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Her Smell : Elisabeth Moss et Alex Ross Perry au sommet de leur art

CRITIQUE / AVIS FILM – Après « Queen of Earth », Alex Ross Perry et Elisabeth Moss se retrouvent sur « Her Smell », drame oppressant et bouleversant sur une rockstar en pleine déchéance. Avec ce film, le réalisateur offre à la comédienne son plus beau rôle, et explore en profondeur des thématiques récurrentes de sa filmographie. En résulte un film aussi déroutant qu’envoûtant, qui retranscrit à merveille les différents états émotionnels que traverse son héroïne.

Peu de temps après la sortie du dernier long-métrage de Danny Boyle, Her Smell est probablement l’anti-Yesterday. Ici, il n’est pas question d’un artiste qui réussit à duper son public en se réappropriant un répertoire colossal. On y trouve au contraire une rockstar rongée par des troubles de la personnalité, qui n’arrive plus à maintenir le cap et à faire illusion au sein de ses proches.

Quatre ans après Queen of Earth, le film marque les retrouvailles entre le réalisateur Alex Ross Perry et la comédienne Elisabeth Moss. S’il comporte de nombreux points communs avec son prédécesseur, Her Smell est nettement plus abouti, touchant et fascinant par de nombreux aspects.

Une descente aux enfers en trois actes

Construit en plusieurs chapitres se déroulant tous sur un laps de temps réduit, le long-métrage dépeint en premier lieu une déchéance anxiogène et pathétique. Star du rock des années 90 inspirée de Courtney Love et des Riot Grrrl, Becky Something a perdu l’inspiration d’antan et n’est plus que l’ombre d’elle-même. Sombrant progressivement dans la paranoïa et la dépression, l’ancienne prodige n’a plus confiance en elle, en ses amies avec lesquelles elle a fondé son groupe, Something She, et se méfie même de sa fille en bas âge.

Her Smell : Critique du film d'Alex Ross Perry

Si Alex Ross Perry abordait déjà ces thématiques dans Queen of Earth, le cinéaste le fait de manière plus radicale dans Her Smell. Dans les trois premiers actes du film, le réalisateur enferme son public dans des lieux clos dans lesquels Becky va et vient en ravageant tout sur son passage, sous le regard impuissant de ses proches. Alors qu’Elisabeth Moss n’avait que Katherine Waterston pour interlocutrice dans Queen of Earth, la multitude de personnages qui tentent de soutenir la musicienne rend ici le propos encore plus touchant et les séquences encore plus oppressantes.

Multipliant les plans-séquences et les plans rapprochés à la caméra portée sur sa comédienne principale, une nouvelle fois impériale, Alex Ross Perry ne laisse pas Becky et le spectateur respirer dans ces chapitres qui forment une première partie éprouvante, qui laisse augurer une apothéose à la limite de l’horreur lorsque la deuxième heure du long-métrage débute. Pourtant, le cinéaste prend le public de court en insufflant par la suite une dose d’oxygène salvatrice pour ses personnages.

Après l’effondrement, l’apaisement

L’égocentrisme et la dépression font partie intégrante du cinéma d’Alex Ross Perry, et des œuvres comme Listen Up Philip et Queen of Earth pouvaient paraître cloisonnées tant elles ne cherchaient pas à transcender ces concepts. À l’inverse, Her Smell se révèle surprenant dès lors qu’il dépasse ces notions, et que les protagonistes commencent à regarder autre chose qu’eux-mêmes. Cela concerne évidemment Becky, mais aussi son ex-compagnon incarné par Dan Stevens, son manager interprété par le trop rare Eric Stoltz, et ses deux partenaires de scène campées par Agyness Deyn et Gayle Rankin, tous excellents.

Her Smell : Critique du film d'Alex Ross Perry

Alors que le malaise était bel et bien présent dans les trois premiers actes, c’est lorsqu’un certain apaisement se fait sentir que Her Smell prend véritablement aux tripes. Sans que le spectateur s’y attende, Alex Ross Perry laisse entrer la lumière dans son film et signe l’une des séquences les plus bouleversantes vues au cinéma depuis le début de l’année. Lorsque Becky chante une chanson pour sa fille alors qu’elle est en rémission, la simplicité de la mise en scène, les regards que les deux comédiennes s’échangent et la musique s’avèrent tout simplement terrassants. Le réalisateur enfonce ensuite le clou avec une scène de réconciliation magnifique, aussi pudique que nécessaire pour son héroïne.

Le film se conclut comme un thriller haletant, avec la peur de voir Becky retomber dans ses vieux démons. Les trente dernières minutes du long-métrage s’avèrent extrêmement tendues, en partie parce que l’empathie pour la musicienne ne cesse de croître. Véritable roller coaster qui réussit à sonder la chute d’une artiste sans occulter ses pires aspects, Her Smell est un drame tour à tour lessivant, bouleversant et porteur d’espoir sur une héroïne qui tente de se relever et de s’accepter, alors qu’elle ignore le chemin pour y arriver.

 

Her Smell d’Alex Ross Perry, en salle le 17 juillet 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Peu de temps après la sortie du dernier long-métrage de Danny Boyle, Her Smell est probablement l’anti-Yesterday. Ici, il n’est pas question d’un artiste qui réussit à duper son public en se réappropriant un répertoire colossal. On y trouve au contraire une rockstar rongée par des troubles de la personnalité, qui n’arrive plus à maintenir le cap et à faire illusion au sein de ses proches. Quatre ans après Queen of Earth, le film marque les retrouvailles entre le réalisateur Alex Ross Perry et la comédienne Elisabeth Moss. S’il comporte de nombreux points communs avec son prédécesseur, Her Smell est…

Conclusion

Note de la rédaction

Les films musicaux pullulent en ce moment et « Her Smell » est sans aucun doute la proposition la plus fascinante, touchante et singulière du genre cette année.

Note spectateur : Sois le premier !
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