Farang : Nassim Lyes et Xavier Gens l'emportent par KO technique

Farang : Nassim Lyes et Xavier Gens l'emportent par KO technique

Après avoir exploré différents genres de cinéma en France et à l'étranger, le cinéaste français Xavier Gens est de retour avec une œuvre inédite, ambitieuse, et véritable coup de poing dans le paysage du cinéma d'action : "Farang".

Xavier Gens, violent retour en grâce

Avec Farang, Xavier Gens veut proposer un cinéma bis, avec un grand soin. En vue : une qualité impeccable. Une ambition louable, pratiquement tenue sur toute la ligne. En effet, Farang est d'une efficacité rare, une bouffée d’oxygène enivrante dans le cinéma français, qui va ravir les fans d’arts martiaux et de films musclés.

Farang débute à Fresnes, en région parisienne. Le public découvre alors Sam (Nassim Lyes au top de sa forme), repris de justice qui sort tout juste de prison. Alors qu’il cherche à se ranger, il est rattrapé par son passé. Après un règlement de comptes qui le conduit à l’irréparable, Sam s'enfuit en Thaïlande. Il y rencontre l’amour de sa vie et adopte la fille de cette dernière. Contraint par des fonctionnaires corrompus de trouver une somme importante pour acquérir enfin le terrain où ils construiront un foyer heureux, Sam accepte la proposition, a priori peu risquée, d'un criminel, un autre "farang", incarné par Olivier Gourmet.

Sam (Nassim Lyes) - Farang
Sam (Nassim Lyes) - Farang©Studiocanal

De l’action de très grande qualité

Puisqu'on est dans une exploration pure du cinéma de genre, précisément celui de l'action option "combat", le synopsis n'est pas d'une grande originalité. Histoire classique de vengeance et de course contre la montre, on y suit un homme en quête de revanche, seul contre le monde mais qui y cherche sa place, dont l’amour pour sa fille adoptive est le meilleur des carburants.

Mais si l’histoire de Farang est un peu attendue, c’est par sa simplicité qu'il est permis à la mise en scène, à l’image, et surtout aux chorégraphies de s’exprimer de manière franche, brutale et jouissive. Place donc à des séquences d’action magistrales, avec lesquelles Xavier Gens s’affirme comme formidable disciple de Gareth Evans (avec qui il a travaillé sur la série Gangs of London), réalisateur de l’incroyable diptyque The Raid. Sans jamais être dans la surenchère, dans le too much, le cinéaste français met en scène des joutes physiques splendides, où l’ultra-violence devient une performance, où le découpage et le montage servent une chorégraphie impressionnante.

Sam (Nassim Lyes) - Farang
Sam (Nassim Lyes) - Farang ©Studiocanal

C’est musclé, sanglant, crasseux, toujours d’un réalisme sec, pour un résultat qui n’a pratiquement rien à envier aux films dont il s'inspire. Après plusieurs séquences aussi fortes que les coups de pieds et de poings distribués par Sam, le film atteint son apothéose lors d’une scène d’ascenseur en plan-séquence renversante et proprement hallucinante, point d’orgue d’un film d’action qui paraîtrait alors presque trop court. En effet, on aurait adoré en voir plus et en prendre encore davantage dans la figure.

Nassim Lyes, entrée fracassante dans le cinéma d'action

Nassim Lyes a gagné en popularité avec son rôle déjanté de Cokeman dans la web-série, puis le film, En passant pecho. Pratiquant de sports de combat depuis plus de dix ans - il a été champion de France de kick-boxing, Xavier Gens met en évidence son grand potentiel d’action hero (d'ailleurs déjà effleuré dans la séquence de l’entrepôt dans En passant pecho). L’acteur de 35 ans étend ainsi brillamment son registre dans Farang. Avec une économie de mots, une retenue fascinante où chacun de ses tremblements est une émotion, il dresse le portrait très réussi d’un homme brisé qui tente de se reconstruire, et d'un guerrier au talent martial exceptionnel. Grâce à sa présence physique musclée et charismatique, il campe ainsi son personnage à la perfection.

Sur un langage corporel aussi doux que sauvage si nécessaire, le comédien permet à Farang de ne jamais tomber dans la caricature. Le film peut également compter sur la présence au casting de comédiens thaïlandais rompus aux thrillers bastonnants, ainsi que sur celle d’Olivier Gourmet, grand acteur qui infuse une effrayante normalité dans son rôle de méchant.

Avec tous ces ingrédients, Xavier Gens réalise un excellent Farang, véritable pépite du cinéma d’action. Et de mémoire, du jamais vu dans l’histoire du cinéma français.

Farang de Xavier Gens au cinéma dès le 28 juin 2023. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes annonces. 

Conclusion

Note de la rédaction

Avec "Farang", Xavier Gens propose des combats chorégraphiés au millimètre, violents, sublimes, qui rendent hommage aux films de baston thaïlandais , avec un Nassim en figure d’action très solide !

Note spectateur : Sois le premier