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Le Défi du Champion : l’envers du décor du football

Le Défi du Champion : l’envers du décor du football

CRITIQUE / AVIS FILM - "Le défi du Champion", premier long-métrage de Leonardo D’Agostini, est un feel good movie qui porte un regard différent sur le monde des jeunes footballeurs de talent.

La rencontre d'un professeur et d'un joueur de foot

On a plus souvent l’habitude de voir Stefano Accorsi en séducteur dans des comédies romantiques (Une famille italienne) ou en conseiller véreux dans des séries politiques (1992, dont il était à l’origine). Dans Le Défi du Champion, on le découvre très touchant dans un rôle aux antipodes, puisqu’il interprète Valerio, homme brisé et professeur sans le sou. L’acteur dit « avoir réfléchi à son personnage dès la première version du scénario et proposé au réalisateur Leonardo D’Agostini et à ses co-scénaristes Antonella Lattanzi et Giulia Steigerwalt de ne pas montrer seulement le manque de la perte de quelqu’un avec lequel on s’habitue à vivre, mais aussi des souvenirs de lumière ».

La rencontre de Valerio avec Christian Ferro (Andrea Carpenzano), jeune footballeur professionnel du Club de foot AS Roma, va lui redonner d’une façon inattendue goût à l’enseignement, mais surtout à la vie. Le film atteint ainsi brillamment l’un des objectifs que peut se donner le cinéma, à savoir faire partager au spectateur l’émouvante transformation mutuelle de deux êtres que tout oppose a priori : les mondes dans lesquels ils évoluent et leurs trajectoires. Valerio et Christian se rejoignent pourtant sur des sujets communs sans le savoir : drames personnels, solitude et manque d’un regard bienveillant sur eux-mêmes.

Critique / avis film Le Défi du Champion : l’envers du décor du football

Oui, il existe des Italiens qui ne sont pas fans de foot

On a certes un peu de mal à imaginer Christian, que ses fans surnomment « le pied en or », en solitaire quand on le voit autant entouré par le président du club Rigoni (Luca Elmi) et son assistante Paola (Camilla Semino Favro), son agent Nico (Mario Sgueglia) ou encore par son père Tito (Massimo Popolizio), ses amis et sa copine. Mais avec son emploi du temps surchargé, la pression que subit le footballeur à un tournant de sa carrière est bien grande sur ses épaules et suscite des pétages de plomb réguliers. Mais il suffit de gratter un peu la surface de cette vie rêvée superficielle pour se rendre compte que les proches de Christian sont loin d’être authentiques et profitent surtout de l’argent, de la villa de luxe et des belles voitures, qui complètent la panoplie usuelle des jeunes footballeurs prodiges aux tatouages et à la coiffure bien reconnaissables. On les suppose sans cervelle et on les traite comme tels, car leurs managers ont plus misé sur leur talent et leurs compétences physiques que sur leur capacité à s'instruire.

C’est donc par les yeux naïfs mais pas impressionnables de Valerio, étranger au monde du football, que le spectateur pénètre cet envers du décor hyperréaliste, « la cuisine et les vestiaires des champions, inaccessibles au grand public », comme le précise Stefano Accorsi. Pour l’acteur, qui reconnaît lui-même avoir vécu comme un complexe dans sa vie de ne rien connaître à ce sport, regardant plutôt des films quand ses potes allaient au foot, « Le Défi du Champion filme très bien ce monde concurrentiel mais analyse aussi sa discipline et ses excès, sans jamais caricaturer ni juger les personnages ».

Critique / avis film Le Défi du Champion : l’envers du décor du football

Ce qui est intéressant, c'est qu'aucun des deux personnages ne prend le pas sur l'autre dans le film. Car le spectateur s’attache également à Christian, qui fait la une des médias autant par ses buts que par ses frasques. Le Défi du Champion montre très bien Valerio qui ne connaît pas Christian par le biais de son image publique et lui offre la chance d’être sincère avec lui-même et d’apprendre à mieux se connaître. Il l'encourage à ne plus avoir besoin d'envisager le monde par le seul prisme du football et à maîtriser seul son destin et ses nouveaux amours avec Alessia (Ludovica Martino). Mais surtout, il suscite à nouveau l'envie d’apprendre à celui qui doute de son potentiel intellectuel. Et il lui permet de bien préparer son bac, condition posée par le président du Club pour qu’il puisse s’amender et continuer à jouer.

Cette partie du film est d’ailleurs très enthousiasmante car elle donne à voir un enseignant non-rigide, qui observe son élève, se remet en question et adapte ses méthodes d’apprentissage au langage du jeune footballeur et à la stratégie sportive. Le film prend même le parti audacieux de ne jamais opposer sport et éducation mais interroge subtilement sur le devenir de ces sportifs de très haut niveau. Amitié, mentorat et respect sont donc au rendez-vous de cette jolie rencontre improbable que donne à voir Le Défi du Champion, film lumineux qui plaira autant aux tifosi qu’aux non-initiés du monde du football.

 

Le Défi du Champion de Leonardo D’Agostini, en salle le 5 août 2020. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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