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Gloria Mundi : Guédiguian, cinéaste humaniste

CRITIQUE / AVIS FILM – Robert Guédiguian, le plus Marseillais des cinéastes français, signe avec « Gloria Mundi » une oeuvre dans la droite lignée thématique de sa filmographie. Il y est question de la classe ouvrière, d’une histoire de famille qui a pour décor la cité phocéenne.

Dans Gloria Mundi, dès les premières images, le ton est donné : nous sommes dans un film familial. Tout tourne autour d’un nouveau-né, la petite Gloria, dont l’arrivée émeut ses parents et grands-parents, dont nous faisons rapidement la connaissance. Dès l’introduction, le spectateur comprend clairement les traits principaux de ces personnages, Robert Guédiguian captant leur humanité en seulement quelques plans. Car si le film n’est pas exempts de quelques maladresses, difficile de ne pas être touché par cette tranche de vie.

Une affaire de famille

Un grand-père qui sort de prison, une grand-mère qui peine à s’en sortir avec son travail de femme de ménage, un jeune père qui se rend compte de la précarité d’être chauffeur Uber… Tous les personnages qui constellent Gloria Mundi sont filmés dans des situations souvent difficiles, ce qui n’empêche pas Robert Guédiguian de faire preuve d’une grande pudeur. Cinéaste humaniste, il  s’attache à montrer telles quelles les grandes inégalités face auxquelles ils sont confrontés.

Parfois, le malheur qui accable cette famille est si grand qu’on se demande, maladroitement peut-être, si on ne frise pas le misérabilisme. Mais avec un recul critique, force est de constater que Guédiguian est un peu obligé de « forcer le trait » pour appuyer son propos. En cela, tant par ses qualités que par les points qui nous ont rendus un peu hermétiques à certaines scènes, il nous rappelle un cinéaste outre-manche : Ken Loach.

Le rapprochement peut en effet se faire, en tout cas dans Gloria Mundi, par la veine documentaire et poétique des images, dénuées de tout ornement, mais tout de même composées avec soin. Guédiguian, tout comme Loach, cherche avant tout à émouvoir les spectateurs en filmant les inégalités telles quelles existent dans notre société. Pour cela, il s’ancre dans un environnement qu’il connaît par cœur, Marseille.

« Ainsi passe la gloire du monde« 

Qu’elle apparaisse dans des superproductions franchouillardes (la série des Taxi) ou dans des feuilletons qui n’en finissent plus – Plus belle la vie et ses bientôt 4000 (!) épisodes -, Marseille à l’écran est souvent pétrie de clichés. La cité phocéenne était pourtant le cadre de certains longs-métrages plutôt réussis sortis ces dernières années. Citons pêle-mêle Corniche KennedyChouf ou Shéhérazade. Cependant, même dans ceux-ci on sort rarement de la thématique de la petite délinquance / du banditisme, comme si la vie de ses 800 000 habitants ne tournait qu’autour de cette question.

Au contraire, de tout ça il n’en est pas question dans Gloria Mundi. Un personnage est accro à la cocaïne, mais n’a aucun rapport avec les sempiternels « quartiers nord » qui font régulièrement la une. Justement, Guédiguian se pose comme cinéaste-anthropologue d’un environnement qu’il connaît par cœur. Ses protagonistes habitent à La Joliette, secteur populaire en plein rénovation, coincé entre deux buildings qui dominent le port commercial d’un côté et le quartier le plus pauvre de la ville de l’autre. Le réalisateur ne filme aucun lieu touristique, il caractérise ses personnages par les environnements moins reluisants qu’ils visitent. D’un hôtel miteux habité par des chibanis aux magasins dans lesquels certains clients sont réduits au vol, c’est toute une frange de la population qu’il veut mettre en avant.

Prolétaires de tous les quartiers …

Ainsi, Gloria Mundi est indissociable de son discours social, dont les personnages sont les vecteurs direct. Tout au long du film, le réalisateur s’évertue à montrer la précarité face à laquelle le monde prolétaire doit faire face, qu’importe le travail occupé ou l’âge. En cela, il rejoint encore une fois Ken Loach, n’hésitant jamais tout au long de sa filmographie à prendre parti contre le système économique en vigueur. Privés de toute protection sociale en étant chauffeur à leur compte ou rêvant de faire fortune en rachetant au plus bas coût des objets défectueux, tous les membres de la famille mise en scène sont sur le point de capituler face à leurs déboires.

Impossible enfin de ne pas évoquer toute la troupe d’acteur qui fait la grande force du film. Les comédiens sont des habitués du cinéaste, Ariane Ascaride en tête (elle qui a d’ailleurs reçu un Prix d’Interprétation Féminine à Venise pour ce rôle). Le jeu de quelques acteurs est parfois déroutant, et détonne avec le travail plus classique de certaines têtes plus connues. Pour ne citer que les principaux, saluons ainsi Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, et Anaïs Demoustier, qui font un travail remarquable !

 

Gloria Mundi de Robert Guédiguian, en salles le 27 novembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Dans Gloria Mundi, dès les premières images, le ton est donné : nous sommes dans un film familial. Tout tourne autour d'un nouveau-né, la petite Gloria, dont l'arrivée émeut ses parents et grands-parents, dont nous faisons rapidement la connaissance. Dès l'introduction, le spectateur comprend clairement les traits principaux de ces personnages, Robert Guédiguian captant leur humanité en seulement quelques plans. Car si le film n'est pas exempts de quelques maladresses, difficile de ne pas être touché par cette tranche de vie. Une affaire de famille Un grand-père qui sort de prison, une grand-mère qui peine à s'en sortir avec son travail…

Conclusion

Note de la rédaction

En conclusion, "Gloria Mundi" est un film humaniste non dénué de quelques défauts. Cependant, il séduit par ses personnages attachants, et par certains acteurs qui le sont tout autant !

Note spectateur : Sois le premier !
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