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Holy Lands : hélas, on ne choisit pas sa famille

CRITIQUE FILM – « Holy Lands », le troisième film réalisé par l’écrivain Amanda Sthers, s’avère être une grande déception.

À l’origine, Amanda Sthers n’avait pas l’intention d’adapter son roman éponyme publié il y a dix ans, ni de l’abandonner à un réalisateur. Elle a pourtant écrit le scénario en français puis en anglais, mais les deux réalisateurs envisagés n’ont pas réussi à monter Holy Lands malgré le casting. Elle s’en est donc emparé. On ne s’étalera pas sur le fait de savoir si c’est finalement une bonne idée… Toujours est-il qu’adapter un roman épistolaire relève généralement du défi, qui n’est en l’occurrence pas complètement atteint, pour plusieurs raisons.

D’abord parce que Holy Lands traite de trop nombreuses thématiques, sans parvenir vraiment à accrocher le spectateur. Ainsi la complexité de la famille et ses corollaires que sont la parentalité, le poids de l’histoire familiale, la transmission, la place de chacun et tous les sentiments qui s’y rattachent, comme la colère ou la tristesse liées aux déceptions. Il y a aussi la famille comme source sans fin d’inspiration et de création pour un artiste. Le sujet de la tolérance est doublement abordé par le biais de la religion – judaïsme et catholicisme- et de la sexualité. Et puis l’amour et l’amitié, ainsi que le rapport à la maladie et à la mort sont aussi convoqués. Sans oublier la politique en Israël, jamais évoquée frontalement, mais par petites touches plutôt subtiles.

La difficulté à rendre intéressante cette histoire familiale abracadabrante provient essentiellement de la mise en scène (un peu lourde) et de la recherche esthétique à tout prix. La musique vient en grand renfort de la version originale en anglais, les rebondissements sont sans surprise et les crises familiales bien trop théâtrales pour vraiment déclencher les larmes. La sauce dramaturgique poussée à l’extrême prend difficilement et le résultat produit est donc à l’inverse de celui annoncé. On reste à distance de tout ce qui arrive à cette famille, qu’on n’a d’ailleurs aucune envie de voir réconciliée ni réunie.

Le casting d’inégale valeur y est sans doute aussi pour quelque chose. James Caan (Harry) en impose toujours et assume pleinement en débardeur, à bientôt 80 ans, son corps bronzé qui a sacrément morflé. Avec Tom Hollander, le rabbin Moshe dans le film et précédemment vu en avocat coincé dans Bohemian Rhapsody, ils sont épatants dans leur chemin l’un vers l’autre et la découverte de leur amitié. On retrouve aussi au casting deux belles surprises de trop courte durée : la gouailleuse Reem Kherici en femme silencieuse du rabbin et Raphaël Mezrahi en vétérinaire partageant une scène improbable avec James Caan. Et la jolie découverte du film, c’est clairement l’actrice israélienne Efrat Dor qui joue Anabelle, la fille de Harry.

On reste toujours prisonnier de l’histoire familiale

Mais pour les autres acteurs, c’est une impression bien différente. Jonathan Rhys Meyers en fait un peu trop dans son rôle sans nuances de David, le metteur en scène torturé rejeté par son père à cause de son homosexualité. Rosanna Arquette est peu crédible en Monica, ex-femme de Harry. Elle surjoue et minaude dans des scènes exigeant de la pudeur. Patrick Bruel a, de son côté, bien de mal à convaincre dans la langue de Shakespeare.

Pourtant, la première partie de Holy Lands est cocasse et son ton humoristique assez grinçant. Harry, cardiologue américain s’est en effet installé pour sa retraite à Nazareth pour élever des porcs. Il se heurte aux rabbins du coin, dont Moshe mais aussi à un catholique intégriste. Grincheux, solitaire et méprisant, Harry fait bien peu de cas de tout ce monde ou de sa famille. Et pourtant, au contact de celle de Moshe, il va renouer doucement aux fondamentaux de sa religion et retrouver son humanité. Et le spectateur comprendra à la toute fin du film les raisons émouvantes de ses différents choix étonnants. Dommage alors que la seconde partie tranche tellement avec la première et les choix différents des points de vue des personnages.

Holy Lands de Amanda Sthers, en salle le 16 janvier 2019. Ci-dessus la bande-annonce.

À l'origine, Amanda Sthers n’avait pas l’intention d’adapter son roman éponyme publié il y a dix ans, ni de l’abandonner à un réalisateur. Elle a pourtant écrit le scénario en français puis en anglais, mais les deux réalisateurs envisagés n’ont pas réussi à monter Holy Lands malgré le casting. Elle s’en est donc emparé. On ne s’étalera pas sur le fait de savoir si c’est finalement une bonne idée… Toujours est-il qu’adapter un roman épistolaire relève généralement du défi, qui n’est en l’occurrence pas complètement atteint, pour plusieurs raisons. D’abord parce que Holy Lands traite de trop nombreuses thématiques, sans…

Conclusion

Note de la Rédaction

Décevant et porté par un casting inégal, "Holy Lands" ne tient malheureusement pas ses promesses

Note spectateur : Sois le premier !
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