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How It Ends (Netflix) : road-movie apocalyptique

CRITIQUE FILM – Nouvelle production originale Netflix, « How It Ends » plonge un beau-père et son gendre dans une mystérieuse apocalypse.

Lorsque Netflix a lâché la bande-annonce de How It Ends on s’est rappelé du moribond passif entre la plateforme de streaming et la science-fiction. Cargo, Tau, Bright, The Cloverfield Paradox et les autres, ont déçu lors de leur diffusion. Réalisé par David M. Rosenthal, un inconnu au bataillon, How It Ends sort de nulle part. Comme la catastrophe qu’il met en scène.

De passage à Chicago pour demander à ses beaux-parents la main de leur fille, Will (Theo James) se retrouve démuni lorsque tous les moyens de communication sont subitement coupés suite à un étrange événement sur la côte est des USA. Sa chérie, restée à la maison, est injoignable. Autant inquiet que son beau-père (Forest Whitaker), Will entreprend avec lui de rejoindre l’autre bout du pays en voiture. Ces deux hommes que tout oppose vont devoir coopérer pour survivre dans un monde devenu impitoyable.

Oubliez l’originalité

On prend conscience rapidement que How It Ends ne va pas nous trimballer dans un récit pétri d’originalité. Son déroulé est même assez prévisible. Refusant volontairement de se montrer spectaculaire, le cœur de l’intrigue réside dans la relation beau-père/gendre et son évolution à chaque obstacle. Campés sur leurs positions, définis par un parcours de vie différent, ils vont apprendre à se connaître réellement en traversant un pays qui tombe en lambeaux. Deux personnages stéréotypés dans une situation qui l’est autant, mais bien campés par deux acteurs qui font le métier. L’expérimenté Forest Whitaker traîne sa carcasse désabusée avec le style qu’on lui connaît et Theo James n’a pas à rougir face à lui. À défaut de crever l’écran, ils investissent chacun solidement leur rôle.

Une présence qui n’est pas de trop pour nous faire oublier que le script signé Brooks McLaren est à l’origine de nombreux problèmes. Si le projet se veut anti-spectaculaire, à l’exception d’une maigre poignée de money-shots bluffants, cela ne doit pas le rendre monotone dans son déroulé narratif. À partir d’un pitch déjà vu, le scénario ne prend aucun risque. Le danger s’incarne de façon basique dans des attaques répétées de la part de plusieurs survivants. Comme si la même scène se répétait à intervalle régulier. Les personnages progressent, ils échappent à des braqueurs, puis la boucle recommence. Une fois que l’on a saisi que l’humanité retombait dans ses travers face au danger, How It Ends a épuisé ses ressources. Le méchant le plus inquiétant, et donc intéressant, n’arrive qu’à la fin d’un long déroulé rébarbatif.

L’Amérique oubliée

Paradoxalement, de cette impossibilité de renouveler son récit, How It Ends en tire un petit quelque chose d’envoûtant. Parce que ce voyage, certes répétitif, au travers des États-Unis permet de passer en revue une partie de l’histoire du pays et de mettre en lumière ses aspects les plus discutables (les armes à feu répandues, le retour à des pratiques dignes du Far-West). Cette histoire est profondément ancrée dans la culture américaine, son passé, ses traditions. Et dans un cinéma contemplatif, prenant le temps de filmer des horizons où une autre apocalypse a l’air d’avoir déjà eu lieu.

L’itinéraire débute par Chicago, une grande ville, puis s’enfonce dans la partie reculée du pays. Là où des petites communautés amérindiennes vivent éloignées de tout, dans des trous à rats. C’est de là que sort Ricki (Grace Dove), une jeune femme ne rêvant que de s’éloigner de son misérable taudis pour avoir une vie différente. Elle porte en elle tous les rêves brisés de son peuple. Sa disparition quasi-fantomatique est la plus belle prise de risque tentée par le film en 1h58, une manière tragique de la faire retomber dans l’oubli auquel elle était destinée par essence. Cette Amérique white trash, profonde, laissée-pour-compte, craintive envers les étrangers, est le personnage le plus attractif du long-métrage. Il s’incarne en une multitude de figures secondaires, des pièces d’un puzzle qui ne cesse de nous fasciner depuis des siècles.

Une errance comme seule source d’intérêt tangible dans cette intrigue mal bâtie n’allant même pas au bout des choses. How It Ends se termine abruptement, alors que la grande scène spectaculaire débute. Le procédé pose problème. Couper ainsi relève de l’incompétence et d’un irrespect envers les spectateurs. Autant ne pas commencer la séquence si c’est pour nous frustrer de la sorte – How It Ends n’a pas vocation, depuis la première seconde, à nous proposer du grand spectacle. À quoi bon aller contre sa note d’intention si c’est pour le faire qu’à moitié ? On reste sur une impression d’inaboutissement, devenue on ne sait pourquoi, monnaie courante dans les productions Netflix. Constamment, le potentiel est présent. Constamment, il n’est pas sublimé à l’écran. How It Ends ne déroge pas à la règle. D’où vient le problème ? Le sujet est trop ample pour être traité immédiatement ici. Néanmoins, attention à ce qu’il ne devienne pas la marque de fabrique des productions cinématographiques made in Netflix.

 

How It Ends, réalisé par David M. Rosenthal est disponible sur Netflix depuis le 13 juillet 2018. Découvrez ci-dessous la bande-annonce.

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Note de la rédaction

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How It Ends s'ajoute à la liste des films de SF ratés par Netflix.

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