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Casse-noisette et les quatre royaumes : une friandise mièvre

CRITIQUE FILM – « Casse-noisette et les quatre royaumes » voit une jeune fille partir en quête d’une clé qui lui permettra d’ouvrir le cadeau de sa défunte mère, et se retrouve embarquée dans un Royaume merveilleux. Inspiré du célèbre ballet de Tchaïkovski, le film de Disney avait sur le papier tout du parfait film de Noël avant l’heure.

Voilà un moment que Disney a décidé de ressortir ses œuvres les plus mythiques et de les rajeunir à coup de live action. Les Livre de la jungle, La Belle et la Bête et autres Cendrillon (et prochainement Aladdin) ont récemment eu droit à leur nouvelle adaptation. Des films tournés en prises de vues réelles, grâce aux nouvelles technologies qui permettent à ces univers fantastiques d’être reproduits au mieux. On peut néanmoins se questionner sur la véritable utilité de ces nouveaux films. Pour Disney, est-ce autre chose qu’un moyen d’engranger toujours plus de billets verts en rameutant le public adulte, connaisseurs des dessins animés, et une nouvelle génération qui ne les aurait pas vus ? A croire que l’enfant moderne serait désormais incapable d’apprécier ces classiques avec leurs “vieux” dessins.

Dans le cadre de ces adaptations live, Casse-noisette et les quatre royaumes apparaît, sur le papier, comme l’un des plus pertinents. En effet, ni le célèbre ballet de Piotr Ilitch Tchaïkovski, ni le conte d’Ernst Theodor Amadeus Hoffmann n’ont donné lieu à une adaptation par Disney. Fantasia, en 1940, se composait de plusieurs œuvres musicales, parmi lesquelles un extrait de Casse-noisette. La promesse donc d’un film original et merveilleux, parfait pour les fêtes de Noël ? Et bien, pas tout à fait. La place donnée au film, un mois avant Noël pour laisser au Retour de Mary Poppins la meilleure position durant les fêtes, pouvait déjà laisser présager d’un manque d’ambition et de confiance de Disney à son sujet.

L’ambition, c’est bien le principale reproche qu’on pourrait faire à Casse-noisette et les quatre royaumes, qui s’enfonce malheureusement trop souvent dans des banalités. Ce n’est pourtant pas faute de vouloir proposer quelque chose de la part des deux réalisateurs, Lasse Hallström et Joe Johnston. Dès l’introduction du film, ils nous baladent à vol d’oiseau de manière vertigineuse jusque dans la maison de Clara. La jeune fille, encore marquée par le décès de sa mère, se retrouvera lors de la fête annuelle de Noël, organisée chez son parrain, embarquée dans une aventure incroyable. Suivant un fil supposé la mener à une clé qui lui permettra d’ouvrir le dernier présent de sa mère, elle fait finalement la rencontre d’un soldat nommé Phillip, qui la conduira jusqu’aux Trois Royaumes, un monde féerique qui subit la tyrannie de Mère Gingembre, à la tête du quatrième Royaume.

Du déjà vu mal enrobé

Cette histoire enfantine au possible, mêlée à un visuel tout aussi inoffensif, rappellera à certains les adaptations du Monde de Narnia… Mais à la manière d’une grosse sucrerie en toc. Plutôt que de chercher un semblant de modernité, visuellement ou par l’écriture des personnages, Casse-noisette et les quatre royaumes reproduit un schéma usé et devenu prévisible. Bien dommage car, encore une fois, on sent bien un certain potentiel de la part des cinéastes. Deux scènes parviendront à capter l’attention. D’abord, un ballet qui permet à la fée Dragée (Keira Knightley) de raconter l’histoire de leur royaume et la guerre qui les oppose aux rats et à Mère Gingembre. Une scène à part, comme une parenthèse au sein du film pour rendre hommage à l’œuvre adaptée et au ballet en général. Les incessantes interventions de la fée Dragée viennent malheureusement entre-couper ce passage, au lieu de laisser parler l’image, comme un symbole de la mécanique de Disney qui laisse peu de place à l’expression.

L’autre séquence voit les soldats de Mère Gingembre s’attaquer à Clara. Des espèces de poupées russes bien étranges qui rappellent, par leurs costumes, la famille de freaks qui accompagnait le Pinguouin dans Batman, le défi. Une référence pas anodine. Car à la vue du film et de l’imaginaire enfoui, on peut se demander ce qu’aurait pu donner cette adaptation entre les mains d’un auteur avec une personnalité comme Tim Burton, du temps d’Edward aux mains d’argent. À la place, les deux réalisateurs ne pouvant développer correctement leur imaginaire prêt à vriller vers le fantastique cauchemardesque, restent, au mieux, classique pour mettre en image un scénario gentillet, pourtant prometteur en se construisant autour du deuil. On retiendra tout de même la jeune Mackenzie Foy (déjà excellente dans Interstellar), qui parvient ici à s’en sortir plutôt bien. On n’en dira pas tant de Keira Knightley, dont le surjeu perpétuel devient vite insupportable. Cette absence totale d’harmonie entre les deux comédiennes est alors révélatrice d’un film bâtard et indécis, même sur son public visé.

 

Casse-noisette et les quatre royaumes de Lasse Hallström et Joe Johnston, en salle le 28 novembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Voilà un moment que Disney a décidé de ressortir ses œuvres les plus mythiques et de les rajeunir à coup de live action. Les Livre de la jungle, La Belle et la Bête et autres Cendrillon (et prochainement Aladdin) ont récemment eu droit à leur nouvelle adaptation. Des films tournés en prises de vues réelles, grâce aux nouvelles technologies qui permettent à ces univers fantastiques d’être reproduits au mieux. On peut néanmoins se questionner sur la véritable utilité de ces nouveaux films. Pour Disney, est-ce autre chose qu'un moyen d’engranger toujours plus de billets verts en rameutant le public adulte,…

Conclusion

Note de la rédaction

"Casse-noisette et les quatre royaumes" livre un scénario assez convenu qui aurait pu convenir à un public très jeune sans les bizarreries visuelles qui l'accompagnent.

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