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Far From Home : retour classique et divertissant pour Spider-Man

CRITIQUE / AVIS FILM – Deux ans après « Spider-Man Homecoming », Jon Watts rempile derrière la caméra avec « Far From Home », une nouvelle aventure de l’araignée. Que vaut le 23ème opus du Marvel Cinematic Universe (MCU) ?

Tom Holland endosse le costume de Spider-Man pour la cinquième fois à l’occasion de Spider-Man : Far From Home. Le long-métrage permet le retour de Samuel L Jackson dans le rôle de Nick Fury, mais également de Zendaya en MJ, de Jon Favreau en Happy, tandis que Jake Gyllenhaal rejoint l’aventure du MCU dans la peau de Mysterio. Entre un comique trop présent, et des ressorts émotionnels pas assez développés, mais un divertissement à toute épreuve, ce Spider-Man est un produit classique du MCU, avec ses qualités et ses défauts habituels. Rien de nouveau sous le soleil de Marvel.

Spider-Man tisse une toile réchauffée

Dans la droite lignée du précédent opus, Jon Watts décide encore une fois de capitaliser sur la sympathie de Tom Holland dans le rôle de Peter Parker. Le cinéaste cherche à s’approcher du teen movie avec ses clichés du genre : le voyage scolaire, la romance en non dit, le film de potes… Bref, rien de bien nouveau, et de quoi agacer les détracteurs du premier opus. Parce que ce Far From Home n’évolue pas beaucoup, se contentant de régurgiter la formule classique (et obsolète ?) du MCU. Les ressorts dramatiques, les situations, même les vannes sont totalement éculés, répétitions cycliques d’un procédé qui fait ses preuves depuis plus de dix ans. Le film transpire l’étiquette Marvel de A à Z, surtout les mauvais côtés, avec un humour parfois asphyxiant, des ressorts dramatiques dénaturés et un suspense inexistant.

Malgré ce qu’en disent les critiques américaines, toujours en adoration devant chaque nouvel opus du MCU, il n’y a rien de bien innovant dans ce Spider-Man. Jon Watts se contente d’appliquer le cahier des charges, sans forcément injecter une créativité personnelle. Comme cette vanne répétitive où Nick Fury essaye de faire un topo à Peter Parker, mais est sans arrêt interrompu – blague devenue classique et largement mieux exploitée au début de Thor : Ragnarok. On reprochait au premier opus de préférer la vie de Peter Parker à celle de Spider-Man, de préférer la proximité adolescente au grand héroïsme, mais ce second opus réutilise les mêmes ficelles.

Des rôles secondaires mal exploités

L’intérêt de ce deuxième opus de Spider-Man résidait également dans les rôles secondaires. Parce que Far From Home promettait le retour tant attendu de Nick Fury. Samuel L Jackson est encore une fois convaincant dans le rôle, même si le personnage manque étonnamment de panache. Sous exploité, le cynisme du chef du S.H.I.E.L.D. n’est jamais mis en valeur, ni même l’inquiétude et le respect qu’il est censé dégager. On regrette que Nick Fury n’ait pas plus de place pour exister dans ce Far From Home. C’est un peu la même chose avec Jon Favreau dans le rôle de Happy. Personnage très attachant qu’on voulait un peu plus dans le métrage, cantonné au rang de faire valoir et de ressort comique fatigué.

Et vient surtout Jake Gyllenhaal en Mystério. Attendu, son traitement demeurait un grand mystère justement. Sans trop en dire, le personnage est relativement respecté par rapport au matériau de base. Ce Quentin Beck version MCU est proche de sa version papier. Dans le métrage, il apparaît comme un protagoniste solide, pas forcément révolutionnaire, mais suffisamment efficace pour créer du rythme. Jake Gyllenhaal offre une prestation régulière sans triompher non plus. Mysterio est néanmoins l’initiateur de la meilleure séquence du film, qui en plus d’offrir un peu de créativité, est un brillant hommage aux comics. Un passage d’hallucination propre à Mysterio, une scène passionnante, qui permet au spectateur de se rendre compte de l’étendue des capacités du personnage. Spider-Man est plongé dans son psychisme et ses pires craintes, dans une scène brillamment exécutée, qui fait la part belle à un peu d’originalité dans la mise en scène, permettant d’entrer dans un monde illusoire parfaitement matérialisé.

Un divertissement encore et toujours très efficace

Mais comme de nombreux opus du MCU, ce Far From Home est encore une fois un divertissement ultra solide. Malgré des séquences réchauffées, le rythme tient la barre, l’humour est souvent juste et les scènes d’action sont totalement divertissantes. Le traitement de l’action est d’ailleurs plus réussi que dans Homecoming et sa séquence finale illisible. On en prend d’avantage plein la vue, le rythme est mieux géré, et les moments d’action mieux réalisés.

Mais ce qui fonctionne toujours autant, c’est le personnage de Peter Parker en lui-même. Très attachant, grâce à la simplicité dégagée par Tom Holland, l’écriture du héros est relativement travaillée. Jon Watts offre un dérivé intelligent et ancré dans le MCU du sermon classique : « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ». Cette fois la responsabilité ne vient pas de l’oncle Ben, mais passe par l’héritage laissé par Tony Stark. Le jeune Peter Parker est encore traumatisé par le décès de son mentor, et doit vivre avec la pression de son héritage sur ses épaules. Il a été choisi par le milliardaire, et le film traite des questionnements internes de Peter, tiraillé entre le désir d’avoir une vie normale, entouré de ses proches, et de rendre hommage à Iron Man via sa carrière super-héroïque. Un dilemme cornélien plutôt bien traité qui donne une véritable humanité à Peter Parker et contredit ce qui a été présenté dans Homecoming. Alors que l’araignée du quartier voulait être Avenger, cette fois l’Avenger veut redevenir la petite araignée du quartier.

Quoi qu’il en soit, Far From Home surfe bien sur les conséquences de Avengers : Endgame, rebondit avec les honneurs, en expliquant notamment comment l’humanité s’est réadaptée quand Hulk a ramené tout le monde. Les références sont encore une fois légion, pour le plaisir des fans du MCU, tandis que la première scène post-générique réserve un twist inattendu et osé, et le retour d’un personnage sorti d’outre-tombe, pour le plus grand plaisir des fans de l’univers Spider-Man.

 

Spider-Man : Far From Home de Jon Watts, en salle le 3 juillet 2019. Ci-dessus la bande annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Tom Holland endosse le costume de Spider-Man pour la cinquième fois à l'occasion de Spider-Man : Far From Home. Le long-métrage permet le retour de Samuel L Jackson dans le rôle de Nick Fury, mais également de Zendaya en MJ, de Jon Favreau en Happy, tandis que Jake Gyllenhaal rejoint l'aventure du MCU dans la peau de Mysterio. Entre un comique trop présent, et des ressorts émotionnels pas assez développés, mais un divertissement à toute épreuve, ce Spider-Man est un produit classique du MCU, avec ses qualités et ses défauts habituels. Rien de nouveau sous le soleil de Marvel. Spider-Man tisse…

Conclusion

Note de la rédaction

Un Spider-Man classique, produit formaté du MCU, avec ses qualités et ses défauts habituels.

Note spectateur : 4.03 ( 2 votes)
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