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Greyhound : Tom Hanks rayonne dans un passable film de guerre navale

Greyhound : Tom Hanks rayonne dans un passable film de guerre navale

CRITIQUE / AVIS FILM - Programmé au cinéma cet été, "Greyhound" a finalement délocalisé sa sortie sur le petit écran avec l'acquisition des droits par Apple. Ce film de guerre correct doit beaucoup à Tom Hanks, à la fois détenteur du rôle principal et scénariste.

Greyhound : une sortie sur Apple TV+

Tom Hanks au casting d'un long-métrage, c'est toujours une bonne nouvelle. Dans Greyhound, il interprète le Capitaine Krause, à la tête d'un navire qui mène une flotte internationale à travers les eaux du nord de l'Atlantique lors de la Seconde Guerre mondiale. Un territoire infesté par les sous-marins ennemis. En l'absence de soutien aérien, les bateaux sont livrés à eux-mêmes, face à une menace invisible. Lorsque l'un de ces bâtiments ennemis se manifeste, une bataille acharnée s'engage pour que Krause et ses hommes s'en sortent en vie. Un récit de guerre en pleine mer, ce n'est pas si courant et ça donne un vrai argument de vente à Greyhound.

De plus, Tom Hanks est à l'origine du scénario, ce qui renforce son investissement sur ce projet. Au bout du compte, c'est à Aaron Schneider qu'est revenu la responsabilité de mettre en scène le film. Attendu aux environs de l'été dans les salles, Greyhound ne passera pas par ce canal de diffusion à la suite d'un rachat des droits par Apple, pour 70 millions de dollars. Une coquette somme pour la marque à la pomme, qui souhaite offrir un grand spectacle sur sa plateforme en panne de dynamisme.

Un film taillé pour Tom Hanks

La carrière que s'est construite Tom Hanks et son image au sein d'Hollywood permettent directement de savoir à quel type de personnage il prête ses traits dans Greyhoud. Le dénommé Ernest Krause est un meneur, un gradé, mais avant tout un homme. Dans sa relation avec son équipage, on sent tout le respect qu'il veut exprimer, sa position ne le fait jamais tomber dans un abus de pouvoir. Tout du long, alors que la menace est omniprésente dans l'ombre, il garde avec sa troupe une attitude exemplaire. Comme dans cette scène où il se trompe sur le nom d'un des siens alors que la situation est tendue, et qu'il apparaît perturbé, juste avant de rectifier son erreur.

Cette figure centrale est le pivot de tout dans Greyhound. De la narration, évidemment, puisqu'il mène son bateau et doit répondre aux situations de crise en voyant dans les yeux de ses hommes qu'il est attendu à chaque décision. De la portée humaniste du film, également. C'est là toute la cohérence d'avoir un Tom Hanks en haut de l'affiche et de le savoir au script, pleinement conscient de ce qu'il véhicule. Qui d'autre que lui incarne à ce point cette notion dans le cinéma américain ? Il est toujours humain, dans sa chair et dans son rapport à l'autre. On repense alors à son rôle dans Le Pont des Espions, les deux personnages des deux films mettant toujours leur objectif patriotique en perspective avec leur conscience humaniste.

La bonne idée de Greyhound pour appuyer ses intentions est de totalement rendre inhumain l'ennemi, en ne le montrant pas à l'écran. On entend la voix d'un allemand qui lance des menaces, on voit des sous-marins émerger et disparaître, on entend une bande-son appuyer la présence de l'ennemi. Mais jamais il ne s'incarne physiquement comme un homme à l'image. Il est réduit à faire du bruit ou à se symboliser par ces gros engins submersibles. Quand l'un d'eux meurt, ce n'est pas du sang qui remonte à la surface, mais de l'essence. Le film fait tout pour déshumaniser l'autre camp, quitte à tomber dans le manichéisme (après tout, ce sont aussi des hommes en face, non ?). Le film se manque peut-être un peu ce côté-là, en n'apportant pas une petite subtilité dans l'opposition.

Greyhound : Tom Hanks rayonne dans un film de guerre maritime moyen

Du cinéma d'action peu rafraîchissant

Le cinéma de guerre ne s'intéresse qu'assez rarement aux affrontements en milieu maritime, probablement parce que les contraintes logistiques/matérielles sont lourdes. Pour s'en sortir, Greyhound passe par une utilisation déterminante des effets visuels. De notre positon de spectateur, on arrive vraiment à déceler quand le numérique prend le pas sur le réel et le film souffre un peu du procédé qui amoindrit le réalisme souhaité par l'ensemble. Ce défaut se ressent encore plus car la direction artistique n'affiche pas une grande originalité. Les choix formels sont tous assez classiques et Aaron Schneider - que l'on ne connaissait pas - ne se se montre pas être un foudre de guerre à la mise en scène.

Il n'est pas coupable de grosses fautes de goût sauf qu'il ne sait pas comment élever plus haut, par l'image, ses enjeux. Encadré par l'espace de son bateau, il place sa caméra de tous les côtés mais ne met pas en place une ligne directrice avec une vision qui prouve une personnalité. Il y avait pourtant un formidable coup à jouer avec cette menace absente à l'écran. Quasiment tout le film se résume à des soldats qui se passent les coordonnées de la possible position du sous-marin. Le travail d'Aaron Schneider n'est pas à blâmer si on attend uniquement de Greyhound un divertissement où l'action prédomine. La narration ne tient que sur une poignée de jours et empile les rencontres entre le bateau principal et les allemands, durant 1h30. Le film de guerre navale étant un sous-genre trop peu représenté, on aurait aimé que celui-ci - qui plus est, porté par une immense star - soit capable de délivrer un souffle épique de bonne facture.

Greyhound de Aaron Schneider, sur Apple TV+ le 10 juillet 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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