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Dora et la Cité perdue : aventure familiale sans saveur

CRITIQUE / AVIS FILM – Dans « Dora et la Cité perdue », adaptation du dessin animé « Dora l’exploratrice », la jeune héroïne devient une adolescente naïve et socialement inadaptée rattrapée par le cahier des charges du film d’aventure familial simpliste au possible.

Lorsque fut annoncé le projet d’adaptation de Dora l’exploratrice, dessin animé éducatif pour les enfants, il y avait de quoi sourire. De base, le programme a souvent été moqué, notamment en raison de la manière très appuyée qu’a l’héroïne d’apprendre des choses à son audience, l’invitant à répéter des mots tout en regardant face caméra avec de grands yeux, dans l’attente d’une réponse. Comment passer de ça à une version live action pertinente ?

D’abord, Dora et la Cité perdue a choisi de représenter Dora plus âgée, en adolescente sauvage obligée par ses parents de quitter la jungle pour découvrir celle du lycée, pendant qu’eux partiront à la recherche d’une mystérieuse citée en Amérique du Sud. Ainsi, le film prend le parti de faire de Dora l’exploratrice une simple passade de l’enfance de l’héroïne, le fruit de l’imagination d’une jeune fille qui, ne pouvant se sociabiliser avec des humains de son âge, s’invente un monde dans lequel elle vit des aventures folles avec son cousin Diego, son singe babouche ou encore son sac à dos qui parle. Et donc bien sûr, la jeune enfant ne manque pas une occasion de partager ses pensées auprès d’une caméra imaginaire, au grand dam de ses parents.

Malheureusement, ce détournement sympathique du produit d’origine ne dure qu’un temps. Il aurait pourtant été osé d’insister sur le caractère socialement inadapté de Dora, d’en faire une véritable freak aux yeux de la civilisation. Au lieu de poursuivre sur l’opposition de deux mondes, et notamment sur la violence du lycée pour une personne aussi premier degré (ce qui aurait pu rappeler Lolita malgré moi), Dora et la Cité perdue bascule dans le film d’aventure familial. Mais loin d‘être ce qu’on a fait de mieux dans le genre. On n’ira pas spécialement attaquer la direction artistique assez pauvre et sans saveur, qui à défaut de faire des propositions originales, évite d’infliger une débauche d’effets numériques. La déception venant plutôt du récit paresseux qui ne fait que reprendre une trame déjà vue, mixant plus ou moins l’ensemble des aventures d’Indiana Jones en y retirant toute intensité dramatique.

Dora ne peut pas tout sauver

Kidnappée par des malfrats désireux de mettre la main sur ses parents pour trouver le trésor de la cité, Dora parvient à s’échapper, accompagnée de son cousin Diego et de deux connaissances du lycée, tous embarqués malgré eux. S’en suivra alors un parcours dans la jungle dont les dangers permettront surtout aux protagonistes de se rapprocher et de faire la paix quand ils ne se livrent pas à des blagues idiotes (des sables mouvants qui font des bruits de pets) ou à des gags prévisibles.

Il y aura bien quelques moments ici et là pour amuser par rapport au dessin animé (qui devient même une vision hallucinatoire le temps d’une scène hilarante), et il faut bien admettre que le film se sauve du naufrage grâce à son héroïne. Parfaitement campée par Isabela Moner, cette dernière est un vent de fraîcheur et son ultra-positivisme s’avère plutôt plaisant à notre époque où tout est au second degré et au cynisme. Une héroïne pleine de vie et décalée, qui provoque surtout la sympathie plutôt que la moquerie.

Sauf que le reste étant bien trop faiblard et franchement ennuyeux, difficile de voir en Dora et la Cité perdue un film pouvant convenir même aux plus jeunes. Car il serait bien dommage de prendre les enfants pour des idiots incapables d’aller au-delà des divertissements niaiseux. Nombreux sont les exemples de films qui y vont de multiples propositions tout en s’adressant à une audience en bas âge. Ici, il faut se contenter du message le plus basique possible (voir mensonger), disant qu’en restant soi-même les autres finiront par nous accepter et que tout se terminera dans la joie et la bonne humeur. Une vision idyllique qui, cumulée à un trop peu d’auto-dérision, devient forcément risible.

 

Le film Dora et la Cité perdue de James Bobin, en salle le 14 août 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Lorsque fut annoncé le projet d’adaptation de Dora l’exploratrice, dessin animé éducatif pour les enfants, il y avait de quoi sourire. De base, le programme a souvent été moqué, notamment en raison de la manière très appuyée qu’a l’héroïne d’apprendre des choses à son audience, l’invitant à répéter des mots tout en regardant face caméra avec de grands yeux, dans l’attente d’une réponse. Comment passer de ça à une version live action pertinente ? D’abord, Dora et la Cité perdue a choisi de représenter Dora plus âgée, en adolescente sauvage obligée par ses parents de quitter la jungle pour découvrir…

Conclusion

Note de la rédaction

A part pour la fraîcheur d’Isabela Moner, « Dora et la Cité perdue » n’a pas beaucoup d’intérêt. Un film d’aventure familial ennuyeux et simpliste qui ne va pas suffisamment détourner son produit d’origine.

Note spectateur : 2.89 ( 11 votes)
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