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Le Lac aux oies sauvages : une splendeur visuelle renversante

CRITIQUE / AVIS FILM – Quand un chef de gang traqué et une prostitué lient leur destin, pour s’extraire de leur condition, devant la caméra d’un Diao Yinan virtuose, cela donne « Le Lac aux oies sauvages ». Un film à la mise en scène traversée de fulgurances constantes.

Diao Yinan avait fait forte sensation avec Black Coal, son polar sur fond de critique d’une Chine désespérante qui lui a valu de repartir du Festival de Berlin avec un Ours d’Or en 2014. Même s’il ne tourne pas à une vitesse effrénée et que sa filmographie reste assez maigre à l’heure où on l’évoque, son nouvel essai, superbement intitulé Le Lac aux oies sauvages, était une des grosses attentes de ce 72ème Festival de Cannes. Opérant toujours dans le polar, Diao Yinan raconte la fuite d’un chef de gang, forcé de laisser les affaires après avoir tiré sans le savoir sur un policier. Chassé par les autorités, il pense pouvoir faire confiance à une prostituée à la recherche de sa liberté.

On le comprend en quelques secondes, Le Lac aux oies sauvages sera une splendeur pour nos yeux. Son introduction, nocturne et élégante, donne le ton. Formaliste de talent, le réalisateur chinois nous immerge dans une Chine envoûtante, ténébreuse, faite d’échoppes, de ruelles labyrinthiques, d’immeubles alambiqués. La complexité de ce pays s’incarne dans son architecture, où les sous-sols abritent des gangsters qui discutent de la manière dont ils se répartissent les quartiers afin de voler des motos. Un monde impitoyable qui demandera au héros principal de faire preuve de prudence, pour ne pas se faire piéger. Car le contrat sur sa tête pèse 300 000 yuans, et plus d’un serait intéressé par une telle somme. Y compris cette femme, qui vient l’accoster en pleine nuit, dans une gare presque étrangement désertique. Le cinéma l’a déjà enseigné : ce genre de rencontre mène souvent le concerné à sa perte.

En partant d’un scénario finalement assez peu complexe, Diao Yinan construit un film d’une folle richesse visuelle. En nous renvoyant au film noir ou à quelques grands maîtres comme Fritz Lang. Il laisse ses grands élans virtuoses prendre le dessus et livre une composition d’une beauté à tomber par terre. Les ombres portées, menaçantes, pullulent dans les ruelles sombres. Quand les personnages, en conflit avec leur propre condition, font ce qu’ils peuvent pour se sortir d’une noirceur de quasiment tous les instants. C’est notamment au travers de la mise en scène que Zhou Zhenong (Hu Ge) et Liu Ai’ai (Kwai Lun-Mei) prennent toute leur épaisseur psychologique, traînant derrière eux une mélancolie qui pèse lourd. Que des sentiments aussi puissants soient retranscrits à l’écran sans jamais être sabotés par une mise en scène d’une envergure qui aurait pu être écrasante relève d’un miracle fabuleux.

Le Lac aux oies sauvages de Diao Yinan, présenté au Festival de Cannes, en salle prochainement.

Diao Yinan avait fait forte sensation avec Black Coal, son polar sur fond de critique d'une Chine désespérante qui lui a valu de repartir du Festival de Berlin avec un Ours d'Or en 2014. Même s'il ne tourne pas à une vitesse effrénée et que sa filmographie reste assez maigre à l'heure où on l'évoque, son nouvel essai, superbement intitulé Le Lac aux oies sauvages, était une des grosses attentes de ce 72ème Festival de Cannes. Opérant toujours dans le polar, Diao Yinan raconte la fuite d'un chef de gang, forcé de laisser les affaires après avoir tiré sans le…

Conclusion

Note de la rédaction

Diao Yinan signe un film d'une folle richesse visuelle. Un moment de mise en scène renversant.

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CRITIQUE / AVIS FILM - 20 ans ! 20 ans, et il est toujours parmi nous. Alors que d'autres shonen fleuves se sont terminés n'importe comment ("Bleach", "Naruto"), ne savent pas s’arrêter ("Dragon Ball", "Saint Seiya") ou n'ont jamais vraiment atteint les espoirs placés en eux ("Fairy Tail"), "One Piece" est toujours là, en mode patron.

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