Cruella : Disney signe une production classique mais efficace

Cruella : Disney signe une production classique mais efficace

CRITIQUE / AVIS FILM - Disney continue de dériver ses films d’animation en version live. Cette fois, c’est Cruella qui fait peau neuve devant la caméra de Craig Gillespie. Pour l’occasion, c’est Emma Stone qui a été choisie pour incarner la célèbre antagoniste.

Cruella : du dessin animé au film

L’histoire des 101 Dalmatiens, tout le monde la connaît. Le film d’animation a fait le bonheur d’une ribambelle d'enfants. Dans sa volonté de faire des remakes live de ses films originaux, Disney vient de sortir Cruella. Réalisé par Craig Gillespie, le long-métrage place Emma Stone dans la peau de la célèbre antagoniste. Le reste de la distribution se compose notamment d’Emma Thompson, de Mark Strong, de Paul Walter Hauser et de Joel Fry. Ainsi, 25 ans après Les 101 Dalmatiens de Stephen Herek, Emma Stone succède à Glenn Close dans les habits de la terrifiante Cruella.

Cruella (Emma Stone) - Cruella
Cruella (Emma Stone) - Cruella ©Disney

Craig Gillespie est ainsi chargé de raconter les origines de Cruella, quand celle-ci était encore la jeune Estella. Le cinéaste, à qui l’on doit notamment Moi, Tonya et The Finest Hours, joue la carte de la sécurité, en offrant un prequel extrêmement classique, et qui manque d’originalité. En effet, même si le long-métrage demeure efficace, le prisme choisi ne sort pas des carcans habituels imposés par Disney. Craig Gillespie applique le schéma classique de Disney : une enfant dysfonctionnelle, qui perd ses parents, et doit se débrouiller par elle-même.

Une esthétique intéressante

Heureusement, l’arrivée d’Emma Stone relance le film. Craig Gillespie prend finalement son rythme de croisière, et présente le destin d’une anti-héroïne intéressante, façon Oliver Twist version machiavélique. Le metteur en scène signe en tout cas une esthétique étonnante et assez personnelle. Puisqu’il s’immisce dans le monde de la mode, il en profite pour offrir des décors absolument superbes, des costumes magnifiques, et une grandiosité de tous les instants.

Contre toute attente, Craig Gillespie propose une mise en scène soignée, presque théâtrale, qui n’hésite pas à user d’effets pyrotechniques brillants pour matérialiser les mauvais coups de Cruella. Les duels vestimentaires des deux protagonistes sont ainsi éclatants de beauté.

Cruella
Cruella ©Disney

Cruella doit également beaucoup à la présence d’Emma Thompson. Cette dernière est impeccable dans le rôle de l’antagoniste. Toujours très juste dans son interprétation, elle respire le charisme et s’impose à l’écran comme une antagoniste convaincante, mais qui rappelle cependant trop la Cruella originelle. Craig Gillespie prend le parti pris un peu décevant de créer un double de notre future grande méchante. En tout cas, la comédienne vole même la vedette à Emma Stone, qui surjoue quelque peu, et ne parvient pas à être totalement convaincante dans la peau de l’héroïne. Cette dernière rappelle parfois l’extravagance superficielle de Margot Robbie dans la peau de Harley Quinn.

Mais la recette Disney est bien huilée. Les connexions avec les autres films sont comme toujours habiles, et brossent les spectateurs dans le sens du poil. Cruella est en cela un long-métrage très codifié. Disney troque les cigarettes et les mentaux en fourrure de Glenn Close, pour un personnage davantage formaté, et qui partage surtout beaucoup moins de folie. Cela devient alors difficile de s'attacher à la protagoniste. Difficile aussi de croire à cette histoire, qui offre une pâle copie de la grande Cruella. Film parfois tape à l'œil, et pas toujours indispensable, on se demande encore quel est le réel intérêt d'un tel prequel, si ce n'est d'aseptiser une grande figure de la pop culture. C'est surtout un film à la gloire d'Emma Stone, qui tente de rendre à Cruella sa splendeur démoniaque passée.

 

Cruella de Craig Gillespie, en salle le 23 juin 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Découvrez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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