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Godzilla vs Kong : un blockbuster détonnant mais pas étonnant

Godzilla vs Kong : un blockbuster détonnant mais pas étonnant

CRITIQUE / AVIS FILM - Le MonsterVerse organise enfin la rencontre tant attendue entre ses deux stars. "Godzilla vs Kong" échappe à une sortie dans les salles pour finir directement sur petit écran. Est-ce que ce grand spectacle tient-il ses promesses ?

Godzilla vs Kong privé de sortie en salle

Il n'y a pas que les super-héros qui ont droit à un univers étendu. Warner et Legendary se sont alliés pour initier le MonsterVerse, un ensemble connecté avec des gros monstres qui se mettent sur la tronche sous les yeux ébahis de pauvres humains impuissants. Godzilla a pu s'exprimer dans deux longs-métrages quand son homologue Kong n'en a eu qu'un seul.

Des bases amplement suffisantes pour enfin organiser la rencontre entre les deux. Le titre, Godzilla vs Kong, annonce la couleur. Plutôt qu'une alliance, c'est un affrontement qui va avoir lieu. Un programme fort alléchant pour les amateurs de grands spectacles débridés. Or, la promesse se retrouve immédiatement amoindrie par un mode de distribution revue à la baisse en France. Le film sort le 22 avril en achat digital, sans prendre la peine d'attendre que les salles rouvrent prochainement. Un motif de déception pour les fans qui auraient aimé découvrir Godzilla vs Kong dans des conditions optimales.

Un scénario facultatif

Le scénario commence avec Kong retenu en captivité par les hommes. Le singe géant n'a qu'une amie dans ce monde, une petite fille sourde avec qui il entretient une connexion. De son côté, Godzilla inquiète à cause de son comportement. Le lézard n'a pas l'air d'être très amical ces derniers temps. Pendant que les deux stars jouent à qui a la plus grosse, un homme d'affaires opère dans l'ombre pour donner naissance à une invention pouvant permettre de lutter contre les titans. On n'en dira pas plus sur le scénario et, en même temps, le faire n'aurait pas non plus grand intérêt tant l'écriture essaie de meubler en attendant que Kong et Godzilla entrent en scène.

Godzilla vs Kong
Godzilla vs Kong ©Warner Bros.

Le film ne donne jamais l'impression d'avoir envie de mettre ses personnages en scène et la distribution, de bon aloi si l'on regarde les noms convoqués (Alexander Skarsgård, Millie Bobby Brown, Kyle Chandler, Rebecca Hall, Brian Tyree Henry), n'a rien à défendre. Tout le monde s'agite alors que le spectateur n'a jamais l'opportunité de s'accrocher à eux. Un constat qui ne surprend pas, les précédentes pièces du MonsterVerse avaient déjà une absence de consistance dans leur galerie de personnages. La seule qui se dégage de la masse avec les honneurs est la petite Jia. Sa connexion avec Kong est presque un bon moyen d'initier un semblant d'émotion.

Godzilla vs Kong
Godzilla vs Kong ©Warner Bros.

Par-delà tous les reproches que l'on peut faire au scénario, il ne faut pas éluder les quelques bonnes idées qui permettent d'approfondir la mythologie des titans. Le film esquisse les traces d'un passé que l'on aurait aimé se voir déployer davantage. On se met à rêver d'un préquel au cœur de la Terre creuse, sans des humains qui parlent pour ne rien dire et uniquement un Kong dans son élément. Ce qui, soyons réalistes, n'arrivera jamais.

Du grand spectacle presque satisfaisant

Si on ne doit pas se satisfaire d'un scénario aussi peu intéressant, on s'attendait à ce que Godzilla vs Kong ait du mal à se dépatouiller d'une équation difficilement soluble. Le cinéma américain auquel il appartient est encore trop ancré dans des mécanismes et des codes pensés pour amasser de l'argent. C'est avec une certaine amertume qu'on le dit, car l'on aimerait que les blockbusters puissent être plus souvent intelligents et originaux dans leur approche. Ce versant étant par avance déceptif, c'est vers un autre que l'on se tourne : le spectacle pur et dur. Il ne faut pas se mentir, quand on paie pour un tel film, on en veut pour notre argent avec des combats et des séquences qui dépotent.

Adam Wingard ne sait pas toujours quoi faire avec ses monstres et dégaine une mise en scène pas tellement inventive. Les plans où il joue avec le gigantisme en étant d'un point de vue à hauteur d'homme donnent des bonnes sensations mais il manque une direction dans son approche formelle pour procurer une jouissance suprême. On a même cette impression qu'il passe à côté de certaines opportunités en ne décochant pas le plan qui tue quand l'occasion se présente.

Godzilla vs Kong
Godzilla vs Kong ©Warner Bros.

Parler de pétard mouillé serait excessif, parce que l'on a de la matière pour s'amuser devant Godzilla vs Kong. Les amateurs de destruction à grande échelle trouveront des motifs de satisfaction. Le film ne fait pas semblant quand il allume la machine et y va franco dans la destruction massive. Une énorme séquence d'une vingtaine de minutes sert de climax et c'est exactement pour assister à ça qu'on avait envie de voir Godzilla vs Kong. Suffisant pour nous contenter ? Pas pleinement. Adam Wingard n'est pas un réalisateur assez fiable pour élever ce spectacle qui détonne mais n'étonne pas.

 

Godzilla vs Kong d'Adam Wingard, en achat digital le 22 avril 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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