Les Éternels : les nouveaux héros attachants de Marvel

Les Éternels : les nouveaux héros attachants de Marvel

CRITIQUE / AVIS FILM - Dernier film en date du Marvel Cinematic Universe, "Les Éternels" introduit un nouveau groupe de super-héros en mettant l'accent sur l'émotion.

Les Éternels, les nouveaux venus du MCU

Voilà plus de dix ans que Marvel nous abreuve chaque année d’un ou plusieurs films de super-héros. À force, difficile de ne pas se lasser. Ou plutôt, de ne pas avoir l’impression de découvrir constamment le même film, à quelques différences près. Pour y remédier, Marvel a un temps joué la carte de la surenchère avec toujours plus de super-héros et de batailles titanesques. Le paroxysme ayant été atteint avec l’indigeste Avengers : Endgame (2019).

Derrière, Spider-Man: Far From Home, Black Widow et Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux se sont montrés plus modestes, mais également plus impersonnels et anecdotiques. En somme, des blockbusters qui suivent le cahier des charges habituel du studio. Ce que tente d’éviter Les Éternels, dernier venu du MCU (Marvel Cinematic Universe).

Les Éternels
Les Éternels ©Marvel

Dans celui-ci, on découvre une toute nouvelle équipe de super-héros. Les Éternels sont une ancienne race extraterrestre, envoyés sur Terre par les Célestes pour protéger l’humanité de dangereuses créatures, les Déviants. Interdiction par contre d’intervenir dans les conflits humains. Ainsi, durant des millénaires, les Éternels vont combattre les Déviants tout en suivant l’évolution de l’humanité, l’aidant ici et là à mieux se développer. Pour le meilleur, mais également le pire, comme avec la bombe atomique lancée sur Hiroshima le 6 août 1945.

Face à ces catastrophes qu’ils ne peuvent empêcher, les Éternels vont se séparer, avant de se retrouver, de nos jours, suite à l’apparition de nouveaux Déviants et d’un danger encore plus grand.

Une émotion primordiale

Pour mettre en place tout ce contexte et les problématiques des différents personnages, la réalisatrice Chloé Zhao, oscarisée en début d’année avec Nomadland, alterne entre flashbacks à différentes périodes, et l’intrigue du présent. Un choix perturbant dans un premier temps, mais qui lui permet de développer du mieux possible le caractère des protagonistes. Car avec dix Éternels à introduire (Ajak, Sersi, Ikaris, Thena, Kingo, Sprite, Phastos, Makkari, Druig et Gilgamesh), la tâche était ardue. Et pourtant, elle parvient à réussir à faire, en un film, ce que le MCU a manqué durant quasiment tout l’arc des Avengers : provoquer une vraie émotion.

Les Éternels
Les Éternels ©Marvel

Par leurs rapports entre eux et leurs particularités, les Éternels se révèlent tous (ou presque) touchants. Il y a Sprite, entre Pinocchio et la fée clochette, bloquée éternellement dans un corps d’enfant. Il y a Thena, grande guerrière mais dont l’esprit malade l’empêche d’utiliser pleinement ses capacités sans risquer de blesser ses amis. Ou encore Druig, qui ne supporte pas de devoir rester passif devant notre Histoire sanglante.

Le film trouve également le bon dosage pour montrer les sentiments des Éternels entre eux. Une délicate suggestion entre Druig et Makkari, une histoire touchante et pudique entre Thena et Gilgamesh, et bien plus évidente entre Sersi et Ikaris.

Une action lisible mais anecdotique

On regrette néanmoins que Les Éternels s’éternise un peu trop sur la vie privée de chacun et des histoires d’amour peu pertinentes. Une manière de nous les rendre humains, plus que nécessaire. D’autant plus dommage quand un personnage passionnant comme Thena aurait mérité plus de présence. Angelina Jolie, qui l’interprète, est d'ailleurs trop longtemps réduite au second plan avec des dialogues qui se comptent sur les doigts de la main, quand Kumail Nanjiani (Kingo) joue les comiques de service à outrance. À côté, le choix de Gemma Chan en Sersi s’avère payant, tout comme celui du charismatique Ma Dong-seok (Gilgamesh).

Les Éternels
Les Éternels ©Marvel

Par ailleurs, comme souvent dans le MCU, le film de Chloé Zhao manque cruellement d’un vrai méchant. Pourtant, l’évolution d’un Déviant ouvre la porte à une réflexion intéressante sur l’héroïsme des Éternels. Mais, que ce soit avec les questionnements philosophiques ou les plus beaux moments d’émotion, Les Éternels ne peut s’empêcher de les réduire pour privilégier l’action. Celle-ci est bien plus agréable à suivre que dans les précédentes productions Marvel, malgré, dans la dernière partie, une surenchère d’effets numériques qui laissent à désirer.

Mais si ces scènes d’action parviennent à maintenir notre attention, c’est surtout parce que le film assume une part tragique, où chaque perte se fait ressentir. À mille lieux des adieux grossiers d’Iron Man, et ce grâce à la douceur et la subtilité de Chloé Zhao. À défaut de pouvoir véritablement apposer sa patte visuelle (on ne peut se contenter de quelques couchers dans une imagerie d’ensemble grisailleuse et sans couleurs), la cinéaste semble au moins être parvenue à mener le scénario du film dans la bonne direction. Déterminant pour en faire l’un des meilleurs Marvel de ces derniers années. Du moins le plus réussi émotionnellement.

Les Éternels de Chloé Zhao, en salle le 3 novembre 2021. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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