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Les bonnes manières : l’horreur sous forme de conte de fées

Le sublime film de Juliana Rojas et Marco Dutra, « Les Bonnes Manières » s’en sortait avec deux prix largement mérités lors du 25ème Festival de Gérardmer. Le 21 mars 2018, ce petit bijou tout droit venu de Sao-Paulo débarque dans nos salles !

Les Bonnes Manières, le film de Juliana Rojas et Marco Dutra est sans conteste celui qui nous aura le plus ému du festival de Gérardmer 2018. Les deux réalisateurs nous entraînent subtilement dans une magnifique histoire d’amour maternel.

Un conte de fée

Les réalisateurs ont été inspirés des Disney comme Blanche Neige ou La Belle au Bois Dormant. Du coup, ils ont voulu monter leur film comme un conte de fées. Et pour nous plonger dans ce conte fabuleux, ils ont usé d’artifices musicaux et décoratifs. D’autre part, le film est découpé en chapitres, et l’histoire de la créature mythique fait évidement encore une fois référence aux contes.

Maternité

Les Bonnes Manières aborde des sujets difficiles comme la maternité en solo et l’inégalité des classes sociales dans la première partie du film. Ana (Marjorie Estiano), riche héritière du centre de Sao Paulo embauche Clara (Isabél Zuaa), qui vient de la banlieue. Très vite les deux femmes partagent tout, même leur couche et Clara constate qu’Ana est quelque peu perturbée quand vient la pleine lune (somnambule, carnivore à outrance).

Alchimie

Ce lien très fort est parfaitement bien rendu par les actrices, et le spectateur sent tout de suite que l’alchimie opère. Jusqu’à ce moment sublime du film où on comprend pourquoi la grossesse d’Ana est si particulière. A la manière d’un conte de fées, les réalisateurs nous font tourner les pages de l’histoire de la nuit de la conception du bébé d’Ana. Une parenthèse dans le film, le temps suspend son vol, au coin d’une cheminée (digitale certes) Ana conte son histoire. Puis vient le moment ultime de l’accouchement d’Ana à la fois teinté d’horreur et de beauté…

Adoption

L’autre sujet principal du film, abordé dans la deuxième partie, est la problématique engendrée par le fait d’élever un enfant qui n’est pas le sien. Comment l’éduquer en lui apprenant les bonnes manières et surtout quand et comment lui révéler ses origines ? Le truc c’est que Clara, l’héroïne, va commettre quelques impairs sur ce terrain, entraînant évidemment la rébellion de sa petite créature adoptive ! Oui mais voilà, quand le petit Joel (formidable Miguel Lobo = Loup en portugais !) se rebelle, ça fait quelques dégâts, et pas des moindres…

La différence

Le thème de la différence (et de l’acceptation de la différence), cher au cœur des 2 réalisateurs brésiliens, est présent du début à la fin du film : Différence de couleur de peau, différence de classe sociale, et pour finir le petit Joel à lui-seul incarne LA DIFFÉRENCE, de part son physique et sa nature profonde.

Le film Les Bonnes Manières est un vrai coup de cœur de la rédaction. Lors du festival du film fantastique de Gérardmer 2018, il a remporté le Prix de la critique et le Prix du Jury ex-aequo  avec Les Affamés de Robin Aubert (autre coup de cœur).

 

Les Bonnes Manières de Juliana Rojas et Marco Dutra, en salle le 21 mars 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Les Bonnes Manières, le film de Juliana Rojas et Marco Dutra est sans conteste celui qui nous aura le plus ému du festival de Gérardmer 2018. Les deux réalisateurs nous entraînent subtilement dans une magnifique histoire d'amour maternel. Un conte de fée Les réalisateurs ont été inspirés des Disney comme Blanche Neige ou La Belle au Bois Dormant. Du coup, ils ont voulu monter leur film comme un conte de fées. Et pour nous plonger dans ce conte fabuleux, ils ont usé d’artifices musicaux et décoratifs. D'autre part, le film est découpé en chapitres, et l’histoire de la créature mythique fait…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Premier de la classe

Un film d'horreur sous forme de conte de fées, qui traite de l'amour maternel et de l'acceptation de la différence avec profondeur et humilité.

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1 commentaire

  1. J’espère juste que, à la sortie, la presse laissera au film toute la part de suspense qu’il mérite. Je l’ai vu en avant première, vierge de toute information et j’aurais été désolée d’avoir lu en amont ce qui est écrit dans votre publication. Le débat qui a suivi (public d’exploitants de salle) a fait émerger tout ce qui est dit dans votre article et j’aimerais pouvoir offrir cette chronologie là à mes futurs spectateurs.

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