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L’Autre continent : le miracle de l’amour

CRITIQUE / AVIS FILM – « L’Autre continent » de Romain Cogitore, avec Déborah François et Paul Hamy dans les premiers rôles, offre une double réflexion originale et poétique sur le pouvoir de l’amour et sur celui du cerveau.

Dans la famille Cogitore, on demande l’un des fils. Pas Clément, dont deux des courts-métrages (Braguino et Les Indes Galantes) ont été nommés cette année aux César, mais Romain, le plus jeune. Si leur cinéma est différent, les deux frères ont en commun l’art de faire voyager le spectateur, de l’emmener vers des territoires inexplorés et énigmatiques et de lui ouvrir l’esprit. Dans Ni le ciel ni la terre, Clément Cogitore confrontait une communauté rationnelle de militaires au monde invisible et mystérieux des croyances. Dans L’Autre continent (traduit en anglais par Territory of Love), Romain Cogitore confronte la science et l’amour et transporte le spectateur dans un territoire qui réserve encore des surprises : celui du cerveau, de la mémoire et du langage.

Un voyage dans le cerveau aussi fascinant que poétique

Maria (Déborah François) est une jeune femme libre, dans sa façon de vivre comme dans celle d’aimer plusieurs hommes à la fois. Décidée à écrire un roman, elle part à Taïwan et subvient à ses besoins en travaillant comme guide en néerlandais dans un sanctuaire. Elle y rencontre Olivier (Paul Hamy), un jeune homme brillant, dont les caractéristiques font penser au syndrome d’Asperger. Timide, lunaire, enfantin, Olivier est très premier degré et résiste un temps aux tentatives de séduction de Maria.

Critique L'Autre continent : le miracle de l'amour

Seraient-ils tombés amoureux, malgré leurs différences, s’ils s’étaient rencontrés en France ? Sans doute pas, mais l’éloignement de leurs racines leur permet de créer leur propre monde. Leur propre continent dont ils sont les seuls habitants, dans lequel ils explorent joyeusement leurs corps et éprouvent leur amour de plus en plus fort chaque jour. Mais surtout leur mode de communication basé sur les multiples possibilités du langage qu’offre le cerveau humain. Car Olivier parle quatorze langues et utilise plusieurs méthodes pour permettre à son cerveau d’organiser ses connaissances emmagasinées.

Ainsi, la méthode mnémotechnique des lieux, dite de Loci, qui lui permet d’associer au souvenir de lieux déjà bien connus, les différentes langues qu’il apprend. Le réalisateur allie brillamment son image à son propos, en offrant un voyage quasi-expérimental au spectateur empathique. La symbiose organique, émotionnelle, intellectuelle et spirituelle des jeunes gens sera d’un grand réconfort lorsqu’ils devront faire face à la maladie grave d’Olivier. C’est même cette connexion mystérieuse qui parviendra à le sauver un temps. Patiente et empreinte d’abnégation comme peuvent l’être les conjoints confrontés à la maladie et au coma, Maria croira, coûte que coûte, que le miracle de l’amour est possible, même s’il ne dure pas toujours et que les souvenirs prennent le relais.

Critique L'Autre continent : le miracle de l'amour

Mais si l’amour offre le champ de tous les possibles, il contraint aussi. Et L’Autre continent narre très bien l’autre versant de l’amour dans ces circonstances, à savoir l’enfermement intellectuel et physique dans lequel vont basculer, à leurs corps défendant, ces deux personnages fondamentalement épris de liberté. Une liberté qu’ils avaient de vivre, d’apprendre, d’expérimenter, de se toucher, de communiquer et de s’aimer. Olivier subira les conséquences du coma et du traitement et Maria sera contrainte de laisser de côté ses projets et de concentrer son énergie pour sauver Olivier. Leur vie pleine de promesses dans les grands espaces sera alors restreinte à une petite chambre stérile strasbourgeoise. Leurs espoirs réduits à néant nécessiteront le lâcher-prise douloureux et le renoncement.

Le réalisateur porte un regard plutôt bienveillant sur le monde médical en mettant en scène un médecin (Vincent Pérez) pourtant peu enclin à croire aux miracles mais qui renoncera, lui aussi, à comprendre les mystères de la médecine. Il y a beaucoup d’amour, de douceur et d’émotions qui traversent les personnages de L’Autre continent, très justement interprétés par Déborah François et Paul Hamy, Daniel Martin et Christiane Millet (les parents d’Olivier), et Nanou Garcia (la mère de Maria), malgré son approche de la réalité un peu plus abrupte. Et cette alchimie offre un voyage dans le cerveau aussi fascinant que poétique, dont on ne ressort pas indemne.

 

L’Autre continent de Romain Cogitore, en salle le 5 juin 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Dans la famille Cogitore, on demande l’un des fils. Pas Clément, dont deux des courts-métrages (Braguino et Les Indes Galantes) ont été nommés cette année aux César, mais Romain, le plus jeune. Si leur cinéma est différent, les deux frères ont en commun l’art de faire voyager le spectateur, de l’emmener vers des territoires inexplorés et énigmatiques et de lui ouvrir l’esprit. Dans Ni le ciel ni la terre, Clément Cogitore confrontait une communauté rationnelle de militaires au monde invisible et mystérieux des croyances. Dans L’Autre continent (traduit en anglais par Territory of Love), Romain Cogitore confronte la science et…

Conclusion

Note de la Rédaction

Avec "L'Autre continent", Romain Cogitore emmène le spectateur dans un voyage fascinant et poétique au cœur du cerveau et de ses pouvoirs.

Note spectateur : 4.45 ( 1 votes)
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CRITIQUE / AVIS FILM - 20 ans ! 20 ans, et il est toujours parmi nous. Alors que d'autres shonen fleuves se sont terminés n'importe comment ("Bleach", "Naruto"), ne savent pas s’arrêter ("Dragon Ball", "Saint Seiya") ou n'ont jamais vraiment atteint les espoirs placés en eux ("Fairy Tail"), "One Piece" est toujours là, en mode patron.

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