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Creed II : un uppercut bien trop classique pour mettre KO

CRITIQUE FILM – Adonis Creed est de retour dans « Creed II », une suite au premier spin-off de la saga Rocky sorti en 2015. Steven Caple Jr met en scène Michael B Jordan, Tessa Thompson, Sylvester Stallone et Dolph Lundgren dans une histoire de vengeance à la « Rocky 4 » ?

Steven Caple Jr succède à Ryan Coogler à la réalisation de Creed. Après un premier opus, L’Héritage de Rocky Balboa très apprécié par les critiques professionnelles et les spectateurs, Michael B Jordan est de retour dans la peau du boxeur Adonis Creed, fils d’Apollo Creed, ennemi, puis ami de Rocky. Bref après 6 Rocky et un Creed, la franchise de Sylvester Stallone est encore portée à l’écran.

Une suite moins percutante

Contre toute attente le film s’ouvre dans l’autre camp. Steven Caple Jr introduit Viktor Drago (Florian Munteanu) dès le départ comme grand antagoniste du héros. Une pirouette pour remettre sur le devant de la scène Ivan Drago (Dolph Lundgren), le meurtrier d’Apollo dans Rocky 4. L’heure est à la vengeance dès deux côtés du globe… S’en suit une rapide introduction sur Adonis Creed, devenu grand champion catégorie poids lourd. Plus rien ne lui résiste. Il commence à devenir trop confiant, jusqu’à sa rencontre avec le responsable de la mort de son père. Bref un contexte classique qui ne permettra pas à Creed II de totalement décoller.

La réalisation de Steven Caple Jr est léchée et relativement réussie, mais manque d’une certaine folie nécessaire pour totalement donner vie à des combats de boxe. Très académique, Creed II est un film déjà vu cent fois. Avec un manque criant d’originalité Steven Caple Jr ne parvient pas à dépasser le stade de la simple suite usuelle. Elle ne parvient pas à s’affranchir de ses prédécesseurs et restera nécessairement dans l’ombre de ces derniers.

Les péripéties sont toutes relativement attendues et ne procurent pas le renouvellement suffisant. Creed II repose sur un schéma vu et revu : le héros chute à cause de son arrogance, il doit se tourner vers son mentor pour apprendre l’humilité nécessaire pour l’emporter sur son némésis. Qui de mieux comme double maléfique que le fils du meurtrier de son père ? Bref rien de bien étonnant donc dans ce modèle qui commence à sentir le réchauffé. Reste des combats de boxe sympathiques, une maîtrise certaine du divertissement calibré et un casting très convaincant.

Une franchise qui doit évoluer pour continuer d’exister

Creed – L’Héritage de Rocky Balboa était une suite/spin-off particulièrement percutante. Déjà parce que les spectateurs ne s’attendaient pas à découvrir une œuvre aussi réussie. La mise en scène de Ryan Coogler était très dynamique, offrait des séquences percutantes portées par un souffle héroïque imposant. Les notions d’héritage, de respect et de transmission étaient au cœur du discours, ce qui permettait à Sylvester Stallone d’être extrêmement touchant dans sa peau de vieux boxeur fatigué.

Creed II tente de surfer sur la réussite inattendue de ce premier opus. Mais le personnage campé par Michael B Jordan est moins saisissant. Plus sage, il n’y a pas son évolution psychologique et physique du premier film. De même Stallone, nommé pour l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle pour le précédent Creed, rejoue la même partition, avec moins d’entrain. Peut-être est-ce la direction artistique, ou simplement que Stallone s’empêtre dans une représentation vieillissante de Rocky, qui, après Rocky Balboa et Creed commence à s’user (sans compter la blague Match Retour)…

La notion d’héritage est encore bien présente, mais reste également sur la même longueur d’onde que le premier opus avec moins de légitimité et d’intérêt. Adonis cherche encore sa place quelque part entre Rocky et Apollo, et son combat contre le fils Drago doit l’aider à y voir clair. On retrouve donc ainsi la même situation que dans Rocky 4. Steven Caple Jr laisse souvent l’impression de donner des coups de coude appuyés à son spectateur, histoire qu’il remarque bien les références à la saga.

Creed II n’est foncièrement pas un mauvais film. C’est un divertissement calibré et efficace, pendant lequel le public ne s’ennuie (presque) pas. Et il faut reconnaître que lorsque la musique de Rocky retentit, il est difficile de rester de marbre, et c’est un euphémisme. Pour autant, peut-être les attentes étaient trop hautes, mais Creed II méritait certainement mieux que la qualification de suite, et aurait pu permettre à cette saga de réellement décoller. Alors Creed va-t-il suivre les pas de Rocky ? Affaire à suivre…

 

Creed II de Steven Caple Jr, en salle le 9 janvier 2019. Ci-dessus la bande annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Steven Caple Jr succède à Ryan Coogler à la réalisation de Creed. Après un premier opus, L'Héritage de Rocky Balboa très apprécié par les critiques professionnelles et les spectateurs, Michael B Jordan est de retour dans la peau du boxeur Adonis Creed, fils d'Apollo Creed, ennemi, puis ami de Rocky. Bref après 6 Rocky et un Creed, la franchise de Sylvester Stallone est encore portée à l'écran. Une suite moins percutante Contre toute attente le film s'ouvre dans l'autre camp. Steven Caple Jr introduit Viktor Drago (Florian Munteanu) dès le départ comme grand antagoniste du héros. Une pirouette pour remettre…

Conclusion

Note de la rédaction

"Creed II" est un divertissement efficace et sympathique qui n'atteint pourtant pas la qualité de son prédécesseur. La faute à un scénario trop réchauffé...

Note spectateur : Sois le premier !

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