MENU
Accueil > Critiques > Critiques Cinéma/VOD > 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Frances McDormand la justicière

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance : Frances McDormand la justicière

Après Colin Farrell en dépressif pour « Bons baisers de Bruges », Martin McDonagh fait de Frances McDormand une mère endeuillée bouleversante en quête de justice dans « 3 Billboards ».

Lors de sa nomination aux Golden Globes cette année, 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance apparaissait comme l’outsider face à La Forme de l’eau, et surtout The Pentagon Papers de Steven Spielberg. Le présentateur de la cérémonie, Seth Meyer, allant d’ailleurs ironiser sur la forte probabilité de voir Steven Spielberg repartir avec la quasi-totalité des prix.

Et pourtant, c’est bien le film de Martin McDonagh qui se fit le plus remarquer, s’adjugeant pas moins de quatre récompenses, et pas des moindres. Outre un prix de meilleur film dramatique, de meilleure actrice pour Frances McDormand, de meilleur acteur dans un second rôle pour Sam Rockwell, c’est bien celui du meilleur scénario qui apparaît le plus pertinent de par la maîtrise d’écriture de Martin McDonagh.

Alors que l’enquête sur le meurtre de sa fille n’avance pas, Mildred Hayes décide de louer trois panneaux publicitaires d’une route perdue de la petite ville d’Ebbing, et d’y placarder un message visant le manque d’efficacité des autorités. Un acte qui, en plus d’être un rappel de ce terrible drame, va ébranler la communauté et faire ressortir une forme de haine et de racisme générale – livrant ainsi un portrait sans concession de l’Amérique profonde.

Une quête de justice drôle et tragique

Avec un tel sujet, 3 Billboards aurait pu se concentrer sur sa part dramatique. D’autant plus avec cette héroïne, qui mène son combat face à la justice et son propre désespoir. Mais fidèle à son style, découvert avec Bons baisers de Bruges (2008) puis Sept psychopathes (2012), Martin McDonagh opte pour le mélange des genres, entre humour noir et tragédie. Le cinéaste trouve un équilibre parfait pour ne jamais basculer dans l’un plutôt que l’autre, grande force du film.

[Critique] 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance

Car si le drame est évoqué de manière brutale, et qu’il pose la question du deuil (nécessité d’avoir un coupable pour avancer), 3 Billboards ne fait pas dans le tire-larme et l’émotion facile. A l’image de la première confrontation entre Mildred et Bill Willoughby – pointé directement du doigt, car le plus haut représentant de la loi. Une scène où, justement, cette fameuse émotion est coupée court par Mildred. Celle-ci restant de marbre face à une tragédie personnelle évoquée par le shérif locale. On remarque alors que, contrairement aux précédents personnages de McDonagh (un tueur à gage déprimé et un scénariste raté qu’interprétait Colin Farrell), Mildred reste active et motivée par sa détresse intérieur.

Une succession de rebondissements

De même, la drôlerie (on parle d’un humour noir assez fin) qui ressort incontestablement du film n’est jamais cynique, ni burlesque, simplement représentative des personnages singuliers qui composent le récit et offrent ainsi des situations au naturel étonnant. Ceci étant également obtenu par le regard relativement neutre du réalisateur (dans un sens, les deux opinions qui s’opposent ont raison). Ce qui l’amène à ne pas garder de position figée sur qui que ce soit. L’exemple le plus frappant étant celui de l’officier Jason Dixon, personnage fascinant et délicat à aborder. Antipathique en tous points – idiot, raciste, homophobe et extrêmement violent – sa quête de rédemption par les flammes n’en sera que plus belle.

[Critique] 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance

De ce panel de protagonistes, Martin McDonagh parvient à dégager ce qu’il faut de profondeur chez ses personnages secondaires pour les rendre, si ce n’est attachant, tous pertinents à l’évolution du récit. Ainsi, par son écriture précise, le réalisateur évite d’être moralisateur sans pour autant omettre l’importance de la morale. A l’image de son final qui, s’il aurait pu sombrer dans une éloge de la vengeance – donc amorale -, joue d’une intelligente pirouette pour garder ses pistes ouvertes.

Surprenant de bout en bout, 3 Billboards est un enchaînement de rebondissements. Et bien aidé par sa distribution (Frances McDormand, Woody Harrelson et Sam Rockwell en tête), le film provoque indéniablement. Il apparaît alors comme l’un des films les plus marquants de ce début d’année, et le plus profond et ambitieux de son auteur.

 

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance de Martin McDonagh, en salle le 17 janvier 2017. Ci dessus la bande-annonce.

Lors de sa nomination aux Golden Globes cette année, 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance apparaissait comme l’outsider face à La Forme de l’eau, et surtout The Pentagon Papers de Steven Spielberg. Le présentateur de la cérémonie, Seth Meyer, allant d’ailleurs ironiser sur la forte probabilité de voir Steven Spielberg repartir avec la quasi-totalité des prix. Et pourtant, c’est bien le film de Martin McDonagh qui se fit le plus remarquer, s’adjugeant pas moins de quatre récompenses, et pas des moindres. Outre un prix de meilleur film dramatique, de meilleure actrice pour Frances McDormand, de meilleur acteur dans un second…

Conclusion

Note de la rédaction

Bilan très positif

Révélé avec "Bons baisers de Bruges", Martin McDonagh franchi un palier avec "3 Billboards, Les panneaux de la vengeance", gagnant en profondeur et justesse d'écriture sans jamais perdre son style singulier.

Note spectateur : 3.7 ( 1 votes)
Voir aussi
The Laundromat : les Panama Papers expliqués par Steven Soderbergh

CRITIQUE / AVIS FILM – Après son récent "High Flying Bird", qui parlait des play-off dans l'univers de la NBA, sorti également sur Netflix, Steven Soderbergh revient dans l'univers de l'économie avec "The Laundromat". Réunissant un casting imposant, le cinéaste entretien sa relation privilégiée avec la plateforme de streaming.

Exprimez vous !
Copyright © 2019 cineserie.com. Tous droits réservés. Un site E-borealis