité et sa créativité permettent de mettre sous tension durant la quasi-totalité du long-métrage. Certes, il ne s’agit ni plus ni moins qu’une succession de scènes d’épouvante, avec des jumpscares qu’on peut facilement deviner. Mais ces derniers sont tellement prenants, visuellement sublimes et fascinants, qu’on ne peut que soutenir la démarche.

Enfin, si la première partie adoptait le fantastique de manière presque intimiste, jusqu’à la scène de fin qui dévoilait une créature plus imposante mais toujours à hauteur d’enfant, la seconde frôle la surenchère. Une séquence dans le restaurant chinois frôle le grotesque tandis que l’explication des origines de Pennywise aurait pu ne pas donner lieu à une scène hallucinatoire grandiloquente. Et si le caractère spectaculaire du final est certes amplement justifié, il reste le moins intéressant du film. Des passages obligés liés à l’œuvre d’origine. Ça : chapitre 2 rappelle en cela toute la difficulté à adapter Stephen King en restant fidèle au possible (Shining s’était intelligemment écarté du roman). Moins excellent que sa première partie, notamment dans l’empathie, il reste malgré tout largement au-dessus des productions du moment en tant que divertissement intelligent et maîtrisé.

 

Ça : chapitre 2 d’Andy Muschietti, en salle le 11 septembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

A l’annonce d’une nouvelle adaptation du roman de Stephen King, Ça, il y avait de quoi être sceptique. A la fois parce que la version précédente, ÇA - « Il » est revenu, jouit d’un statut culte, ayant effrayé les enfants des années 1980/1990. D’autre part, parce que cette même adaptation, en y regardant de plus près, est loin d’être un chef d’œuvre. A l’exception de la grande performance de Tim Curry en Pennywise, malsain au possible, le téléfilm (ou mini-série, c’est selon) a assez mal vieilli et fait plus cheap qu’autre chose. Pourtant, Ça a surpris tout le monde…

Conclusion

Note de la rédaction

"Ça : chapitre 2" regorge d'idées visuelles originales et de moments grandioses portés par l'excellent Bill Skarsgård. Mais contrairement au premier film, l'ensemble reste moins digeste et touchant.

Note spectateur : 3.59 ( 8 notes)
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