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Le Cercle littéraire de Guernesey : Mike Newell fait du mignon avec du beau

CRITIQUE FILM – Blockbuster familial à l’étiquette toute british, « Le Cercle littéraire de Guernesey » de Mike Newell est une adaptation honnête et appliquée du célèbre best-seller sorti en 2008. Mais, malgré son casting charmant et beaucoup de moyens, il n’est pas beaucoup plus.

Il n’est jamais facile d’adapter un best-seller, surtout quand celui-ci est plus qu’adoré par son lectorat. Le Cercle littéraire de Guernesey, qui sort demain en salle, est né au lendemain du succès foudroyant du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Il aura fallu une petite dizaine d’années pour que le film se réalise enfin. Parmi les causes du retard, les changements de casting : Kenneth Branagh a été longtemps annoncé puis remplacé, idem pour Kate Winslet. Finalement Mike Newell, réalisateur au CV royal (4 mariages et 1 enterrement, Harry Potter et la Coupe de feu, Donnie Brasco, etc.), a choisi la jeune actrice Lily James révélée par Downton Abbey pour interpréter le personnage principal.

A Londres, en 1946, la jeune écrivaine à succès Juliet Ashton est en panne d’inspiration. Elle reçoit un jour une lettre d’un membre du Club littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Guernesey. Intriguée, elle décide de s’y rendre pour découvrir l’histoire de ce club si particulier.

Lily James en promenade bucolique

Dans le rôle de Juliet Ashton, Lily James est parfois brillante. Comme beaucoup d’actrices anglaises de sa génération, avec qui elle partage beaucoup de traits : d’une beauté espiègle, malicieuse, capable de passer de la drôlerie à la rigueur en une seconde. Une forme d’éternel enthousiasme bien élevé, qu’on trouve aussi chez Daisy Ridley, ou avant chez Keira Knightley.

Mais, à l’instar des paysages marins de Mike Newell, son personnage en fait trop. Telle une princesse, elle parcourt le film dans un trop grand nombre de somptueuses tenues, belle et riche, rieuse. Dans Londres en reconstruction, où dans les maisons paysannes de Guernesey, également décorées avec soin et propres à l’excès, elle impose toute sa classe. Une attitude qui apparaît alors plus comme un choix de mise en scène que comme une réelle composante du personnage.

Evidemment, les hommes autour d’elle, son agent, son fiancé, les vieillards et les enfants, mais aussi les femmes dont elle deviendra aisément amie, concourent tous à sa réussite. Dawsey particulièrement, minoré dans leur dialogue, alors qu’il est son interlocuteur principal.

La guerre sans bruit de bottes

L’origine de ce club de littérature, assez génial, passe donc après ce qui ressemble à un tour de petit train dans un pays merveilleux. L’évocation de l’occupation de l’île par les nazis est très légère. Dans le récit initial, le personnage d’Elizabeth McKenna (Jessica Brown Findlay) est plus central et plus développé. Il semble ici très secondaire. C’est Dawsey (Michiel Huisman), ainsi que les autres habitants de Guernesey, qui en parlent le mieux, et les séquences avec Elizabeth ne sont pas les plus réussies.

Confortable, luxueux, Le Cercle littéraire de Guernesey ne s’aventure jamais vraiment dans le versant douloureux de son récit. C’est dommage, et aussi intrigant quand on sait que Mike Newell était aux commandes de Donnie Brasco.

Il aurait pu être question de la littérature comme instrument d’émancipation et de résistance, mais il n’en sera rien. Beaucoup des dialogues, malgré leurs sourires, sont en réalité mièvres, ou vidés de leur sens. Ainsi va la romance naissante entre Dawsey et Juliet, à la fois prévisible et décevante. Et malheureusement, l’autre histoire d’amour, principal ressort de l’intrigue, est traitée avec un empressement qui coupe court à sa force dramatique. Ici particulièrement, le choix de séduire un public familial devrait se montrer payant, mais au prix du bon goût.

Le Cercle littéraire de Guernesey, un enchantement raté

Bien produit, Le Cercle littéraire de Guernesey devait être ce type de film grand public relativement lettré et sympathique. Le film embarque son audience dans une histoire agréable, à défaut d’être passionnante et entière. Et parce que trop propre, avec des décors et une ambiance quasi féerique, le film se rate sur la profondeur de son sujet. Le roman et les interprètes font beaucoup dans l’agrément estival que le film pourra procurer, mais on pouvait en attendre plus.

 

 

Le Cercle littéraire de Guernesey de Mike Newell, en salle le 13 juin 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Il n’est jamais facile d’adapter un best-seller, surtout quand celui-ci est plus qu’adoré par son lectorat. Le Cercle littéraire de Guernesey, qui sort demain en salle, est né au lendemain du succès foudroyant du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. Il aura fallu une petite dizaine d’années pour que le film se réalise enfin. Parmi les causes du retard, les changements de casting : Kenneth Branagh a été longtemps annoncé puis remplacé, idem pour Kate Winslet. Finalement Mike Newell, réalisateur au CV royal (4 mariages et 1 enterrement, Harry Potter et la Coupe de feu, Donnie Brasco, etc.), a choisi…

Note de la rédaction

Peut mieux faire

Peut mieux faire

La débauche de moyens, plutôt que de servir le drame du "Cercle littéraire de Guernesey", empêche le film d'émouvoir réellement. Une déception, au vu du talent de réalisateur de Mike Newell et de son goût pour les adaptations littéraires.

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