MENU
Accueil > Critiques > Critiques cinéma > Je promets d’être sage : improbable association de malfaiteurs

Je promets d’être sage : improbable association de malfaiteurs

CRITIQUE/AVIS FILM- « Je promets d’être sage », premier long métrage de Ronan Le Page, n’est pas à la hauteur de ses promesses, malgré le casting alléchant de Pio Marmaï et Léa Drucker.

Sur le papier, l’idée de Je promets d’être sage de Ronan Le Page était prometteuse et avait tout pour plaire : un ton qui s’annonçait léger et subtil et l’association à l’écran de deux acteurs plutôt charismatiques, Léa Drucker et Pio Marmaï, dans un lieu de culture – un musée – qu’on a peu l’habitude de voir au cinéma. Pio Marmaï, très à l’aise dans son jeu habituel du gars borderline et colérique, interprète donc Franck, metteur en scène incompris et écorché vif qui pète un câble lors d’un ultime four théâtral.

Il décide alors de rentrer dans le rang et de saisir sa « dernière chance d’avoir une vie qui se tient à peu près ». Il accepte, sous l’œil dubitatif de sa sœur et de son beau-frère chez qui il réside un temps, un job de vacataire d’agent de surveillance de musée. Le contraste entre ce gars turbulent et en perpétuel mouvement, et ce lieu statique où le silence est d’or est saisissant.

Franck est avide de connaissances sur l’art et le film permet au spectateur de découvrir quelques œuvres et techniques par son intermédiaire. Il se confronte au calme, à l’ennui mortel, au règlement. Mais aussi aux petites histoires sans grand intérêt de ses collègues, auxquels il s’efforce de ressembler. Peut-être aurait-il pu, après de nombreux mois, y parvenir.

Changer de vie n’est pas chose facile

Mais Franck n’avait pas prévu de rencontrer Sybille, l’une de ses collègues. Ou plutôt de se heurter à elle, comme le font d’ailleurs ses collègues et le conservateur du musée. On ne sait pas ce qui est arrivé à Sybille, mais elle a un peu perdu la mémoire, ses mots et ses idées, et elle marmonne des phrases bizarres devant son orthophoniste. Le réalisateur n’a pas pris le parti de faire rire, ou tout du moins sourire, de ces conséquences, tout comme l’avait fait Hervé Mimran avec son héros de Un homme pressé victime d’un AVC. Et c’est dommage parce que certaines situations s’y prêtaient.

Sybille, c’est donc Léa Drucker, dont on espère que ce rôle lui a permis de se remettre de celui, autrement douloureux et brutal, qu’elle interprétait dans Jusqu’à la garde. Tandis que son état la rend agressive et détestable, Sybille a un secret, que Franck va percer à jour lors de l’inventaire des réserves du musée : elle a vendu certaines pièces non répertoriées et il leur faut les récupérer avant que le conservateur ne s’en aperçoive.

Les éléments scénaristiques de Je promets d’être sage étaient donc plutôt alléchants et donnaient envie de savoir ce qui allait advenir de ces deux personnages qui n’avaient à priori rien à faire ensemble. Pourtant, à l’écran, le résultat se révèle décevant. Car la mayonnaise ne prend jamais, hélas. Il faut ainsi attendre les deux tiers du film pour qu’il se passe enfin quelque chose de concret. L’association de malfaiteurs formée par Franck et Sybille amène enfin un peu de piment et permet aux deux acteurs de faire exploser leur talent à l’écran dans des jeux de rôle.

Mais l’enthousiasme est de trop courte durée et Je promets d’être sage, qui aurait mérité de donner plus de place à d’autres arnaques jubilatoires, frustre le spectateur et le replonge rapidement dans l’ennui. Et puis, la magie n’opère jamais vraiment entre Franck et Sybille, ni d’ailleurs entre Pio et Léa. On ne croit ni en leur destinée, ni aux enjeux du récit et on n’est jamais touché par ce qu’ils ressentent. On est un peu comme Franck qui regarde les œuvres qu’il surveille : on a l’air présent, mais en fait, on est absent. Hésitant sans jamais oser choisir entre le genre dramatique et la volonté comique, Je promets d’être sage effleure trop son sujet et manque de rythme, de surprises et surtout, d’un grain de fantaisie.

 

Je promets d’être sage de Ronan Le Page, en salle le 14 août 2019Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Sur le papier, l’idée de Je promets d’être sage de Ronan Le Page était prometteuse et avait tout pour plaire : un ton qui s'annonçait léger et subtil et l’association à l'écran de deux acteurs plutôt charismatiques, Léa Drucker et Pio Marmaï, dans un lieu de culture - un musée - qu’on a peu l’habitude de voir au cinéma. Pio Marmaï, très à l’aise dans son jeu habituel du gars borderline et colérique, interprète donc Franck, metteur en scène incompris et écorché vif qui pète un câble lors d’un ultime four théâtral. Il décide alors de rentrer dans le rang et de saisir…

Conclusion

Note de la Rédaction

"Je promets d'être sage" ne tient pas ses promesses, effleure son sujet et manque d'un grain de fantaisie.

Note spectateur : 0.55 ( 1 notes)
Voir aussi
Le Déserteur : le magnifique cauchemar de Charlot

CRITIQUE / AVIS FILM - Le titre original de ce film québécois, "La Grande Noirceur", a été transformé pour devenir, en France, "Le Déserteur". Dans un cas comme dans l'autre, il est bien question d'un monde en guerre, une guerre récente ou pas, en cours ou terminée. Son ombre règne sur ce road movie intrigant qui suit le parcours erratique d'un sosie de Chaplin.

Exprimez vous !
Copyright © 2019 cineserie.com. Tous droits réservés. Un site E-borealis