Everything Everywhere All at Once : Doctor Strange 2 peut aller se rhabiller

Un spectacle complètement fou et inédit

Everything Everywhere All at Once : Doctor Strange 2 peut aller se rhabiller

CRITIQUE / AVIS FILM : Après avoir mis en scène le sympathique « Swiss Army Man », les réalisateurs Daniel Scheinert et Daniel Kwan sont de retour avec une nouvelle dinguerie : « Everything Everywhere All at Once ». Critique d'une folie multiverselle !

Everything Everywhere All at Once : le multivers comme vous ne l'avez jamais vu

Porté par Michelle Yeoh, Everything Everywhere All at Once raconte le destin d'Evelyn Wang. Cette femme d'une cinquantaine d'années est à bout. Elle ne comprend plus sa famille, ne supporte plus son travail et croule sous les impôts et les pressions administratives. Elle se retrouve alors plongée dans les tréfonds du multivers, prête à voyager entre les univers pour découvrir certaines de ses vies alternatives. Décidément, après les récents Spider-Man : No Way Home et Doctor Strange in the Multiverse of Madness, le concept du multivers est bien à la mode ces derniers temps. Mais les deux blockbusters Marvel peuvent se rhabiller tant Everything Everywhere All at Once est une réussite totale et proprement renversante !

Everything everywhere all at once
Everything Everywhere All at Once ©A24

Les Daniels proposent une œuvre à la générosité débordante. Ils signent un film définitivement pop, qui mélange les genres avec une facilité déconcertante. C'est bien simple, Everything Everywhere All at Once est un long-métrage qui touche à tout. A la science-fiction évidemment, mais aussi à l'action, à la comédie, au drame et même à la parodie. Daniel Scheinert et Daniel Kwan proposent un mariage superbe entre ces différentes tonalités, ces différents genres, avec une facilité frappante. En ressort un cocktail délicieux et extrêmement bien rythmé. Les 2h20 du long-métrage passent ainsi en un claquement de doigts.

Un mélange de saveurs délicieux

Que ce soit l'action, l'humour ou l'émotion, chacune des dimensions du film fonctionne avec brio. Les ressorts émotionnels sont à pleurer, les vannes sont placées au bon moment et surtout au bon endroit, et enfin les scènes d'action décoiffent. Par ailleurs, difficile de rester insensible face aux questionnements de notre protagoniste. Difficile de rester de marbre devant ses regrets, ses doutes, ses désirs de faire mieux, de faire plus. Everything Everywhere All at Once, en plus d'être un grand huit visuel, aborde des thématiques universelles sur le temps qui passe, sur les regrets, sur les choix de vie et sur l'amour. L'introspection de notre héroïne est d'une puissance folle. Le récit partage ainsi un discours global pour toutes les personnes qui regardent en arrière. Des questions existentielles, qui permettront, peut-être, de trouver enfin le chemin du bonheur.

Everything Everywhere All at Once a une identité visuelle très forte. Le long-métrage mélange, là encore, les genres et les styles. Les Daniels offrent une mise en scène généreuse et impressionnante, qui emprunte à l'animation, au cinéma muet, au noir et blanc, à la comédie musicale, encore à d'autres genres. La créativité est débordante, et emmène ainsi l’assistance dans des mondes splendides. Et en ressort alors une œuvre qui porte un regard brillant sur le concept des vies parallèles.

Everything everywhere all at once
Everything Everywhere All at Once ©A24

Les Daniels n'hésitent pas à citer leurs aînés. La saga Matrixest souvent mentionnée, tant les films des Wachowski sont une référence dans le traitement des mondes cachés. Les deux cinéastes s'inspirent également de l'excellent Mr Nobody, qui est sans doute un des plus grands classiques en ce qui concerne les vies parallèles et les choix qui définissent notre existence. Les autres références sont nombreuses et variées, et on peut même déceler un discret hommage à The Mask quand Joy combat, avec ses pouvoirs délirants, une horde de policiers innocents qui tentent de l'arrêter.

Le film se place parfois volontairement dans le registre de la parodie (on a quand même un donut géant qui menace l'univers et des doigts en forme de saucisses). Mais cette volonté de partir en vrille pour représenter la folie du multivers ne détonne jamais avec le reste du film. C'est même un moyen de démarquer l’œuvre. Le long-métrage n'a peur de rien, ne doute de rien, et transporte son public dans un voyage halluciné qui va faire rire, pleurer et surtout impressionner.

Everything Everywhere All at Once de Daniel Scheinert et Daniel Kwan au cinéma dès le 31 août 2022. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes annonces. 

 

 

 

 

 

 

 

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