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Deadpool 2 : le retour efficace du mercenaire en collants rouges

Deadpool 2 : le retour efficace du mercenaire en collants rouges

CRITIQUE FILM - Avec "Deadpool 2" de David Leitch, l'anti-héros fait un retour divertissant et sympathique mais qui manque de renouvellement.

Après un premier opus très réussi, réalisé par Tim Miller, le deuxième épisode sort dans nos salles ce mercredi. Réalisé par David Leitch, issu du duo derrière John Wick, Deadpool 2 est très attendu par les fans grâce à son côté irrévérencieux et sa volonté de casser les codes du genre super héroïque en promettant des films classés R (interdits aux moins de 16 ans aux Etats-Unis NDLR).

Bien évidemment Ryan Reynolds est de retour sous le masque du mercenaire en collant, Brianna Hildebrand revient dans la peau de la jeune Negasonic, T.J. Miller, Morena Baccarin, et Stefan Kapicic en Colossus sont également tous de retour. Même Karan Soni revient dans les traits de Dopinder, le fidèle conducteur de taxi du mercenaire. La grande nouveauté c'est l'introduction de Cable sous les traits de Josh Brolin et de Domino interprétée par Zazie Beetz.

Cette suite est dans la droite lignée du premier opus : des vannes à gogo, des références par dizaines et de l'action sans arrêt.

Un début très timide, bavard, qui manque cruellement de souffle

Après les premières scènes, immensément satisfaisantes pour le spectateur, qui retrouve la folie du personnage, la première partie est étonnamment très timide. Le gros souci du premier opus, c'était les flash-backs incessants, pas franchement originaux, qui venaient interrompre l'action pour expliquer le background du personnage. Des passages ultra classiques qui parasitaient les séquences sur le pont, absolument jouissives. Avec cette suite, plus besoin d'explications, plus besoin de flashbacks, 100% de Deadpool était annoncé. Du rythme, des vannes et du sang, c'est à peu près tout ce que l'on demandait. Le spectateur sera servi, mais uniquement dans la seconde partie du film. Avant l'arrivée de Cable, que Josh Brolin interprète à merveille, Deadpool 2 se traîne.


Dès le début on sent que le film réchauffe les surprises du premier opus à l'image du générique, qui reprend les mêmes critères que celui du premier : les noms sont remplacés par des qualificatifs absurdes. Pour autant, celui-ci innove néanmoins en parodiant l’esthétique des génériques des films James Bond. Du blabla incessant, une romance à l'eau de rose, et un manque cruel d'action décrédibilisent notre irrévérencieux Deadpool. Ce dernier est trop sage, trop gentil pour réellement correspondre au personnage papier imaginé par Rob Liefeld. Deadpool mène sa petite vie de couple et rencontre de nouveau Negasonic et Colossus, qui veulent faire de lui un X-Man. Des séquences qui introduisent l'intrigue, et les nouveaux personnages, mais qui manquent cruellement de fun. Deadpool va au manoir Xavier, ce qui permet un caméo hilarant, mais rien de plus. Puis Deadpool tente d'être un X-Man, très rapidement, avant de finir sa course en prison mutante. Un lieu propice à des apparitions, mais qui restera juste un décor lambda, et ce, jusqu'à l'arrivée de Cable. Pendant toute cette première partie Deadpool s’essouffle, ressasse ses vieilles vannes, et manque d'action. Le spectateur en vient presque à s'ennuyer. Le montage est superficiel, les actions anodines, et le scénario passablement lambda.

Jusqu'à l'arrivée de Cable

Heureusement Cable débarque et fait du bien. Josh Brolin est imperturbable dans son personnage, charismatique et attachant. Un Cable qui apporte un nouveau souffle que ce soit dans l'intrigue ou dans le traitement. L'histoire prend son sens, même si elle reste relativement commune, cela suffit à relancer l'intérêt du spectateur. L'action repart enfin avec son arrivée, notamment au travers d'une superbe séquence d'action avec Domino, et l'introduction surprise d'un nouveau mutant. La séquence en pleine ville est réussie, rythmée et sans concession quant aux choix entrepris, notamment dans le traitement de la violence. L'action est rythmée, bien gérée et permet quelques belles visions gores, notamment grâce au retour d'un mutant déjà introduit dans les précédents opus de la saga X-Men. Le sang coule à flot et les vannes redeviennent efficaces grâce à des références multiples au Marvel Cinematic Universe, à DC, ou à n'importe quelle oeuvre issue de la pop culture. Deadpool s'auto référence également.


Domino est également un point fort du long métrage. Presque sous employée, Zazie Beetz est remarquable. Domino est parfaitement introduite, et méritait plus de scènes à son effigie. Quant à la X-Force... et bien on vous laissera la surprise. Mais l'approche est hilarante et pleine d'auto dérision. Enfin, la conclusion est relativement décevante. David Leitch va au bout de son "je m'en foutisme". Rien à battre, Deadpool c'est de l'auto dérision, on casse le quatrième mur et f*** la logique. Certes. Et c'est même la grande force de la saga. Pour autant, certains ressorts scénaristiques méritent un peu plus de sérieux pour fonctionner. C'est notamment le cas du final, très bancal, ou l'essence du personnage est remplacée par une pirouette héroïque très illogique. La manière dont c'est amené, l'exécution et la faiblesse scénaristique gâchent totalement le final de Deadpool 2, qui passe plus pour une comédie familiale que pour un véritable Deadpool. Un manque cruel de logique et de crédibilité, en tout point, vient totalement bâcler le final de Deadpool 2. On vous conseille également de rester pour la scène post générique, tout simplement géniale !

Finalement Deadpool 2 est un divertissement agréable et fun, souvent drôle, et qui réserve quelques surprises. Pour autant, on en attendait quand même plus de la part du personnage Marvel le plus décérébré de l'univers.

 

Deadpool 2 de David Leitch, en salle le 16 mai 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

 

 

 

 

 

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