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First Love, le dernier Yakuza : Takashi Miike en petite forme

AVIS / CRITIQUE FILM – « First Love, le dernier Yakuza » est-il le grand retour de Takashi Miike au film de gangsters ? Malheureusement, non. En revanche, le long-métrage ne manque pas de séquences hilarantes et barbares propres au cinéaste, et dévoile une romance solide. C’est déjà très bien.

Toujours aussi prolifique, Takashi Miike est de retour dans les salles obscures françaises avec First Love, le dernier Yakuza. Si l’intrigue et les personnages de ce nouveau film de gangsters sont prometteurs, le long-métrage est quelque peu plombé par son cadre limité et son manque d’audace, qui rappellent que le réalisateur d’Audition nous a habitués à beaucoup mieux. Il n’en demeure pas moins une proposition réellement barrée, dotée de séquences réjouissantes.

First Love, le dernier Yakuza se déroule à Tokyo et se concentre presqu’entièrement sur une nuit déterminante. Leo, un boxeur prometteur qui vient d’apprendre qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau, offre son aide à Monica, une toxicomane mise en gage par son père et forcée de se prostituer pour rembourser la dette de ce dernier. En secourant la jeune femme en fuite, Leo se retrouve dans un engrenage infernal impliquant des Yakuzas, des gangsters chinois et des policiers corrompus, qui ne peut que se terminer dans le sang.

Une belle brochette de fous furieux

En s’intéressant à deux jeunes rejetés, l’un orphelin et l’autre subissant des sévices en permanence, ainsi qu’à des gangsters au bord de la crise de nerfs, Takashi Miike est en terrain conquis. Qu’il filme la hargne d’un boxeur sur le ring, les hallucinations d’une toxicomane asservie ou une décapitation au sabre, le réalisateur japonais capte l’attention du spectateur dès les premiers plans.

Ces histoires n’ayant a priori rien à voir vont peu à peu se joindre avec une cohérence et une fluidité exemplaires. Miike joue parfaitement sur les imprévus et les quiproquos dans sa première partie, en usant de la bêtise de certains personnages, ou tout simplement de leur malchance. Ce qui devait être une escroquerie parfaite se transforme en gigantesque délire où les balles fusent, les membres tombent et les nuages de méthamphétamine permettent de semer les policiers.

"First Love, le dernier Yakuza" : Critique du nouveau film de Takashi Miike.

Le réalisateur iconise des gangsters profondément charismatiques, en réservant des séquences guerrières à chacun d’entre eux. Ils ont pour la plupart leurs propres attributs, à l’image d’une supposée victime qui se relève en permanence de multiples tentatives de meurtre, et Takashi Miike pousse la caricature à l’extrême dans des scènes parfois hilarantes.

En parallèle, l’histoire d’amour indiquée par le titre se construit dans le sang. Pour le cinéaste, rien de tel que l’adversité et le danger pour nouer des liens indéfectibles et voir naître des sentiments réciproques. L’envie que Leo et Monica s’en sortent est d’ailleurs présente du début à la fin. Mais malgré ses nombreuses qualités, First Love, le dernier Yakuza ne convainc pas totalement.

Un dernier acte décevant

Paradoxalement, c’est lorsque la guerre est déclarée que le rythme du film retombe. Alors que l’ouverture du long-métrage offrait des transitions magistrales entre les différentes histoires, la concentration des personnages dans un même lieu s’avère décevante.

"First Love, le dernier Yakuza" : Critique du nouveau film de Takashi Miike.

Takashi Miike ne manque pas d’idées, à l’image d’une longue course-poursuite dans un parking, mais les morts s’enchaînent ensuite de façon machinale, mettant ainsi fin à toute la tension construite en amont. De plus, ce dernier acte manque d’ampleur, qu’une séquence animée ne parvient pas non plus à apporter. Le réalisateur de Dead or Alive et de 13 Assassins a déjà été nettement plus inspiré.

La conclusion, qui s’offre une note de poésie, vient cependant rattraper ces mises à mort répétitives. First Love, le dernier Yakuza se termine sur deux plans subtils et émouvants, qui prouvent que Miike n’a rien perdu de sa maîtrise, mais qu’il s’est juste un peu laissé aller sur un affrontement qui méritait d’être bien plus bordélique.

 

First Love, le dernier yakuza, en salles le 1er janvier 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Toujours aussi prolifique, Takashi Miike est de retour dans les salles obscures françaises avec First Love, le dernier Yakuza. Si l’intrigue et les personnages de ce nouveau film de gangsters sont prometteurs, le long-métrage est quelque peu plombé par son cadre limité et son manque d’audace, qui rappellent que le réalisateur d’Audition nous a habitués à beaucoup mieux. Il n’en demeure pas moins une proposition réellement barrée, dotée de séquences réjouissantes. First Love, le dernier Yakuza se déroule à Tokyo et se concentre presqu’entièrement sur une nuit déterminante. Leo, un boxeur prometteur qui vient d’apprendre qu’il est atteint d’une tumeur…

Conclusion

Note de la rédaction

Comédie noire et saignante sur fond de romance, « First Love, le dernier Yakuza » n’est certes pas le meilleur film de son réalisateur, mais demeure pétri de qualités.

Note spectateur : Sois le premier !
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