Doctor Strange in the Multiverse of Madness : tentative semi-horrifique de Marvel

Entre suite et origin story

Doctor Strange in the Multiverse of Madness : tentative semi-horrifique de Marvel

CRITIQUE / AVIS FILM - Sam Raimi amène un petit plus horrifique appréciable dans un "Doctor Strange in the Multiverse of Madness" plus sombre et violent que les habituelles productions Marvel.

Doctor Strange 2 : l’après Spider-Man et WandaVision

Doctor Strange in the Multiverse of Madness arrive six ans après Doctor Strange (2016). Entre temps, Marvel ne s’est pas reposé sur ses lauriers, bien au contraire. La phase III du MCU (Marvel Cinematic Universe) s’est refermée avec Spider-Man : Far From Home (2019), et ce Doctor Strange 2 se place comme le cinquième film de la phase IV. Surtout, il sort après Spider-Man : No Way Home, durant lequel Peter Parker et le Sorcier ont découvert le multivers.

Pour la faire simple, le film a fait intervenir des personnages d’autres univers cinématographiques : les Peter Parker de Tobey Maguire et Andrew Garfield et les ennemis qu’ils ont affrontés dans leurs longs-métrages respectifs. À la fin, Strange renvoyait tous les protagonistes dans leurs mondes, non pas sans conséquences. Les vilains des autres univers sont devenus gentils, mais le Peter Parker de Tom Holland n’est plus connu de personne. Mais alors qu'on s'attendait à ce que le chaos annoncé de Doctor Strange 2 en soit la conséquence directe, le nouveau film Marvel est en fait davantage lié à la série WandaVision.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness
Doctor Strange in the Multiverse of Madness ©Marvel Studios

Bien qu'on évitera de trop en divulguer sur l'intrigue du long-métrage, on peut dire que Strange (Benedict Cumberbatch) se retrouve une fois de plus impliqué dans une histoire de multivers avec Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen) et un nouveau visage, celui d'America Chavez (Xochitl Gomez), capable de passer d'un univers à l'autre.

Une première partie classique

À partir de là, on se disait que Sam Raimi pouvait tenter quelques folies. D’ailleurs, on nous vendait presque Doctor Strange 2 comme un film d’horreur. En cela il est intéressant de faire revenir le cinéaste dans le genre super-héroïque - après sa trilogie Spider-Man avec Tobey Maguire. Car n’oublions pas son travail dans le cinéma d’épouvante avec Evil Dead (1983) ou Jusqu’en enfer (2009). Deux œuvres auxquelles on finira par penser devant la production Marvel.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness
Doctor Strange in the Multiverse of Madness ©Marvel Studios

Bien sûr, on sait que le cahier des charges de Marvel reste strict. Le but est avant tout de construire un univers cohérent où la créativité visuelle et l’audace n’ont pas vraiment leur place. Peu importe pour les fans. Dommage pour un public plus exigeant en matière de cinéma. Dès lors, on ne s’étonne pas vraiment devant l’esthétique parfois plus que moyenne de Doctor Strange 2. Les effets spéciaux ne sont pas tous d’une grande beauté, et la mise en scène des séquences d'action laisse à désirer (surtout les deux premières). Une action souvent illisible, sans mouvement de caméra, qui ne provoquent que peu de sensations.

Avant l’horreur et la violence

Néanmoins, si la première partie reste cohérente dans le genre marvelien, Doctor Strange 2 adopte bel et bien un ton sombre dans un second temps. Rarement une production Marvel aura été aussi violente, avec notamment des morts marquantes : un crâne qui explose de l’intérieur, un protagoniste coupé en deux avec un plan sur le sang qui coule de l’arme, un autre qui finit littéralement empalé ! On s’éloigne clairement ici de l’image tout public, voire enfantine, de certains films qui ont précédé.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness ©Marvel Studios
Wanda (Elizabeth Olsen) - Doctor Strange in the Multiverse of Madness ©Marvel Studios

Sam Raimi parvient aussi à mettre en place quelques idées horrifiques surprenantes avec un zombie ou encore des esprits squelettiques angoissants. On se met même à ressentir un peu d’inquiétude lors des apparitions de la Sorcière Rouge, avec même quelques jumpscares. Cette dernière est clairement l’élément nécessaire à la réussite de Doctor Strange 2. Le charisme du personnage, sa profondeur et son esprit proche de la folie amènent une émotion certaine. Ses passages sont finalement les plus intéressants au milieu de trop nombreuses discussions anecdotiques entre les protagonistes.

Enfin, si Spider-Man : No Way Home s’est avéré trop porté (selon nous) sur le fan service, et qu’on pouvait craindre la même chose avec Doctor Strange 2, il n’en est rien. Certes, comme annoncé, on retrouve des visages bien connus et des variations de super-héros. Mais Sam Raimi évite de trop en faire. Il ne donne pas l’impression d’une accumulation de caméos et de clins d'œil. Il préfère ainsi se concentrer davantage sur America Chavez, pour qui le long-métrage fait office d’origin story. Un deux en un efficace qui, malgré des facilités scénaristiques évidentes, convainc au fil des minutes sans trop s'essouffler.

Doctor Strange in the Multiverse of Madness de Sam Raimi, en salles le 4 mai 2022. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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