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Child’s Play : quand Chucky devient une marionnette du système

CRITIQUE / AVIS FILM – Après sept films, Chucky, la poupée démoniaque est de retour dans un tout nouvel opus. Réalisé par Lars Klevberg, ce huitième épisode intitulé « Child’s Play : La Poupée du Mal » repart du début, oublie tous les précédents opus, pour lui offrir une nouvelle origin story.

La saga se fait une nouvelle peau en repartant du début. Au revoir la version démoniaque du tueur en série qui se réincarne dans la poupée Chucky, cette fois-ci il s’agit d’un concept d’intelligence artificielle défaillante, à la manière de Black Mirror. Cette fois, la poupée est un objet marketing d’une compagnie hégémonique d’appareils intelligents et connectés. La poupée, en plus d’être un simple jouet, est connectée à tous les appareils électroniques de la maison : thermostat, voiture, télévision, caméras de surveillance, etc… De quoi offrir plus de pouvoirs au culte Chucky.

Une série B comique qui s’assume

Il faut dire qu’à part le tout premier opus, Jeu d’Enfant, sorti en 1989, la saga Chucky a eu son lot de navets. Mais les producteurs hollywoodiens n’abandonnent pas en tentant une nouvelle approche, celle de l’intelligence artificielle. On était clairement sceptique face à ce concept qui tente vainement de surfer sur les productions d’anticipation très en vogues en ce moment. Heureusement Lars Klevberg est suffisamment malin pour jouer la carte de l’autodérision totale. Child’s Play est un film comico-horrifique qui assure son parti pris décalé et flegmatique, qui préfère éviter de s’embêter avec de la cohérence et des explications à rallonge. Exemple parfait quand le jeune Andy cherche à nommer sa poupée et que celle-ci répond s’appeler Chucky, sans aucune explication. Mais la manière dont les facilités sont abordées permet de les tourner en une autodérision souvent très drôle. Tout est assumé, même les nombreuses bêtises, même les facilités scénaristiques, même les mauvaises blagues, même les incohérences. Et c’est finalement ce qui donne son attrait particulier au métrage.

Parce que ce nouveau Chucky fait beaucoup plus rire qu’il ne fait peur. Lars Klevberg capitalise sur le comique gore, sur le langage grossier, plutôt que de tenter encore de faire peur à un public averti avec des ressorts horrifiques éculés. La poupée ne fait plus peur depuis bien longtemps, et la production a raison d’exploiter le potentiel comique de celle-ci. Pour l’épouvante, tournez-vous vers Annabelle. Et finalement, la plupart des blagues et situations comiques fonctionnent, quelques répliques sont parfaitement rythmées, et les séquences gores sont de petites pépites jouissives pour les amateurs d’hémoglobine. Malheureusement ce genre de concept trouve très vite sa limite et finit par se mordre la queue.

Une autodérision qui a sa propre limite

Parce qu’à force de tout miser sur la comédie, les quelques passages qui se veulent relativement inquiétants tombent à plat. De par sa vocation à n’être qu’une comédie, Chucky y trouve sa propre limite. Il ne peut dépasser son statut de clown pour redevenir la figure inquiétante et culte du premier film. La volonté d’en faire une marionnette d’une grande entreprise n’est pas dénuée de sens, notamment dans sa critique sociale, mais perd l’attrait mystérieux et fantastique du personnage. Finis les trips démoniaques, cette fois Chucky est une analyse d’une société où les clients sont lobotomisés, aveuglés par le désir de consommation, engraissés par une assistance toujours omniprésente. Une génération d’assistés et de consommateurs compulsifs que Chucky doit punir. L’idée n’est pas stupide, mais l’exécution demeure évidemment très sommaire. Et au delà d’une référence perpétuelle à Toy Story, ce nouveau Chucky n’a pas énormément de choses à raconter. C’est dommage parce que certains éléments auraient pu davantage être exploités, par exemple les nouveaux pouvoirs de Chucky. Il est connecté à toute l’entreprise qui l’a créé, à tous les appareils électroniques, mais cette idée n’est jamais utilisée avec énormément d’inventivité. De même, la surdité d’Andy n’est jamais maniée comme ressort horrifique. 

Reste un casting appréciable. Aubrey Plaza est tout aussi convaincante que dans son excellente prestation dans la série Legion. Le jeune Gabriel Bateman fait le travail tandis que le policier interprété par Brian Tyree Henry est extrêmement attachant. Reste évidemment Mark Hamill, qui double le terrible Chucky, avec une once de ressemblance avec sa propre voix du Joker dans la série animée Batman, et succède avec les honneurs à l’immémoriale voix de Chucky : Brad Dourif.

 

Child’s Play de Lars Klevberg, en salle le 19 juin 2019. Ci-dessus la bande annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

La saga se fait une nouvelle peau en repartant du début. Au revoir la version démoniaque du tueur en série qui se réincarne dans la poupée Chucky, cette fois-ci il s'agit d'un concept d'intelligence artificielle défaillante, à la manière de Black Mirror. Cette fois, la poupée est un objet marketing d'une compagnie hégémonique d'appareils intelligents et connectés. La poupée, en plus d'être un simple jouet, est connectée à tous les appareils électroniques de la maison : thermostat, voiture, télévision, caméras de surveillance, etc... De quoi offrir plus de pouvoirs au culte Chucky. Une série B comique qui s'assume Il faut dire qu'à…

Conclusion

Note de la rédaction

Une série B décomplexée et pleine d'autodérision, qui ne vole pas forcément très haut, mais qui à la mérite de divertir, sans prise de tête.

Note spectateur : Sois le premier !

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1 commentaire

  1. Rien de tel que l ancienne version celle ci est nulle

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